Bocoppav, c'est certainement Bostra
De là Judas alla ruiner Chasphôma, Bosor et beaucoup d’autres places du pays de Galaad*.
Timothée avait réussi à se tirer de ce mauvais pas ; avide de vengeance, il leva une nouvelle armée, enrôla des auxiliaires, et parvint à prix d'argent à entraîner à sa suite un certain nombre d’Arabes. Il vint prendre position au delà du torrent qui coule en face de la ville de Raphôn. Il avertit ses soldats qu’il était urgent pour eux de bien défendre le passage de ce torrent, au Cas où une bataille viendrait à s'engager avec les Juifs, parce qu'ils seraient infailliblement perdus, si l'ennemi parvenait à la franchir. Judas averti par ses espions des dispositions adoptées par Timothée, fit prendre les armes à tout son monde et marcha droit au torrent qu’il passa le premier. La résistance fut courte. Les plus braves des soldats de Timothée essayèrent de soutenir le choc; ils furent tous tués ; excepté ceux qui pris d’une terreur panique, jetèrent leurs armes et s’enfuirent. Ceux qui purent échapper ainsi au massacre coururent se réfugier dans le Téménos de Carnaïm *, qu’ils regardaient comme un asile inviolable. Leur illusion fut bientôt dissipée ; Judas enleva la ville et le Téménos qui fut livré aux flammes, tous ceux qui s’y étaient réfugiés furent voués au supplice *.
4. 165 av. J.-C. Qu'’est-ce-que Mallès ? Chasphoma ? Bosor ? Le livre des Machabées ([. Machab. V, v.24 à 36) nous est ici d’un faible secours, et tous ces noms de lieu, dans le récit sacré, comme dans le récit profane, semblent bien altérés. En effet lorsque l’auteur du Ier livre des Machabées raconte l'expédition de Judas, il appelle les Nabathéens, Nabuthéens ; mais c’est 1à sans aucun doute une faute de copiste. Le verset 26 est important; le voici: Et quia multi ex eis comprehensi sunt in Barasa et Basa, et in Alimis, et in Casphor, et Mageth et Carnaïm, hæ omnes civitates munilæe et magnæ. Au verset 35, la Mallès de Josèphe est remplacée par Maspha; enfin le verset 36 est ainsi conçu : Indè perreæxit et cepit Casbon, et Mageth, et Bosor, et reliquas civitates Galaaditidis. Casbon est très probablement Hesbon, aujourd'hui Hesbân ; mais toutes les autres villes mentionnées, que sont-elles ? on s’y perd.
2, Carnaïm est sans doute la localité biblique d’Asteroth-Carnaïm,
3. À. J. XII. VIII. 4. — 1, Machab. V, v.37 à 44. Le verset 42 nous fournit un curieux détail ; le voici : UË autem appropinquavit Judas ad torrentem aquæ, statuit scribas populi secs torrentem, et mandavit eis dicens : Neminem hominum relinque-
rilis, sed venient omnes in prælium. Judas qui savait payer de sa personne, passa le torrent le premier.
LA DYNASTIE ASMONÉENNE. 173
Après tant de hauts faits accomplis, Judas ramenant avec lui tous les Juifs de la Galaadite, avec leurs femmes et leurs enfants, se mit en route pour la Judée. Sur son chemin se trouvait la ville d’Éphron qu'il n’était pas possible de tourner. Revenir sur ses pas ne pouvait convenir à Judas, il fit donc demander aux Éphronites le libre passage de son armée, avec engagement formel de respecter leur ville. Les Éphronites qui avaient déjà coupé la route et obstrué de grosses pierres les portes de la place, rejetèrent la proposition des Juifs. C'était encore une fois la guerre, et Judas l’accepta avec sa résolution accoutumée. Éphron fut cernée et le siège commença. Il dura toute une journée ; la nuit suivante la ville fut forcée et brûlée, et tous les habitants mâles furent mis à mort. — Judas se remit alors en route ; le carnage avait été si affreux, que les Juifs durent cheminer sur des monceaux de cadavres. |
Le Jourdain fut franchi par l’armée de Judas en face de Bethsan”, que les Grecs nomment Scythopolis. De à la marche de Judas vers la Judée ne fut plus qu’une marche triomphale, pendant laquelle ne cessèrent de retentir les chants d’allégresse.
