‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 89 sur 99 · Einleitung in das Neue Test., p. 265, Tûbingen, i · texte numérisé non relu

Einleitung in das Neue Test., p. 265, Tûbingen, i

conté celle-ci, qui était la terminaison naturelle de son œuvre? Nous étudierons plus tard cette question en détail. Ce serait donc vers l'an 60 qu'aurait été écrit le troisième évahgile.

Le témoignage de saint Irénée nous reporte à une date plus tardive. D'après ce Père, Matthieu avait écrit son évangile au temps où Pierre et Paul prêchaient Tévangile à Rome; après leur sortie, Marc avait écrit ce qu'il avait appris de Pierre. Luc avait placé dans un livre la prédication de Paul. Luc aurait donc écrit après Matthieu et Marc, lesquels écrivirent vers Tan 64-67; après 64-67, si l'on traduit «xezà Ss djv TouTojv IJoSov, par après leur mort (de Pierre et de Paul), ce qui nous paraît le sens probable. Si l'on croit que ces mots signifient : après leur sortie de Rome, Luc aurait écrit quelques années plus tôt.

C'est vers cette époque, entre 60 et 70, en tout cas avant la ruine de Jérusalem, en 70, que, d'après les anciens et beaucoup de critiques modernes, Godet, Grau, Hitzig, Resch, Riehm, Schaff, et en particulier les catholiques, Hug, Schanz, Cornely, Fillion, Batiffol, Belser, saint Luc aurait écrit son évangile. D'autres critiques, Reuss, Bleek, Renan, Weiss, Zahn, Mangold, Sanday, Holtzmann, Harnack, Plummer, en placent la composition dans la dernière période du premier siècle, 70-100, et d'autres enfin, Baur, Davidson, Hilgenfeld, Hausrath, Weizsàcker, la reculent jusque vers le commencement du deuxième siècle , les uns de 95 à 105 ; les autres de 120 à 135, et même van Manen jusqu'à l'an 150.

Voici les principales raisons sur lesquelles on a basé cette opinion sur l'origine tardive du troisième évangile. « La conception qu'a Luc, dit Jûlicher*. du Christ

i. Einl, in dos Neue Test., p. «65.

et du christianisme, de la Loi et de la révélation, présente beaucoup plus d'analogie avec les documents du deuxième siècle qu'avec ceux d'une origine incontestablement plus ancienne. L'emphase avec laquelle Jésus ressuscité en appelle à l'autorité des prophètes et de l'Écriture est à remarquer, et les couleurs avec lesquelles l'auteur peint les incidents miraculeux, spécialement ceux du commencement et de la fin, nous rappellent un peu le goût d'un âge qui donna cours à son imagination dans les évangiles apocryphes. » Et Jûlicher en conclut que le troisième évangile a été écrit vers l'an 80-120. Ces arguments nous paraissent peu convaincants, parce que trop subjectifs et trop imprécis.

En ces dernières années, on a discuté à nouveau la question des rapports de saint Luc avec l'historien juif Josèphe^ Si l'évangéliste s'est servi des Antiquités juivesy écrites vers l'an 94, il faut reporter son évangile au deuxième siècle. Nous retrouverons cette question, lorsque nous traiterons des Actes des Apôtres. Faisons seulement remarquer que, s'il y a quelques ressemblances de langue, vocabulaire ou style, cela s'explique très bien par le fait que Luc et Josèphe écrivent à la même époque et dans une langue analogue, avec cette restriction que Luc écrit bien mieux le grec que Josèphe. Traitant de faits quelquefois les mêmes, ils ont dû se rencontrer. Et encore, dans ce cas-là, la ressemblance est assez lointaine. Que l'on compare, par exemple, ce que disent Josèphe ^ et Luc, m, 3-20, sur Jean-Baptiste, sur le recensement de Quirinius^, et Ton constatera qu'ils divergent

4. Krenkrl, Josephus und Lukas^ Leipzig, 1894. — Belser, TheoU Quartalschrift, Tûbingen, 18^, 1896.

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