‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 64 sur 110 · RS · texte numérisé non relu

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” LA DYNASTIE ASMONÉENNE. A7T5

Le roi de Syrie, en parcourant les provinces de par delà l’Euphrate, entendit parler des richesses accumulées dans la ville de Perse nommée Élymaiïs. On vantait par-dessus tout la splendeur de son temple de Diane, rempli des plus riches offrandes. On assurait aussi qu’on y voyait des armes magnifiques qu'y avait laissées Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine. Il n’en fallait pas tant pour éveiller la convoitise d’Antiochus. Il courut à Élymaïs à la tête de son armée, et commença le siège de la ville. Mais les défenseurs de la place firent une telle résistance, qu'il ne put venir à bout de s’en emparer. Ilse vit obligé, non seulement de lever le siège, mais encore de fuir en toute hâte devant l’armée des Perses, et de chercher un refuge à Babylone, où il n’entra qu'après avoir perdu une grande partie de son armée. Il était tout entier à la rage que lui causait ce cruel échec, lorsque pour sureroît de douleur, il apprit les défaites multipliées des généraux qu’il avait chargés de réduire la Judée, et quin’avaient fait qu’activer le réveil de la puissance des Juifs. Il en tomba malade de chagrin ; sa maladie traînait ea longueur ; chaque jour il sentait son mal empirer, si bien qu'il finit par comprendre que l’heure de sa mort était venue. Aussitôt il rassembla ses amis et leur dit que désormais son mal était sans remède et que sûrement il subissait ainsi le juste châtiment de sa cruelle conduite envers les Juifs, dont il avait dépouillé le sanctuaire et méprisé le puissant Dieu. Peu après il expira. « Aussi, ajoute Josèphe, est-on en droit » de s'étonner que Polybe le Mégalopolitain, écrivain d’ailleurs » grave et honnête, ait raconté dans ses écrits qu'Antiochus Épi- » phane avait péri en voulant piller le temple de Diane. Avoir » conçu seulement la pensée de ce forfait ne méritait certaine- » ment pas un châtiment aussi grave. S'il semble juste à Polybe » qu'Antiochus ait ainsi perdu la vie, en punition d’un pareil sa- » crilège, il est bien plus vraisemblable qu’il paya de sa mort » l’abominable spoliation du temple de Jéhovah ‘. »

1. À. J. XII. IX. 1.— Cfr. Polybe (ix excerptis Valesi), 1— Machab. VI, v. 1. à 16. \

Telle est la version acceptée par Josèphe, et que nous retrouvons pour ainsi dire textuellement reproduite dans le premier livre des Machabées. Nous lisons ensuite, dansles deux écrits, qu'avant de rendre le dernier soupir, Antiochus appela auprès de son lit de mort, Philippe, l’un de ses amis, et lui confia la régence de son vaste empire. Il lui donna le diadème, la robe et le sceau, et il le chargea de remettre ces insignes de la royauté à son fils Antiochus dont il surveillait l'éducation ; illuirecommanda pardessus tout de s’efforcer de lui conserver la royauté.

Antiochus Épiphane mourut de cette manière en l’an 449 de l'ère des Séleucides (164 avant J.-C.) près de Tabas, ville de Perses

Nous ne savons trop en vérité comment concilier le récit que nous venons de reproduire, d’après le I‘ livre des Machabées etles Antiquités judaïques de Josèphe, avec ceux (carilyena deux) que nous trouvons dans le IL° livre des Machabées, et que nous ne pouvons évidemment passer sous silence, d'autant plus que les deux semblent donner parfaitement raison à Polybe. Voici donc celle de ces deux versions qui n’est pas trop en désaccord avec celle que nous avons adoptée.

Antiochus, battant honteusement en retraite, avait quitté la Perse. Il était en effet entré dans la ville de Persépolis, et avait essayé de piller cette splendide cité et son temple. Mais la multitude avait pris les armes, et l'avait ignominieusement chassé. Dans sa fuite il était parvenu près d’Ecbatane, lorsqu'il apprit les désastres subis par Nicanor et Timothée. Enflammé de colère, il résolut de faire payer à la nation des Juifs l’affront sanglant qu'il venait de recevoir ; il fit donc atteler son char et marcha incessamment de toute la vitesse de ses chevaux, déjà condamné

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