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il suffisait de prononcer les noms pour inspirer la terreur à leurs égorgeurs ; que si ce dernier parti ne lui convenait point, si elle pensait que les Pharisiens la servaient honorablement, elle n’avait qu’à les disséminer eux-mêmes dans les places fortes ; car si quelque démon poussait jusque-là la persécution de la maison d'Alexandre, ils étaient prêts à rentrer dans la condition la plus humble !.
En entendant ces paroles et les invocations que ces infortunés adressaient aux mâûnes d'Alexandre, en faveur des victimes déjà frappées, et de tous ceux que le même sort menaçait, les assistants furent émus jusqu'aux larmes, et Aristobule laissant bien voir les sentiments dont il était animé, se répandit en reproches violents contre sa mère. Il accusa les grands d’être les propres auteurs de leurs maux, eux qui avaient laissé les rênes de l’État entre les mains d’une femme, dont l'ambition n'avait pas de bornes, et cela contre toute justice, et comme si le Roi défunt n'avait pas d’héritiers directs de sa couronne. Alexandra ne sachant quel parti prendre, se décida au dernier parti qui lui avait été proposé, et confia à ceux qui étaient venus se plaindre si amèrement, la garde de toutes les forteresses, à l'exception d'Hyreania, d'Alexandrium et de Machærous, où tous ses trésors étaient déposés. Peu de temps après, elle envoya son fils Aristobule, avec une armée, à Damas contre Ptolémée, fils de Mennæus, qui était un voisin trop incommode et trop dangereux pour les Damascènes.
Le jeune prince, après une campagne où il ne se distingua guère, rentra à Jérusalem *.
À cette époque on apprit que Te roi d'Arménie, qui avait envahi la Syrie à la tête d’une armée de 500,000 hommes,
se proposait d'entrer en Judée. On comprend combien cette
nouvelle inattendue effraya la Reine et le peuple ; Tigranes assiégeait déjà Ptolémaïs, où était enfermée la Reine Cléopâtre,