II, Mach. V, v. 1 à
Ménélas se réfugia dans la citadelle. Jason sans se préoccuper de ce que ses adversaires du moment étaient ses amis et ses proches, et à tout le moins ses concitoyens, était disposé à ne faire grâce à personne. Mais l'événement tourna à sa confusion ; las de fuir, les Juifs se comptèrent, et comprenant qu'ils n'avaient affaire qu’à une poignée de malfaiteurs, ils revinrent à la charge avec succès, et rejetèrent hors de la ville Jason qui dut regagner au plus vite l’'Ammonitidef.
Il ne tarda pas à reconnaître qu’il n’y était plus en sûreté; en effet Arétas, roi des Arabes, lui barra le passage; fuyant alors de bourgade en bourgade, repoussé partout, comme un objet d’exécration, il chercha vainement un asile en Égypte, d’où il fut honteusement expulsé,et se vit réduit à choisir un dernier refuge à Lacédémone, où il comptait être admis, sur je ne sais quels droits de parenté existant, à ce que l’on disait, entre les Lacédémoniens et les Juifs. Il n’y fut pas mieux reçu et finit par y mourir misérablement *.
Antiochus ne tarda pas à apprendre ce qui venait de se passer à Jérusalem ; furieux de ce que les Juifs s'étaient réjouis à la fausse nouvelle de sa mort, il prit prétexte de la tentative de Jason, pour crier à la rébellion, et il quitta en hâte l'Égypte, pour fondre sur Jérusalem. Cette malheureuse ville fut envahie incontinent, et le plus affreux massacre commença par l’ordre exprès du roi Les soldats, ivres de sang, n’épargnèrent ni le sexe, ni l’âge. Pendant trois jours entiers le carnage ne cessa pas un instant ; 80,000 personnes furent égorgées ; 40,000 prisonniers furent chargés de chaînes et réduits en esclavage *.
Antiochus pénétra en furieux dans l’enceinte sacrée du temple ; il enleva l’autel d’or, le chandelier sacré, la table de proposition, les vases à libation, les fioles et les mortiers d’or, le voile sacré, les couronnes, et tout l'or qui décorait l'entrée du