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“LA DYNASTIE ASMONÉENNE. 313
sitôt que Ragaba fut'prise, elle rentra à Jérusalem, convoqua les Pharisiens, leur remit tout pouvoir d’agir à leur guise, à l'égard des restes mortels de son mari, et de régler les affaires de l’État. Leur ressentiment contre Alexandre s’éteignit aussitôt, et, d’ennemis acharnés qu'ils avaient été, ils devinrent des amis dévoués !.
Ils convoquèrent aussitôt le peuple en assemblée générale, récapitulèrent devant lui toutes les grandes choses qu’Alexandre avait effectuées durant son règne ; ils déclarèrent que le Roi qu’ils avaient perdu était un juste. En un mot, ils firent de lui un éloge si complet, que le peuple le pleura, et que le deuil général qui accompagna ses obsèques surpassa en magnificence tout ce qui avait jamais été fait pour un des Rois ses prédécesseurs.
Alexandre laissait deux fils, Hyrcan et Aristobule ; mais par son testament il léguait l'autorité souveraine à sa veuve Alexandra. Des deux enfants issus de son mariage, l’aîné, Hyrcan, montrait peu de capacité et témoignait d’ailleurs un véritable goût pour la vie calme ! Le plus jeune, Aristobule, au contraire, était rusé et audacieux. Quant à la Reine, elle était vénérée par le peuple, parce qu’elle avait réprouvé publiquement les méfaits de son mari *.
Hyrcan fut créé Souverain Pontife, tant à cause de son âge que de son indolence naturelle, et la conduite des affaires publiques fut confiée tout entière aux Pharisiens. Toutes les institutions que Jean Hyrcan avait jadis abolies, et que les Pharisiens avaient reçues de leurs pères, par la tradition, furent aussitôt remises en vigueur.
En un mot, Alexandra avait bien le titre de Reine, mais en réalité, c'étaient les Pharisiens qui gouvernaient; ainsi ils rappelaient les exilés, délivraient ceux qui étaient incarcérés et étaient les véritables souverains. Cependant, de son côté, la Reine donnait tout son temps aux affaires de l’État ; elle recruta beaucoup
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de mercenaires et développa si bien la puissance de la Judée, que tous les tyrans ses voisins furent pris de crainte et se virent obligés de lui livrer des otages.
Dans ces conditions le pays eût joui d’une tranquillité parfaite,
sans les Pharisiens; ceux-ci en effet obsédaient la Reine, pour la
décider à sévir contre les hommes qui avaient poussé Alexandre à envoyer au supplice les 800 captifs dont il s'était emparé. Ils finirent par tuer eux-mêmes! l’un d’eux nommé Diogène,et après lui, bien d’autres tour à tour; si bien que quelques-uns des plus grands personnages de l’État se rendirent au palais avec Aristobule. Celui-ci en effet ne cachait pas l’indignation qu'il ressentait pour tout ce qui se passait, et il déclarait hautement que s’il se sentait assez fort, il ne permettrait pas à sa mère de supporter tous les actes qu'elle laissait accomplir. Ils rappelèrent hautement à Alexandra avec quel bonheur ils avaient bravé les plus grands périls pour se montrer fidèles et énergiques serviteurs de son époux, ce qui leur avait valu les plus grandes récompenses; ils venaient donc la supplier de ne pas souffrir que leurs espérances fussent à jamais anéanties. En ce moment ceux qui avaient échappé aux périls de la guerre étaient égorgés chez eux, comme des moutons, sans que personne s’occupât de venger leur mort. Ils ajoutaient que si leurs ennemis se contentaient des victimes qu'ils avaient déjà immolées, ils supporteraient avec résignation tout ce qui était arrivé; mais que si au contraire ces assassinats devaient continuer, ils réclamaient par dessus tout des ordres ; car ils n'étaient pas gens à chercher leur salut en dehors de la Reine, eux qui étaient prêts à mourir joyeusement dans le palais, si leur grâce ne leur était pas octroyée ouvertement. Ils dirent que ce serait une honte éternelle pour eux et pour la Reine, s'ils étaient obligés, à cause de son indifférence, | d’implorer l’aide des ennemis de son mari. A la tête ils plaçaient à juste titre Arétas, le roi des Arabes, et d’autres princes, dont