‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 105 sur 110 · A. J. XIIT. XIII. 5. — B, J. I. IV. 4. (90 av J.-C · texte numérisé non relu

A. J. XIIT. XIII. 5. — B, J. I. IV. 4. (90 av J.-C

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partie tentèrent d'abord les moyens d'embauchage; les mercenaires d'Alexandre poussant les Grecs à la désertion, et les Juifs de l’armée de Démétrius poussant leurs compatriotes à en faire autant. Chacun restant fidèle à son drapeau, on se décida à en venir aux mains. Démétrius demeura maître du champ de bataille qui fut couvert des morts des deux armées !.

Alexandre avait été obligé de chercher un refuge dans les montagnes ; par un singulier retour de fortune, les Juifs se sentirent alors pris de pitié pour leur Roi que le malheur accablait, et six mille d’entre eux vinrent le rejoindre. Ce fut alors au tour de Démétrius à se retirer, parce qu’il ne voulait pas risquer une fois de plus le sort des armes contre un pareil adversaire. A parür de ce moment la rébellion contre Alexandre Jannée reprit de plus belle, et beaucoup de Juifs périrent encore dans les combâts qu'ils lui livrèrent. En une certaine circonstance ce prince, ayant réussi à rejeter les plus marquants de leurs chefs dans une petite place nommée Bethema, en fit immédiatement le siège. Il réussit promptement à s’enemparer et y fit prisonniers ses ennemis qu'il ramena à Jérusalem, où il leur réservait un sort affreux. Ce n’est pas sans horreur que je dois écrire les liones qui vont suivre. Alexandre ayant fait préparer sur un lieu élevé un grand festin pour ses concubines, ordonna de mettre en croix 800 de ces malheureux, et avant que la vie ne les eût abandonnés, il fitécorger, sous leurs yeux, leurs femmes et leurs enfants. Il avuit à se venger des injures qu’il avait reçues, cela est vrai; mais il y a des vengeances qu’un homme de cœur ne rêve même pas. Certainement il avait été jeté par ses victimes dans les plus cruelles extrémités, pendant qu'il combattait contre ses sujets ; bien souvent, ils avaient mis sa couronne, sa vie même en danger, ils avaient poussé la haine au point d’ameuter contre lui l'étranger; depuis longtemps, ils la-

1. À. J. XIII. X. IV.I.— B. J. I. IV,5. Dans ce passage de la Guerre des Juifs Josèphe donne à l'armée d'Alexandre 1,000 cavaliers et 8,000 fantassins mercenaires que vinrent rejoindre 10,000 Juifs, amis du Roï. (89 av. J.-C.)

vaientréduit à la dure nécessité d'abandonner au Roi des Arabes les terres et les villes qu'il avait conquises dans la Moabitide et dans le pays de Galaad, pour l'empêcher de prendre part à la guerre sans merci qu'on lui faisait. Certes ses griefs étaient grands, mais devait-il les venger d’une façon aussi atroce ? Y avait-il nécessité pour lui d’agir de la sorte? il est permis d'en douter, lorsqu'on se rappelle que les Juifs, pour caractériser sa cruauté raffinée, l'avaient surnommé Thrakidas (enfant de Thrace?). Cette effroyable exécution jeta la terreur parmi ‘ses ennemis, qui étaient au nombre d'environ huit mille. La nuit suivante tous avaient fui de Jérusalem, et tant que vécut Alexandre, ils restèrent exilés volontairement. Il avait réussi du reste à se débarrasser des troubles intérieurs, et à partir de ce moment son règne fut parfaitement tranquille ‘.

Démétrius, après avoir évacué la Judée, se porta sur Berœæa, pour combattre son frère Philippe, à la tête d’une petite armée de dix mille fantassins et de mille cavaliers. À la nouvelle de son approche, Strabon, tyran de Berœa et allié de. Philippe, s’empressa d'appeler à son ride Zizos (sans doute Aziz), chef des tribus arabes, et Mithridate Sinacès, Éparque des Parthes.. Ceux-ci accoururent à la tête de forces considérables, assiégèrent Démétrius dans son camp, où ils le bloquèrent étroitement. Les traits des assiégeants et la soif surtout eurent raison de leurs adversaires qui furent promptement réduits à capituler. Le camp fut pillé, et Démétrius captif envoyé à Mithridate, roi des Parthes. Tous les citoyens d’Antioche faits prisonniers dans cette guerre furent immédiatement rendus à la liberté, et renvoyés dans leurs foyers. Quant à Démétrius, le Roi des Parthes le traita avec les plus grands honneurs, et le garda auprès de lui, jusqu’au moment où une maladie mit promptement fin à sa captivité. Philippe, après cet heureux combat, se rendit à Antioche et resta désormais seul maître de la Syrie .

