‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 65 sur 110 · LE TA RIE EN ELA · texte numérisé non relu

LE TA RIE EN ELA

Saint Jérôme (id cap. XI. Danielis) nomme la ville de Tabas en Perse; mais d’un autre côté Étienne de Byzance cite une Tabæ dans la Pérée et nous pencherions singulièrement pour cette dernière ville, si nous ne lisions au chap. VI. du Ier livre des Machabées, verset 13 : Cognovi ergo quia propterea invenerunt me mala ista et ecce pereo tristitià magné in terrà alien.

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par la justice de Dieu, parce qu’il avait juré, dans son orgueil, qu'il serait bientôt à Jérusalem, et qu’il en ferait le sépulcre de la nation juive.

Mais le Tout-Puissant qui voit tout, le frappa soudain d'un mal mystérieux et incurable. À peine avait-il fini de proférer ses menaces terribles contre Jérusalem, qu'il fut saisi de douleurs effroyables des viscères intérieurs. Loin d’abattre sa fureur, cet

accident ne fit que l’exaspérer ; ivre de rage, il donna l’ordre d'accélérer encore l'allure de ses chevaux, et bientôt le char

qui le portait ayant versé, 1l se brisa les membres dans une horrible chute, et cet homme qui se croyait l’égal des dieux, se vit réduit à faire transporter son corps mutilé dans une litière. Les vers s’emparèrent de ses chairs encore vivantes, et une si horrible puanteur s’en exhala, qu’il ne se trouva plus personne pour porter sa litière. De ce coup son orgueil fut abattu et il en vint à dire: « Il est juste que l’homme soit soumis à Dieu, et » que celui qui est mortel ne se croie pas l’égal de Dieu. »

Cet impie priait enfin et implorait une miséricorde qu'il ne devait pas obtenir, et cette cité sainte vers laquelle il courait pour là raser, et en faire le sépulcre d’une race entière anéantie, il voulait maintenant lui rendre la liberté! Les Juifs qu'il ne jugeait pas dignes de la sépulture, dont il voulait laisser les cadavres en pâture aux oiseaux de proie et aux bêtes féroces, ces Juifs dont il voulait exterminer jusqu'aux petits enfants, voilà qu’il jurait de les faire les égaux des Athéniens ! et le temple qu’il avait pillé, il jurait de l’enrichir des dons les plus précieux | Il l’ornerait de vases innombrables, et fournirait sur son trésor particulier tous les frais des sacrifices ! Bien flus encore, il se ferait juif lui-même, et il parcourrait l’univers entier pour proclamer la puissance du Dieu des Juifs !

Il était trop tard ; il était condamné sans appel ! Les douleurs qu’il endurait allaient sans cesse en s’aggravant, et dans son désespoir il écrivit aux Juifs la lettre suppliante que voici:

« Aux illustres citoyens de la Judée salut, santé et prospérité,

» de la part d’Antiochus, Roi. Si vous et vos enfants vous êtes » bien, si tout est à votre gré, j'en rends grâce à Dieu, moi qui » suis gravement maladeet qui m'occupe avec affection de vous. » En revenant de la Perse, j'ai pensé qu’il était nécessaire de » songer à notre bien commun ; ce n’est pas que je désespère de » ma guérison, loin de là ! J’ai l'espoir le plus profond d’échap » per à mon mal. Considérant donc que jadis mon père, lors- » qu’il conduisait une armée vers les contrées d’en haut, jugea > sage de désigner son suecesseur, afin que s'il lui arrivait ‘» malheur, ceux qui étaient restés à l’intérieur du royaume, » sachant à qui le pouvoir suprême était légué, ne pussent être » exposés à des troubles fâcheux ; considérant que les puis- » sances voisines pouvaient être animées à mon égard de mau- » vais vouloir, j'ai désigné pour mon successeur mon fils An- » tiochus, que j'ai souvent recommandé à beaucoup d’entre » vous ; et je lui ai écrit ce qui suit (Ici était sans doute copiée » la dépêche d'Épiphane à son fils).

» Je vous prie donc de montrer publiquement, et chacun en » particulier, que vous n'avez pas oublié nos bienfaits, et de » vous comporter en fidèles sujets à mon égard et à celui de » mon fils. J'ai en effet la confiance qu’il se conduira avec mo- » destie et humanité et que, suivant mes conseils, il vous té- » moignera toute bienveillance. »

Ainsi ce roi sanguinaire et blasphémateur, atteint d’un mal affreux, fut traité comme il avait traité les autres, et périt misérablement, loin de son pays, dans les montagnes.

Philippe, l’ami d'enfance du Roi, rapporta à Antioche le corps de son maître ; mais craignant le fils d’Antiochus et Lysias, il s’enfuit en Égypte, auprès de Ptolémée Philométor ‘.

Il n’est que trop manifeste que nous venons d'analyser une sorte de narration d’écolier ; mais que dire de ce que nous trouvons, touchant la mort d’Antiochus, au 1° chapitre du même livre ? Si un seul auteur avait écrit intégralement ce livre, y

1, II Machab., ch, IX entier,

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aurait-il l’ombre de possibilité de concilier deux récits aussi différents d’un seul et même fait? Le lecteur en jugera. Voici donc ce que contient à ce sujet cet étrange 1° chapitre’.

« Délivrés de grands périls par la protection de Dieu, nous » lui rendons de magnifiques actions de grâce, nous qui avons » eu à combattre contre un pareil Roi; car c’est lui qui du fond » de la Perse a lancé ceux qui ont combattu contre nous et con- » tre la cité sainte. Mais pendant qu'il était en Perse à la tête » d’une armée immense, il a péri dans le temple de Nanea*, » victime de la duplicité des prêtres de cette déesse. Antiochus » se rendit en effet à ce temple, avec ses amis, pour célébrer » son mariage avec la déesse, et recevoir, à titre de dot, les » trésors entassés dont le sanctuaire. Les prêtres de Nanea les » lui avaient fait voir. [Il pénétra donc dans le Téménos, suivi » de peu de personnes et les portes du temples se refermèrent » aussitôt. Puis ouvrant un passage secret qui donnait accès » dans le temple même, les prêtres tuèrent, à coups de pierres, » Antiochus et ses compagnons ; ils lacérèrent leurs cadavres, » et après les avoir décapités, ils les jetèrent hors de l'enceinte » sacrée *. »

Nous le demandons à tout lecteur sans parti pris, ce récit concordant avec celui de Polybe, peut-il concerner un autre Antiochus qu'Antiochus IV Épiphane? N'’est-il pas encadré entre des faits exclusivement relatifs au règne d’Antiochus Ébpiphane ? Frœlich * s’est vainement évertué à appliquer ce récit bizarre à la mort d'Antiochus VII Sidètes-Évergète, arrivée vers l'an 127 avant J.-C. Nous verrons plus tard que cette expli-

1. Chacun sait que c’est une lettre écrite aux Juifs résidant en Égypte, par leurs frères établis à Jérusalem, pour les engager à célébrer, par une fête annuelle, le souvenir de la purification du temple. Cette lettre est datée de l’an 188 (de l’ère des Séleucides, 125 av. J.C.).

2. Nanea. C’est la déesse Anaïtis ou Anæa des Orientaux, assimilée par les Grecs à leur Vénus ou à leur Diane, grâce aux attributs multiples de cette divinité essen tiellement asiatique.

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