‹ Histoire des locations perpétuelles et des baux à longue duréeChapitre 29 sur 61 · LE DROIT FÉODAL · texte numérisé non relu

LE DROIT FÉODAL

Je ne me propose pas, après tant de livres éminentS; d'écrire un traité des fiefs. Je voudrais seulement mettre en relief l'unité du droit féodal, décrire la marcbe uniforme de ces institutions dans les divers pays oii elles ont pénétré, rechercher comment elles y ont grandi ; comment et par quelles influences locales elles s'y sont modifiées ; pourquoi, presque partout à la môme époque, elles sont tombées en décadence; enfin, quel a été leur sort après la suppression du système militaire féodal qui était leur unique raison d'ôtre. Aucune législation n'a été plus logique que celle des fiefs; aucune n'a déduit avec plus de rigueur les conséquences d'un principe une fois posé; mais, quand cette base lui a manqué, ses diverses parties sont restées debout par un phénomène vraiment remarquable. Une loi rationnelle, une coutume nationale durent aussi longtemps que la nécessité sociale ou la civilisation dont elles sont nées, mais on peut s'étonner qu'une institution factice comme le fief ait survécu aux circonstances au milieu desquelles elle s'était produite. Si je ne me trompe, il y a encore dans cet ordre d'idées un sujet d'étude digne d'attention. Aussi diviserai-je en deux périodes l'histoire des fiefs : la première, depuis leur établissement jusqu'à la disparition du système féodal militaire; la seconde, depuis cette époque jusqu'à l'abolition de la féodalité, dans les pays oix elle n'existe plus, et jusqu'à nos jours, dans ceux oh elle existe encore. On verra dans l'une comment toutes les règles du droit féodal convergent vers un but unique : assurer la prestation du ser-

* Chronique de Morée, liv. II (dans Bachon, Chroniques étrangères relatives aux expéditions françaises pendant le XJII* siècle (Paris, 1840), p. 47 et suiv.;. Beagoot, Les Assises de Jérusaletn, t. I. p. 457, note a.

« Marino Sanuto, Vite de duchi di Venezia (dans Mo raton, Seriptores rerum italicarum, t. XXII, p. 540).

▼ice militaire et de quelques autres devoirs secondaires, mais éga* lement précis; dans Tautre, comment l'élément civil persiste dans le droit féodal, après que l'élément politique et militaire a disparu.

SECTION PREMIERE

DES FIEFS DEPUIS LEUR ÉTABUSSEMBNT JUSQU'a LA FIN DU SERVICE

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