4. A, J. XIII. XIV.2.— B.J.T.1V.6. Ici Bethema est appelé Bémésélis (87 av.J.-C. 2. À. J. XIII. XIV. 3. — (87 av J.-C.)

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Dans la même année (87 av. J.-C.), Antiochus surnommé Dyonisus, frère de Philippe, réussit à s'emparer de Damas, où il prit le titre de Roï. Mais ayant commencé une campagne contre les Arabes, Philippe profita de son absence et rentra en possession de Damas. Ce fut pour bien peu de temps. Milésios, gouverneur de la ville, l'avait livrée à Philippe, dans l'espérance que sa trahison, lui serait grassement payée. Philippe se montra ingrat, d’abord par économie, et ensuite parce qu’il aimait mieux laisser croire que c'était à la puissance de son nom, et non à la perfidie de Milésios, qu’ilavait dû lareddition de Damas. Ce calcul lui porta malheur et Milésios le voyantsortir pour se rendre au cirque, fit fermer les portes de la ville d’où Philippe se vit ainsi expulsé sans coup férir. Antiochus était donc redevenu maître de Damas. Dès qu'il apprit ce qui s’était passé, il s’empressa de quitter l'Arabie et de regagner sa capitale. Peu après il voulut retourner en Arabie, et passer par la Judée, à la tête d’une armée de 8,000 fantassins et de 800 cavaliers. Alexandre Jannée effrayé à l'annonce de sa venue, essaya de lui barrer le passage ; pour cela il fit creuser un fossé profond à partir de Chabarzaba qui s’appelle aujourd’hui Antipatris, fait observer Josèphe (c’est la Kafer-Saba de nos jours) jusqu'à la mer de Joppé, seul point par lequel l’armée syrienne pouvait trouver une route facile. Un mur élevé tout le long du fossé, et garni de tours de bois et de palissades, coupait la route d’Antiochus, sur une largeur de 150 stades. Antiochus réussit à ruiner et à incendier cet obstacle, et conduisit de là son armée victorieuse vers l'Arabie. Il rencontra bientôt l'ennemi qui, feignant de céder, lui opposa tout à coup une masse de dix mille cavaliers, avec lesquels Antiochus eut à combattre inopinément. Il fit avec les siens des prodiges de valeur, et paya la victoire de sa vie, en courant soutenir un point où sa ligne de bataille paraissait fléchir. Dès qu’Antiochus fut tué, son armée se débanda ets’enfuit au bourg de Cana (Kwx) où la plupart de ses soldats moururent de faim".

1. A. J. XIII. XV. I, —B. J. I. IV.7— (85 av. J.-C.). Quelle est la Cana dont il

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Une fois leur roi Antiochus Dyonisus mort, les Damascènes que haïssaient et redoutaient leur puissant voisin Ptolémée, fils de Mennæus, tétrarque de Chalcis, offrirent le royaume de Cœlésyrie à Arétas, roi des Arabes. Arétas se mit en marche pour gagner sa nouvelle capitale, et passa naturellement par la Judée ‘. À celui-là aussi Alexandre Jannée essaya de barrer la route ; mais il fut battu près d’Adida, forteresse dont nous avons déjà parlé, et qui était proche de Lydda, et un traité étant intervenu entre le vainqueur et le vaincu, Arétas s’éloigna de la Judée. |

Alexandre recommencça alors une expédition contre les villes situées au delà du Jourdain : Dium fut prise la première, puis il marcha sur Essa, où étaient renfermés les trésors de Zénon. Il enceignit la place d’un triple mur de contrevallation, et finit par la prendre d'assaut. Puis il marcha sur Gaulana et Séleucie qu’il prit également, ainsi que la vallée nommée la vallée d’Antiochus et la forteresse de Gamala : pour s'emparer de toutes ces places, il dut faire valoir les griefs, vrais ou faux, qu'il avait contre Démétrius qui en était le possesseur, et il réussit à le dépouiller de cette province. Toutes ces conquêtes s’accomplirent en un. espace de trois années (de 84 à 82 av. J.-C.) et lorsque Alexandre Jannée rentra à Jérusalem, il y fut bien reçu cette fois, grâce aux succès qu'il avait remportés ?.

En ce moment l'autorité du Roi des Juifs s'était étendue sur une foule de villes des Syriens, des Iduméens et des Phéniciens ; ainsi, sur la côte, ils possédaient la tour de Straton, Apollonias, Joppé, Jamnia, Azot, Gaza, Anthédon, Raphia et Rhinocolura est question ? c’est très probablement la Cana voisine de Tyr, si la bataille contre les Arabes a eu lieu de ce coté-ci de la mer Morte.

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