Qu'est-ce que Dathema ? nous l'ignorons
3. À.J. XII. VIIL.I,—T. Machab. V, v.10 à 45. Le récit du Ier livre des Machabées précise ou modifie quelque peu certains faits, Ainsi au verset 3 nous voyons que ce fut en Idumée même, que les Iduméens de la race d'Ésaü furent défaits. Judas était donc allé les atteindre chez eux. L'écrivain sacré ajoute : ef eos qui erant in Arabathane (il faut certainement lire : Acrabathane); il y eut donc deux expéditions distinctes contre les Iduméens. Quant aux bandits désignés sous le nom de fils de Bean, le texte sacré n’en fait qu'une troupe de voleurs de grand chemin.
La campagne de Judas en Ammonitide fut beaucoup plus sérieuse ; de nombreux Combats eurent lieu. L'armée ennemie avait pour général le même Timothée dont parle Josèphe. Les Juifs enlevèrent Gazer (nous avons déjà dit que ce nom désigne certainement Machærous) et en enlevèrent les femmes ; puis ils reprirent la route de la Judée. À propos de la dépêche envoyée par les Juifs du pays de Galaad, forcés de s’enfermer dans Dathema, en fuyant devant Timothée, le texte sacré donne l'indication suivante qui la termine : omnes fratres nostri qui erant in locis Tubin (encore un nom inconnu), 2nterfecti sunt, et captivas duxerunt uxores eorum, et natos et spolia et peremerunt illic fere mille viros. On voit que ce n'était pas sans sujet que les malheureux Juifs Galaadites invoquaient l'assistance de leurs frères de Judée.
Dès que Judas eut reçu ces déplorables nouvelles, et que le peuple en fut instruit, convenit ecclesia magna, « la grande synagogue s’assembla », pour aviser à ce qu'il était urgent de faire *.
A ce moment donc la grande synagogue (n535n nD32 vwN) jouait déjà un rôle très important dans la République judaïque ; elle était instituée et fonctionnait régulièrement. Il est bon de faire remarquer que le récit de Josèphe ne dit pas un mot de l’intervention, en cette circonstance, d’un conseil suprême. Il n’est pas inutile non plus de constater que les mots talmudiques aban no3> sont la traduction littérale de l'expression ecclesia magna du livre des Machabées. Déjà au verset 59 du chapitre IV, lorsqu'il s’agit de la fête à instituer en commémoration de la purification du temple, il est question de l’universa ecclesia Israël, qui n’est certainement encore que la grande synagogue.
Voici ce qui fut décidé par Judas et par le conseil de sa nation : Siméon à la tête de 3,000 hommes d'élite fut envoyé au secours des Galiléens. Judas, accompagné de son frère Jonathan, prit le commandement d’une armée de 8, 000, hommes, chargée d'opérer dans le pays de Galaad ; le reste des troupes disp onibles fut placé sous les ordres de Joseph fils de Zacharias et d’Azarias, avec mission de protéger la Judée, mais d'éviter tout conflit avec qui que ce fût, avant le retour de Judas.
L'expédition de Siméon fut heureuse ; à peine en Galilée, il marcha droit à l'ennemi qu’il força d’évacuer le territoire ; après l'avoir mis en fuite, il le poursuivit jusqu'aux portes de Ptolémaïs, et lui tua lenvivon 3,000 hommes. Il délivra les Juifs qui avaient été faits captifs, s’empara des bagages de l'ennemi, et rentra sans obstacle à Jérusalem, au milieu de l’allégresse générale ?.
De son côté Judas Machabée et son frère Jonathan, après avoir
4, TI. Machab. V, v. 16,
2. À. J. XI], VIIL. 2. — I Machab. V, v. 17 à 23. Le dernier de ces versets est ainsi conçu : EË assumpsit eos qui erant in Galilæû et in Arbatis, cum uxoribus et natis et omnibus quæ erant illis, et adduxit in Judæam cum lætitia magna. Nous devons soupçonner que le nom Arbatis est un altération du nom Acrabatis.
LA DYNASTIE ASMONÉENNE. 471
franchi le Jourdain, s’avançèrent de trois journées de marche dans l’intérieur des terres, et rencontrèrent un corps de Nabatéens qui venait au-devant des Juifs, avec des intentions pacifiques. Les survenants leur racontèrent tout ce qui venait de se passer dans le pays de Galaad, c’est-à-dire les affreux malheurs qui avaient fondu sur leurs frères en ce pays. Ils prévinrent Judas qu’il n’avait pas de temps à perdre, s’il voulait sauver les victimes des gentils, mais que pour cela faire, il était urgent d'agir de ruse. Judas écouta ces avis, et continuant à s’avancer à travers le désert, put ainsi tomber inopinément sur la ville de Bosorra! qu’il enleva du premier coup. Tous les habitants mâles, en âge de porter les armes, furent passés au fil de l’épée, et la ville elle-même fut livrée aux flammes. Le soir même Judas reprit sa marche, et profita des ténèbres de la nuit pour s'approcher de la forteresse dans laquelle les Juifs s'étaient enfermés, et dont Timothée avait commencé le siège. Au point du jour Judas arrivait devant la place menacée; déjà l'ennemi était établi au pied des murailles ; les uns y appliquaient des échelles, les autres apportaient les machines nécessaires pour donner l’assaut.
Le général juif avait donc réussi à surprendre ses ennemis, au moment où ils s’y attendaient le moins. Exhorter ses soldats à jouer bravement leur vie pour le salut de leurs frères, partager sa troupe en trois colonnes d'attaque et faire sonner la charge, ce fut l’affaire d’un instant. Quand ils entendirent le son des trompettes et le cri de guerre des Juifs, auxquels répondaient les clameurs des assiégés, les soldats de Timothée avaient déjà l’ennemi sur les épaules. — « Voilà Machabée, s’écrièrent-ils avec terreur, sauve qui peut! » et chacun de chercher son salut dans la fuite.
Judas les poursuivit avec acharnement, l’épée dans les reins, et en tua 8,000 ; puis, faisant un détour, il fondit sur Mallès, ville des gentils, qu’il prit d'assaut et dont tous les habitants mâles furent égorgés. Cette fois encore la ville fut incendie.