CLEMENT
d'alex.
yuvaïxa ëY^i^ta
6 là TOÙTO
oO SuvajiAi IXOeiv
CODEX KB.
yuvaïxa lyriti.* xat 6ià TOUTO
oO 6uva[jLai
En comparant de cette façon les divers textes cités, on pourra peut-être constituer le texte primordial, qui a été l'archétype de tous ; si l'on réussit dans cette en-
Ireprise hérissée de difficultés, il restera à Texégète le soin déjuger à quel degré ce texte représente le texte original, tel qu'on peut le concevoir. Cette dernière phase laissera beaucoup de place à la conjecture et il n'en pourra sortir que des résultats approximatifs.
§ 3. ~ Discussion de quelques textes des évangiles.
Examinons maintenant quelques-uns des textes les plus importants, discutés actuellement :
1** Mt 1, 16, se présente sous trois formes différentes ^ :
a) 'IwaTjcp Tov àv5p« Map(aç IÇ ^; iytwiffiifi *ly|(rouç^ 6 Xsyofifivoç XpKTToç, leçon adoptée par tous les manuscrits majuscules et presque tous les minuscules, la syriaque Pescliitto, la Vulgate.
b) '1(09^^, ^ (Avv]9T6uOsTaa 7rapôévo< MapiafA, lYswyjae tov 'Itioouv tov XeyoVcvov XpiaTo'v, se trouve dans quatre minuscules, 346, 556, 624, 626, et a été Forigine de la leçon des manuscrits vieux latins, a d g k q : Joseph cui desponsata Virgo Maria genuit Jesum Christum, de la syriaque curetonienne et de l'arménienne.
c) 'Icaayjcp U, ^ (AVY)9TeuOet9a ^v TrapOévoç Mapiafi., Iy^vvt)9S TOV 'Iriffouv XpKiTov, leçon que suppose la syriaque ludovisienne.
On a soutenu que la version syriaque ludovisienne fournissait le texte le plus ancien : Joseph, à qui la Vierge Marie avait été mariée, engendra Jésus. Pour des raisons dogmatiques, le texte aurait été modifié et présenté tout d'abord sous la forme b) pour aboutir à la forme a), qui enseignait nettement la naissance surnaturelle du Seigneur et la perpétuelle virginité de
i. NESTLE, Einfûhrung in das griechische Neue Testament^ Leipzig* p. 308. — A. Merx, Die vier kanonischen Evangelien nach ihretn bekannten Texte, «•' Th., Matthaeus, Berlin, 1908, p. 5.
Marie. Cette généalogie de textes ne repose sur aucun fait et suppose une dépendance de textes qui n'existe pas. La version syriaque curetonienne ne dérive pas de la ludovisienne, et encore moins de celle-ci les minuscules grecs et les vieilles versions latines. Ce sont des textes qui dérivent d'un archétype grec. Il faut donc expliquer d'une autre façon l'origine de cette leçon, qui n'a son analogue dans aucun manuscrit grec. Nous la trouvons seulement et assez bizarrement rapportée dans le Dialogue de Timothée et d'Aquila* : Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, appelé le Christ, et Joseph engendra Jésus, appelé le Christ. 11 y a ici évidemment la fusion maladroite des deux textes, types a) et c).
On ne peut supposer que l'écrivain ou le copiste qui a introduit la leçon c) dans la version syriaque ludovisienne ait voulu enseigner la descendance naturelle de Jésus et nier sa naissance d'une Vierge. Au verset 18, cette même version dit : « Alors Marie sa mère (du Messie) fut fiancée à Joseph et, avant qu'ils se fussent approchés l'un de Fautre, elle fut trouvée enceinte du Saint-Esprit. » Puis, elle reproduit la suite du récit où Joseph, qui veut renvoyer secrètement sa fiancée, est averti en songe que celui qui devait naître de Marie était du Saint-Esprit. Enfin, au verset 25, cette même version ajoute : Et Joseph prit sa femme avec lui et elle lui enfanta un fils. Tout cela ne signifierait-il pas que la version ludovisienne a fait ressortir, plus qu'il n'était nécessaire, la descendance légale de Jésus? L'évangéliste veut prouver que le Messie descend de David et, pour cela, il établit d'abord l'origine davidique de Joseph, par la généalogie, I, 1-17; puis, il prouve que
1. The Dialogues of Athanc^ius and Zacchaeus and of Timothy and Aquila^ edited by Conybeâre, Oxford, 1898.
4»8 HISTOIAB DES UVIES DU NOCYKAU TKSIAlfSNT.
celui-ci sur l'ordre de Fange a reccHina Jésus pour son fils. De Fensemble dn récit, il ressort que Jésus est le fils légal de Joseph, mais que sa naissance est surnaturelle. Tel était le récit authentique, qu'a déformé la version syriaque ludovisienne, en le modifiant par sa variante : Joseph engendra Jésus.
2« Mt XXVIII, 19, la leçon : IIopeuOévTec oSv jioOrjTc-^ caxt icavxa t3c IOvti, pftwztl^wxeç mtxAç ttç ^ ^^0}ia tgv icarpoc xa\ Tou utciu xa\ xotî iyiom flveufMCTOç, StSaoxovreç ocÙTOvÇf etc. se trouve dans tous les manuscrits grecs, dans les versions et dans toutes les citations des écrivains ecclésiastiques. C'est, du moins, ce qui était affirmé jusqu'à présent. M. Conybeare s'inscrit en faux contre cette assertion ^ Il cite dix-sept passages d'Eusèbe, d'après lesquels il semblerait que celui-ci aurait eu sous les yeux des manuscrits ne contenant pas la formule :
fiairT{CovTcc aÔTobç En trois passages seulement Eusèbe
cite le texte avec cette formule; mais ces passages se trouvent dans ses derniers écrits, après le Concile de Nicée. Le témoignage de cet écrivain est d'autaût plus important qu'Eusèbe est certainement un de ceux qm ont le mieux connu le Nouveau Testament. Il avait d'ailleurs à sa disposition, dans la bibliothèque de Césarée, les meilleurs manuscrits, ainsi que les écrits des Pères qui l'avaient précédé.
M. Conybeare cite aussi deux passages de saint Justin^ et un passage du Pasteur d'Hermas*, où il croit retrouver une citation de Mt XXVIII, 19. Dans les œuvres d'Origène, conservées en grec, nous retrouvons la première partie du verset, mais la citation s'arrête à xà Wvy), de sorte que nous ne pouvons déterminer
1. ZeiUchrift fur die neut, Wissensehaft, 1901, p. «78. Id., The Hibbert Journal.^ 1903, p. 102.
a. Adv. Tryph,, 39, «3.