Euangelivkm secundum Lucam, Leipzig, i
prunté à Le XXI, 28; de même Mt XXIV, 41, vient de Le XVII, 34. Signalons encore quelques variantes :
B : XXVI, 23, ô Ifxfia^aç yLtx I{aou dlv j^sïpot Iv tw D : » » 6 l(x6«7CTOfAevoç t^ X^*P* I*^"^' ^î*^^ ^^^ ''^
Tpu6XlOV.
XXII, 13, SiQffavreç aôxou iroSaç xai X^^P^C IxêdfXsie aÔTov. » » auTOv 7coS(ov xoLt )(tip(âv xttt êttXsTat aôtov.
Le texte de Marc offre de semblables divergences. B : VI, 7, xal TcpoffxaXcïxai toI»ç SwSexa x«\ ^p^aro «ôtouç D : » » xal irpoaxaXeaàfx£voç toÙc ôm^exoi ua07]Tàç
ifiroaxEXXttv Suo Suo xal ld{$ou aOxoK l^ouaiav Toiv irvsuaitltrreiXcv auxoùç à va 5uo, Souç aÙTOÎç IJbudtav Ttov Tcveu-
(xàtcov.
flàTCDV.
Ces citations ne peuvent donner qu'une très faible idée des divergences qui existent entre les textes représentés par le codex de Bèze et par celui du Vaticanus, puisque si nous comptons approximativement, nous relevons dans le codex de Bèze 110 variantes environ dans le ch. XXVI de Matthieu, 140 dans Marc XIV, et 160 dans Luc XXII, chapitres parallèles.
Et encore, ceci ne représente que les variantes d'un seul manuscrit; si nous faisions entrer en ligne de compte les variantes que l'on pourrait relever dans les vieilles versions latines, syriaques, coptes, les écrits des Pères latins, de Clément d'Alexandrie, nous arriverions à des divergences presque indéfinies. Pouvonsnous les expliquer? On l'a essayé, mais il est douteux que l'on ait pour le moment trouvé une réponse satisfaisante de tout point.
§ 2. — Hypothèses sur cet état des textes.
Blass^ suppose que saint Luc a donné deux éditions de son évangile : la première serait représentée parle codex B et la seconde, corrigée, par le codex D. Pour saint Marc, les divergences proviendraient d'une double traduction grecque d'un texte araméen primitif du deuxième évangile, traduction qui aurait été exécutée par Luc. On pourrait faire la même supposition pour Matthieu, mais Blass préfère attribuer les variantes de Matthieu aux copistes et aux lecteurs. Il est possible que saint Luc ait donné deux éditions de son évangile, et que nous ayons dans le codex de Bèze quelques-unes de ses corrections, additions ou suppressions. Cette hypothèse d'une double rédaction par saint Luc paraît très plausible pour les Actes des Apôtres, ainsi que nous le dirons plus tard. Elle l'est beaucoup moins pour le troisième évangile, parce qu'on ne voit pas dans les variantes du texte occidental une pensée directrice dont ces variantes seraient la traduction ; elles n'ont pas un caractère constant et suivi. En outre, cette hypothèse ne résout qu'une partie du problème ; celle qui sert à expliquer les variantes de Marc n'est pas admissible. Personne, à l'exception de Hoffmann dont nous avons déjà mentionné l'hypothèse, ne croira que Marc a été écrit primitivement en araméen. De plus, le texte occidental, bien que n'offrant pas dans les autres livres du Nouveau Testament une proportion de variantes aussi grande que dans les évangiles, en fournit cependant un assez grand nombre pour qu'il soit nécessaire d'en tenir compte. Remarquons ensuite que l'hypothèse de Blass
i. Acta Ap,i Leipzig, 1898, Philology of the Gospels^ London, 1898.
serait admissible, si le texte occidental était homogène, mais il n'en est rien. Ses nombreux témoins, tout en ayant des points communs, offrent chacun des variantes qui leur sont particulières. Il s'ensuit que nous avons affaire à un texte qui a subi des altérations répétées et différentes. Elles peuvent, semblet-il, s'expliquer par l'état des choses au ii® siècle et par le mode de transmission des Écritures du Nouveau Testament. Le ii* siècle fut pour l'Église chrétienne un temps de persécution, où l'on se préoccupa surtout de subsister. On ne possédait pas du texte des évangiles, pour ne parler que de ces écrits, im texte officiel dont on gardait soigneusement un type ne varietur. Ce texte était entre les mains de tous et circulait librement; chacun pouvait le copier à sa guise et y faire des additions et des suppressions. C'est bien à ces textes qu'on doit appliquer le jugement de saint Jérôme : Quot homines, tôt paene codices. Ainsi s'expliqueraient ces nombreuses variantes qu'on relève dans les divers témoins du texte occidental, lesquels d'ailleurs ne représentent qu'un petit nombre de ces nombreux manuscrits qui offraient chacun des leçons différentes. A diverses reprises on essaya de re viser ces textes aberrants, mais l'on n'arriva à un résultat définitif que lorsque l'Église imposa un texte.
Nous n'osons pas cependant affirmer que l'on doive attribuer toutes les variantes du texte occidental à la perversité ou à la négligence des copistes; il en est probablement qui sont originales. D'ailleurs, il est inutile de chercher la solution définitive du problème, tant que l'on n'en possédera pas tous les éléments. Or, un des éléments principaux serait le texte occidental ; mais à l'heure actuelle, il n'existe qu'à l'état dispersé. Il y a donc lieu tout d'abord de le constituer. Le même travail devra être fait pour le texte alexandrin,
pour le texte syriaque et pour les divers textes locaux.
Nous pouvons relever en effet les recensions suivantes : 1® à Edesse, les vieilles versions syriaques, représentées par les manuscrits édités par Cureton et par MM" Lewis et Gibson, versions curetonienne et ludovisienne, par les citations d'Aphraates et d'Ephrem.
2** A Alexandrie, le texte des manuscrits de Clément et les codex kB, à moins que ceux-ci ne soient une correction de ceux-là.
3** A Carthage, les citations de TertuUien, de Cyprien et le codex K.
4° A Rome, les citations de Novatien et d'Hippolyte.
5^ En Gaule, les citations d'Irénée.
6** En Occident, les versions latines.
T A Antioche et à Constantinople, les textes syriens.
Ce sont là les textes les plus anciens que nous ayons.
Lorsqu'on possédera ces types divers, il faudra les comparer et essayer de reconstituer le texte d'où ils dérivent tous. Un exemple fera ressortir la manière dont la comparaison pourrait être faite. Prenons le passage de Le XIV, 20. Nous reproduisons en grec les textes latin et syriaque :