DA XI. LL
Mk
le grand prêtre sur les moyens d’exécution, et qui étaient porteurs d’une somme de 100 talents et de cadeaux splendides, offerts au temple par le roi Ptolémée. Ces cadeaux consistaient en cinquante talents d’or, destinés à la fabrication des vases sacrés, et en une quantité inestimable de pierres précieuses de toute nature ‘.
La réponse d’Éléazar ne se fit pas attendre. Elle annonçait à Ptolémée que le choix des six docteurs à prendre par tribu était effectué, etil demandait que, la traduction des livres une fois achevée, le texte lui fût renvoyé *.
Cette lettre accusait réception de 20 vases d’or, de 30 d’argent, de 5 aiguières dont 2 en or, et de la table de proposition, dont le roi d'Égypte gratifiaii le temple de Jérusalem. Cette table était une merveille d'art dont Josèphe donne longuement une description, qui malheureusement n’est pas toujours très claire $.
Les bassins des deux aiguières d’or contenaient chacun deux vases. Au reste la description de ces vases magnifiques constitue le paragraphe 9 du même chapitre, où est décrite la table de proposition. |
Aussitôt que les envoyés du Roi, Andréas et Aristée, furent arrivés à Alexandrie, accompagnés des docteurs chargés de la traduction des livres saints, Ptolémée les fit tous mander au Palais, en congédiant, contre l'usage, tous ceux à qui des audiences avaient été accordées pour ce jour-là ! D’habitude les gens qui avaient à entretenir le Roi d’affaires quelconques, étaient reçus le 5° jour après qu’ils en avaient fait la demande : les ambassadeurs ne l’étaient qu’au bout d’un mois seulement.
Les docteurs juifs étaient porteurs des présents du grand prètre et des livres de la loi, écrits en lettres d’or; ce furent ces premiers que le Roi demanda sur-le-champ à voir. On les débar-
rassa de leurs enveloppes, et Ptolémée admira longtemps la ténuité des feuilles et l’art extrême avec lequel elles étaient reliées ensemble, de façon à dissimuler les commissures; puis il dit aux docteurs qu’il leur devait à eux une grande reconnaissance, une plus grande à celui qui les avait envoyés, mais une bien plus grande à Dieu, dont il avait les lois sous les yeux. A ces mots, les docteurs et tous les assistants répondirent par des acclamations qui firent venir des larmes de joie aux yeux du Roi. Il ordonna de remettre les livres sacrés entre les mains de ceux qui étaient chargés de leur garde, et embrassant ensuite ces personnages, il leur dit qu’il était naturel qu’il leur expliquât
d’abord la mission qu’il avait entendu leur confier, se réservant
de leur demander plus tard les renseignements qu’il désirerait. Il leur affirma que le jour de leur arrivée resterait un jour de fête pour lui, et que chaque année, tant qu’il vivrait, l’anniversaire de ce jour serait célébré solennellement. Cet engagement du reste était d'autant plus facile à tenir pour Ptolémée, que le hasard voulut que ce jour fût aussi l’anniversaire d’une grande victoire navale qu’il avait remportée sur Antigone. |
Tous les docteurs juifs devinrent, pour ce jour-là, les convives du Roi, et ils furent logés par son ordre, dans les plus splendides appartements du palais".
Enfin une somme de trois talents fut donnée en gratification à chacun d’eux. IciJosèphe raconte en détail les honneurs dont furentcomblésles docteurs juifs ; pendant douze jours consécutifs ils restèrent les hôtes du Roïqui seplaisaità traiter avec eux les questions de la plus haute philosophie; trois autres jours furent ensuite consacrés au repos. Au bout de ce temps, Démétrius de Phaleres leur fit longer l’heptastade et la digue qui conduisait à l’île, puis franchir le pont, et les conduisant à la partie nord de l’île, les y établit dans une maison construite au bord de la mer, et tout à fait propre à la méditation, grâce à son isolement. Tout ce