Simil, IX
quelle a été la suite. Aphraates le Syrien cite ainsi le texte : Faites disciples toutes les nations et elles croiront en moi.
M. Riggenbach a discuté les textes d'Eusèbe mis en avant par M. Conybeare et en a cité d'autres d'écrivains orientaux et occidentaux, dont le témoignage prouve très nettement que, depuis Tertullien et Origène, cette formule trinitaire était connue ^ Les textes d'Eusèbe qu'a cités M. Conybeare, ne prouvent pas que celui-ci ait eu sous les yeux un manuscrit de Matthieu où ne se trouvait pas la formule baptismale. En fait, Eusèbe ne l'a pas citée parce qu'elle n'était pas nécessaire à son argumentation et que, même s'il l'y avait introduite, elle en aurait rompu le fil. 11 commente des textes de l'Ancien Testament, qui prophétisent l'empire universel du Christ, sa puissance et sa gloire, et, comme preuve, il cite ime partie du texte de Mt XXVIII, 19, qui fortifiait sa démonstration, et laisse l'autre partie, qui ne s'y rapportait pas.
Quant à l'origine que l'on attribue à ce texte, elle repose sur une hypothèse qui n'a pu se réaliser. C'est, dit-on, en Afrique, au ii*-iii® siècle, que, tout d'abord, on aurait inséré cette formule romaine du baptême après l'ordre que Jésus donne à ses apôtres de faire toutes les nations ses disciples, et cela, afin d'y joindre le complément pratique de cet ordre. Comment supposer qu'une interpolation, introduite dans un manuscrit à un moment où existaient déjà de nombreuses copies de cet évangile, ait pu passer ensuite dans tous les autres codex sans exception ? Il faudrait supposer une autorité souveraine, intervenant pour imposer un texte officiel, ce qui n'est pas le cas à cette époque.
i, Der THnitarische Taufbefehl^Wt xxvni,19, nach seiner ursprûnglichen Textgestalt und seiner Authentic untersuchtt Gûtersloh 1903.
3° Me XVI, 9-20. Toutes les autorités sont en accord jusqu'à la fin de XVI, 8 : Iço^ouvto ydp, A partir de ces mots les manuscrits se partagent en trois catégories.
1. Ceux qui donnent une finale courte de deux sentences. Ce sont les codex majuscules LFKW, le minuscule 274, la syriaque Hérakléenne, les manuscrits de la version bohaïrique, plusieurs manuscrits de Féthiopienne, le manuscrit Jk, vieille version latine. L'origine de cette finale n'est pas douteuse. Un copiste a voulu compléter le texte qui, à son avis, finissait trop abruptement; il ajoute donc : « Et elles allèrent annoncer à ceux qui étaient avec Pierre tout ce qui leur avait été dit. Après cela Jésus apparut et ordonna aux apôtres de porter depuis l'Orient jusqu'à l'Occident la prédication sainte et pure du salut éternel. » Le style de cette finale se rapproche de celui du prologue de Luc et n'a aucun rapport avec le style de Marc. On y trouve une ressemblance avec Clément, ad Cor, VI. Il est possible qu'elle soit de date ancienne, mais elle n'a pas dû avoir beaucoup d'extension, car on n'en trouve aucune trace dans les écrivains grecs ou latins.
2. Manuscrits qui s'arrêtent à IçoSouvto ydp, par conséquent n'ont pas de finale. Ce sont les codex majuscules kB, le minuscule 22, qui a tcXoç après le verset 8 et le verset 20, en indiquant que certains manuscrits se terminent au verset 8. Même disposition se retrouve dans quelques manuscrits anciens de la version arménienne; la syriaque ludovisienne se termine au verset 8.
Le témoignage d'Eusèbe sur cette finale est caractéristique, et cela d'autant plus qu'il discute ex professa ces douze derniers versets. Dans son traité Dspl 3ta- ©wvia; Twv EùaYYfi^twv, Eusèbe se demande comment le Sauveur a pu, d'après Mt XXVIII, 1, être ressuscité, à^ï Bï (ia66(iTwv, tandis que, d'après Me XVI, 9, il l'aurait
été îrpwt irpwrri ffa^Satou. Il répond que, dans les manuscrits corrects, Tévangile de Marc se termine au f 8, et cela, dans presque tous les manuscrits ; dans quelques-uns on trouve la suite, qui fait double emploie Qu'Eusèbe ait rejeté ces douze versets comme inauthentiques, cela ressort encore clairement de ce fait que, dans ses canons, qui cataloguent tous les passages évangéliques, il ne les a pas comptés.
Nous trouvons la même affirmation, que ces verset» ne se retrouvent pas dans les manuscrits les plus corrects, dans un discours sur la résurrection attribué à Hesychius de Jérusalem, ou à Severus d'Antioche, dans un autre ouvrage d'Hesychius et dans le commentaire attribué à Victor d'Antioche^. Enfin saint Jérôme nous dit : « Hujus quaestionis duplex solutio est. Aut enim non recipimus Marci testimonium, quod in raris fertur Evangeliis, omnibus Graeciae libris pêne hoc capitulum non habentibus, praesertim quum diversa atque contraria evangelistis ceteris, narrare videatur^. » Saint Jérôme reproduit ici Eusèbe. Il tenait cependant cette finale au moins pour canonique, puisqu'il Ta conservée dans la Vulgate.
3. Manuscrits qui ont la finale actuelle. Nous avons de très fortes autorités en sa faveur ; la possèdent les manuscrits majuscules AKDEPGHKMSUVXCDPS, les minuscules 33, 69, la Peshitto, la syriaque Curetonienne et hiérosolymitaine , THérakléenne , la sahidique, la bohaïrique, l'éthiopienne, la gothique, tous les manuscrits vieux latins, excepté le codex k, la Vulgate, l'arménienne. Elle a été citée probablement par Papias, certainement par Irénée, grec et latin, par Tertul-
i. Quaest, ad Marinum, Maï, Nov. Patr. Bibl., IV, p. aS3. 3. InMc.Wh i.