‹ Histoire des livres du Nouveau TestamentChapitre 9 sur 99 · Philon, éd. Mangey · texte numérisé non relu

Philon, éd. Mangey

étendu et embrasser tout à la fois des faits et des discours. Ce sens pourrait lui venir de l'hébreu. Les livres historiques de Samuel portent le titre de DUfré Schemouel : paroles sur Samuel, par conséquent récits. Cf. I Sam. XXIX, 29; II Sam. XX, 34; Esther, IX, 31. Saint Paul, Rom. III, 2, dit que le privilège des Juifs a été que les oracles de Dieu, Xiy** "^ ^'^^t l^ur ont été confiés. Or, c'est l'Ancien Testament tout entier qui a été confié aux Juifs. 11 ne suit pas nécessairement de là que Paul étende le sens du mot Xo^tov, parce qu'ici il mentionnait les faits et les discours de l'Ancien Testament surtout comme oracles, enseignements de Dieu. Peut-on dire que Papias a envisagé de même les faits de la vie du Seigneur et les enseignements de celui-ci? Il faudrait admettre que Papias reconnaissait aux évangiles la même autorité divine qu'à l'Ancien Testament, ce qui est très probable, mais dont nous n'avons pas de preuves décisives. Dans l'épître aux Hébreux, V, 12, il est dit que les lecteurs ont besoin qu'on leur enseigne les premiers éléments des XoYia Tou ôeotî, et l'auteur se sert non seulement des enseignements, mais aussi des récits de l'Ancien Testament. Mais XoYi« désigne ici en réalité l'enseignement chrétien. Les autres textes du Nouveau Testament, qu'on allègue. Actes ^ VII, 38 et I Pierre^ IV, 11, sont ambigus, mais le sens de XoYtov, oracle, est le plus naturel. Cependant, Clément Romain^ écrit : Vous connaissez bien les saintes Ecritures et vous avez étudié les XoYtot TOU 0<ou, après quoi il rappelle à ses lecteurs les récits du Deutéronome, IX, 12, de l'Exode, XXXII, 7. Saint Irénée* dit que les gnostîques pervertissent t^i xupi«x4 X^Y»» et il donne comme exemple la fausse interprétation du récit de la résurrection de la fille de

i. Ad Cor. 53.

a. Adv. Haer. I, vni, 4.

Jaïp. Clément d'Alexandrie ' attribue à Esdras la dérestauration des Logia inspirés. On pourore des exemples similaires d'Origèn^î ^, ie ^. Ces exemples prouvent que le terme )as restreint au sens de oracle, sentence, [jes deux significations de Xoyta Papias a- ? Son livre portait pour titre : Explication Seigneur. Le mot signifie ici oracles, sensemble qu'on n'interprète pas des faits. [ rapportait des faits dans son livre*, en parlant de Marc il dit que celui-ci )ses dites ou faites par le Seigneur; pour icrivit les Logia. Il y a opposition entre n et celle de l'autre ; dans Marc on trouve 3t des faits, dans Matthieu des paroles, aition trancherait la question si les deux chés dans Eusèbe l'avaient été aussi dans ne nous ne savons pas. Il semble donc adts que Papias a entendu le mot Xoyia au t d'oracles; le sens plus large, oracles et ssible cependant; c'est affaire d'appré-

L de la troisième question : Papias a-t-il [uctions orales ou écrites de Matthieu, [ue chacun le traduisait suivant qu'il en serait pour notre recherche d'une exauce, mais nous en sommes réduit aux 1 paraît plus probable qu'il parle ici de aies, faites dans les assemblées chrétienjues à ces traductions de vive voix de iment pratiquées dans les synagogues. Il

xn, 1.

ecd. llï, XXXIX.

est possible pourtant qu'il y ait eu plusieurs traductions grecques des Logia de Matthieu, mais nulle part il n'est fait allusion à un grand nombre de ces traductions. Cependant, au temps de Papias, notre évangile grec de Matthieu existait, mais peut-être que Papias ne Ta pas eu entre les mains.

Papias ne fait aucune mention expresse des évangiles de saint Luc et de saint Jean. Quelques critiques en ont conclu qu'il ne les connaissait pas. Ceci nous semble exagéré. Il nous reste seulement quelques passages de l'ouvrage de Papias : en tout, une quarantaine de lignes. C'est trop peu pour que l'on ait le droit de conclure que cet écrivain n'a pas parlé ailleurs de saint Luc et de saint Jean. On se demandera, il est vrai, pourquoi Eusèbe qui a rapporté le témoignage de Papias sur saint Matthieu et sur saint Marc ne répète pas ce qu'il aurait dit de saint Luc et de saint Jean, s'il en avait parlé. On explique ce silence, mais, en somme, il est singulier. De plus, Papias dit qu'il s'enquérait de ce qu'avaient dît les presbytres, et parmi eux il nomme Jean. 11 est étonnant qu'il ne dise pas qu'il connaît un évangile écrit par cet apôtre. Nous aurons plus tard à voir si Papias n'a pas connu le quatrième évangile.

§ 3. — Témoignages des écriT€dns postérieurs.

Nous avons à citer seulement les écrivains postérieurs à Papias ; l'explication de leur témoignage trouvera sa place ailleurs.

Saint Justin dans sa première Apologie et dans son dialogue avec Tryphon, 145-149 après Jésus-Christ, en appelle trois fois^ au témoignage des dlTrofxvyjjxoveu-

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