A la rentrée des troupes à Jérusalem, commencèrent les sacrifices d'actions de grâces, pour le succès des armes judaïques, et pour le bonheur incroyable des combattants ; car dans cette campagne pas un Juif n’avait perdu la vie *.
Nous avons dit qu’en partant pour le pays de Galaad, Judas
4. Bethsan, c’est la Beysan de nosjours. Cet itinéraire de Judas nous prouve qu'il aurait remonté vers le nord jusqu'aux limites du pays de Galaad, et qu’il vint traverser le Jourdain au point où se voient aujourd’hui les ruines d’un pont connu des Arabes sous le nom de Djesr-omm-el-Kenäâtir, le pont mère des Arches. C’est donc près de ce pont, au sud du lac de Gennézareth, et dans le voisinage même de ce lac, qu'il faut chercher Éphron.
2, A. J. XII. VIIL. 5. — Oÿdets yap êv toÿrots vois rohéuous tv loudaiuv arélavev. Ceci est un peu trop fort et plus que difficile à croire ! — Machab, V, v. 45 à 54. Cette fois encore l'écrivain sacré donne à la montagne du temple le nom de Sion : v. 54, et ascenderunt in montem Sion cum lætitid et qaudio, et obtulerunt holocausta, et quod nemo ex eis cecidisset donec reverterentur in pace.
avait confié la garde de Jérusalam à Josèphe, fils de Zacharias
et à Azarias ; ceux-ci avaient l’ordre formel ne se tenir tranquil-
lement sur la défensive. Mais apprenant les succès de Siméon
en Galilée, de Judas et de Jonathan dans la Pérée, ils furent pris de l’envie insensée de se signaler aussi par quelque beau
fait d'armes. Ils prirent donc la route de lamnia, avec tout ce
qu'ils avaient de troupes sous leurs ordres. Gorgias qui était établi à Tamnia avec un corps d'armée, courut au-devant d'eux,
leur tua 2,000 hommes et les rejeta au delà des frontières de la Judée. C’est ainsi que l'illustration et le renom de grands capi-
taines qu'ils ambitionnaient, se tourna en honte et en confusion: pour ces deux hommes qui avaient enfreint les ordres formels reçus de Judas !.
Les fils de Matathias ne cessaient de faire la guerre aux Iduméens, et de les serrer de près sur tous les points. Ils finirent par leur enlever la ville de Hébron, dont ils renversèrent les murailles et incendièrent les tours défensives. Ils étendirent ensuite leurs ravages jusqu'à Marissa, et de là ils revinrent sur Azot qu'ils prirent et mirent au pillage. Après cette heureuse expédition, ils rentrèrent en Judée, gorgés de butin ?.
Sinous en croyons le I” livre des Machabées (v. 66 et 67), Judas parcourut également la Samarie, l'épée à la main. Ne se peut-il pas que le nom si connu de Samarie se soit ici substitué à Marissa sous la plume d’un copiste ? On peut le craindre. Quoi au’il en soit l’expédition en question, qu'elle ait eu lieu au sud ou au nord de Jérusalem, n’en coûta pas moins la vie à quelques membres du corps sacerdotal qui spontanément voulurent prendre part au combat, et tombèrent victimes de leur courage irréfléchi.
Pendant que tout ce que nous venons de dire se passait en Judée, et dans les contrées voisines, que devenait Antiochus Épiphane ? Nous allons le dire.
4. À. J. XIT, VIIT. 6. — I. Machab. V, v. 55 à 64. — (165 av. J.-C.) 2. À, J. XII. VIII 6. — I, Machab, V, v. 63 à 68.