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auquel les Grecs ont donné le nom d’Artaxerxès (IT, Ochus) lui succéda. Nous n'avons pas le dessein de reproduire ici, d’après Josèphe, les détails que nous donne le livre d’Esther!. Histoire ou roman? peu nous importe, puisque nous n’avons d'autre but que de raconter ce qui concerne particulièrement les Juifs rentrés en Judée. Nous nous bornerons donc à protester de toutes nos forces contre l’authenticité de l'édit que Josèphe prête au roi des Perses, et par lequel celui-ci commande à tous ses officiers de prêter assistance à l’égorgement d’une partie de ses sujets par l’autre. C’est insensé ! c'est d'invention ridicule ! Et Esther, cette douce reine, à qui l'on fait demander comme grâce spéciale, le jour même où elle apprend de la bouche du Roi que 7,500 personnes ont été massacrées par ses coreligionnaires, dans toute l'étendue de l’empire, que les Juifs soient autorisés à profiter du lendemain encore, pour achever cette boucherie, et que, pour couronner l’œuvre, les dix fils d’Aman soient crucifiés ! ! ! Tout cela est impossible ! Tout cela est d’invention ! ou tout cela est odieux!
Mais revenons à Jérusalem.
A la mort du grand prêtre Éliasib, son fils Joiada lui succéda. Il eut lui-même pour successeur son fils Jokhanan*.
Sous le pontificat de ce dernier il se passa un fait sans précédents, et qui fut l’origine d’une véritable catastrophe. Bagoses, général en chef de l’armée d’Artaxerxès III, était lié d'amitié avec Jésus, frère de Jokhanan, et il lui promit de lui faire obtenir
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2. M. J. Oppert a traité ce sujet avec beaucoup de talent et d’érudition; il conclut à la réalité des faits de l’histoire d’'Esther, de Mardochée et d’Aman. Son travail est inséré dans les Annales de Philosophie chrétienne, numéro de janvier 1864. Notons toutefois que l’histoire d’Esther, contrairement à l’avis de Josèphe, est placée avec toute apparence de raison sous le règne de Xerxès, par M. Oppert.
3. À, J, XI. VII. I. Les noms de ces deux souverains pontifes sont altérés dans le livre de Josèphe: Joïada y devient Judas et Jokhanan, Jean. Ce dernier est le pontife dont le tombeau est si souvent mentionné, à propos des travaux du siège de Jérusalem par Titus. Nous trouvons une fois dans le livre de Néhémie le nom Jonathan substitué par erreur à celui de Jokhanan.
la grande prêtrise. Plein de confiance dans cette imprudente promesse, Jésus eut une altercation avec son frère, dans l’enceinte même du Naos, etil luidit des paroles tellementoffensantes, que celui-ci transporté de fureur le tua de sa main. C'était un fratricide sans exemple, d’autant plus odieux que le meurtrier, lorsqu'il le commit, était dans l'exercice de ses fonctions sacerdotales. Le châtiment divin ne se fit pas attendre ; car le temple fut profané, et le peuple entier rendu à la servitude. En effet dès que Bagoses fut informé de ce forfait, il accourut au temple et apostropha les Juifs en ces termes : Misérables, est-il vrai que vous ayez osé commettre un assassinat dans votre sanctuaire ? et il s’efforça d’y pénétrer. Tous alors voulurent lui barrer le passage : — Arrière! leur cria-t-il, qui aurait l’audace de dire que je suis moins pur que celui qui s’est souillé d’un meurtre dans l’enceinte du Naos ? Arrière! — et il entra profanant ainsi, le saint des saints. Puis Bagoses poursuivant son but, condamna les Juifs à payer pendant sept années une amende de 50 drachmes d’argent, par tête d'agneau qui serait immolé dans les sacrifices de chaque jour.
Après la mort de Jokhanan, son frère laddoua, que Josèphe appelle Iaddous, fut revêtu du souverain Pontificat. Iaddoua avait un frère nommé Manassès, marié à Nicaso, fille de Sanaballète, le satrape de la Samarie. Ce Sanaballète qui est évidemment le même que le Khoronéen Sanaballète dont Néhémie signale à plusieurs reprises le mauvais vouloir contre les Juifs, avait été envoyé en Samarie par le roi Darius III, pour gouverner cette province avec le titre de Satrape. Il était Cuthéen et compatriote des Samaritains, dit Josèphe ; et en cela Josèphe commet une erreur, puisqu'il était Moabite, ainsi que nous l’avons déjà remarqué ; à moins toutefois qu’il ne fût originaire de l’une des deux Beit-horon, de la tribu de Benjamin. Quoi qu'il en soit, Sanaballète sachant que Jérusalem était une ville illus-
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tre, et que ses Rois avaient causé jadis de graves soucis aux Assyriens et aux habitants de la Cœlésyrie, espéra, par un mariage, se concilier la bienveillance de toute la nation juive et il donna de grand cœur sa fille à Manassès, frère du grand prêtre *.
Le retour imprévu de Néhémie à Jérusalem renversa tous ces projets.
Néhémie indigné de l'alliance contractée, malgré laloi, par un frère du grand prêtre avec une étrangère, n’hésita pas et expulsa de la ville le gendre de Sanaballète ?.
Vers cette époque, Philippe, roi de Macédoine, fut assassiné à Aegée par Pausanias, qui était de la nation des Orestiens (336 av. J.-C.). Son fils Alexandre qui lui succéda, franchit l'Hellespont, rencontra l’armée de Darius Codoman, sur le Granique, et la mit en pleine déroute. De là le conquérant porta ses armées victorieuses en Lydie, en lonie, en Carie et en Pamphylie*.
C’est ici seulement que Josèphe raconte l’expulsion de Manassès, et il le fait en ces termes: Les grands de Jérusalem (à la tête desquels sans doute, nous devons placer Néhémie, ainsi que le prouve le verset que nous avons mentionné ci-dessus) s’indignèrent de ce que le frère du grand prêtre laddous avait pris pour femme une étrangère. Cette alliance, en effet, leur semblait un précédent détestable, que ne manqueraient pas d’invoquer tous ceux qui, à propos de mariage, auraient le désir d’enfreindre la loi. N’étaient-ce pas ces mariages prohibés qui, jadis, les avaient jetés dans la captivité, et avaient attiré toutes les calamités sur la nation? Ils signifièrent donc à Manassès d'opter, c’est-à-dire de répudier sa femme, ou de renoncer au sacerdoce. Le grand prêtre lui-même s’indigna comme le peuple, et interdit à son frère d'approcher de l’autel.