DA J XII
dont ils déclarèrent avoir besoin, pour effectuer la traduction de la loi sacrée, leur fut fourni, et Demétrius les pria de se mettre à l’œuvre. Les docteurs, remplis d’un saint zèle, commencèrent avec ardeur le travail qu'ils avaient à faire. Chaque jour ils s’en occupaientexelusivement, jusqu’à la 9°heure (3 heures de l’aprèsmidi) ; puis ils se livraient aux soins de leurs personnes, et se mettaient à table, le plus souvent en face des mets préparés pour le Roi lui-même, et que celui-ci avaitl’attention deleur faire porter. Chaque matin ils se rendaient en corps au palais, pour présenterleurhommage à Ptolémée; puisils rentraient, etaprès s'être lavé les mains à la mer, et avoir fait leurs ablutions, ils se remettaient à l'ouvrage. Tout fut terminé en 72 jours, au bout desquels Démétrius convoqua tous les Juifs d'Alexandrie, pour assister en ce même lieu, à la lecture qu'il fit, devant les interprètes eux-mêmes de leur traduction de la loi. L’assembléeentière rendit hommage à sa fidélité, loua l'excellente idée qu'avait eue Démétrius de leur soumettre cette œuvre, mais le prièrent de la faireexaminer par leurs rabbins. Tous furent unanimes, y compris les traducteurs, pour demander que le texte de cette traduction une fois contrôlé de la sorte, fût mis à l’abri de toute altération future. Cette révision eut lieu, et s’accomplit avec un soin extrême, et le texte grec de la loi sacrée des Juifs, fut désormais fixé pour toujours !.
Ptolémée fut ravi de l’heureux succès de cette entreprise, et se faisant lire la loi, admira le génie et la profonde sagesse du législateur. Il eut alors à ce sujet une conversation avec Démétrius, etlui demanda commentil se faisait qu’une loi aussi admirable fût restée, jusque-là, lettre close pour les historiens et les poètes. Démétrius lui répondit que le caractère divin et auguste de cette loi avait toujours empêché d'y toucher, et que ceux qui avaient osé entreprendre quelque chose de semblable, en avaient toujours été punis providentiellement; ainsi, par exemple,