Machab.X, v
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reit à donner, au point de vue de l’exactitude, la préférence au texte du sénatus-consulte, inséré dans le I‘ livre des Machabées, sur celui que Josèphe nous a transmis et qui paraît contenir de véritables contresens. :
Quoi qu’il en soit, c’est en l'an 160 av. J.-C. que ce décret fut promulgué.
Pendant que les négociations avaient lieu à Rome, entre le Sénat et les ambassadeurs de Judas Machabée, pour amener la conclusion du traité d'alliance dont nous venons de nous occuper, Démétrius apprit avec fureur la défaite de son armée et la mort de Nicanor. Avide de vengeance, il envoya en toute hâte contre les Juifs une nouvelle armée commandée par Bacchides. Celui-ci alla d’abord camper à Arbela de Galilée ‘.
Dans les grottes existant à proximité de cette bourgade, beaucoup de Juifs s'étaient réfugiés et fortifiés. Bacchides vint à bout de les réduire, et prit ensuite, en toute hâte, le chemin de Jérusalem. Informé chemin faisant, que Judas avait pris position dans le bourg de Bethzétho * le général syrien se dirigea contre lui, avec 20, 000 fantassins et 2, 000 cavaliers. Judas n'avait avec lui que 1,000 combattants (trois mille, dit le livre des Machabées qui est certainement dans le vrai). A la vue de l’armée énorme à laquelle ils allaient avoir affaire, presque tous les Juifs prirent peur et abandonnèrent le camp. Huit cents hommes seulement restèrent à leur poste.
Judas se voyant ainsi abandonné des siens, au moment où 1l avait l'ennemi sur les bras, comprit qu'il n’avait plus le temps de prendre un autre parti que celui de vendre sa vie le plus chèrement possible. Il exhorta donc ses fidèles à se conduire et à
1. Arbela, c’est l’Irbil de nos jours. Les grottes dont il est ici question sont les mêmes qui plus tard furent attaquées par Hérode. Ces grottes sont bien connues aujourd’hui.
2, Nous avons déjà dit plus haut que cette localité nous était inconnue.
3. S'il n'y avait eu que 1,000 hommes avec Judas comment presque tous a yant fui
en serait-il resté 800? Il y a là incontestablement une incorrection due à quelque erreur de copiste.
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mourir en hommes de cœur; puis il leur donna le signal du combat; mais ceux-ci lui déclarèrent qu’il n'était pas possible de se mesurer avec une si grande armée, qu’il valait beaucoup mieux se retirer et se sauver du danger présent, pour réunir plus tard toutes ses forces et tomber alors sur l’ennemi. « Moi fuir! s’écria » Judas, jamais, à la face du soleil, je ne montrerai le dos à » l'ennemi; si mon heure est venue, s’il faut de toute nécessité » mourir, si je combats, je suis prêt ; quoi qu'il puisse m'arri- » ver, je ne ternirai pas, par une fuite honteuse, la gloire que » tant de hauts faits nous ont value ! » Cette courte harangue terminée, il essaya de relever leur courage *.
Pendant que celase passait au camp des Juifs, Bacchides avait fait sortir son armée et se préparait à engager la bataille. Il avait placé sa cavalerie à l’extrémité de chacune de ses ailes; ses archers et ses frondeurs déployés en tirailleurs, devaient précéder la phalange ; etil s'était réservé le commandement de l'aile droite. Lorsque toutes ces dispositions furent prises, 1l donna l’ordre de sonner la charge, et de marcher en avant, en poussant de grands cris. Il n’y avait plus d’hésitation possible et Judas accepta bravement le combat, malgré l’effrayante disproportion de ses for-
.ces. Jusqu'au coucher du soleil on se battit de part et d'autre, avec un acharnement sans pareil. Ce fut à cette heure que Judas apercevant Bacchides à l’aile droite de l’ennemi, rallia les plus vaillants de ses soldats, et se rua sur cette partie de la ligne des
4. À. J. XII. XI. IL. — I, Machab. IX, v. 1 à 10. L'écrivain sacré prétend qu'Alcimus accompagnait Bacchides. Is prirent la route de Galgala (est-ce la localité de ce nom placée près de Jéricho ? c'est possible, mais bien douteux ?) Ils vinrent camper à Masaleth qui est à Arbelles (Masaleth est peut-être le nom des cavernes d'Arbella). Ils s’en rendirent maîtres, après un grand massacre; et le 1er du mois de l'an 152 (161 av. J.-C.), ils se mirent en marche sur Jérusalem. Ils arrivèrent ainsi à Berean (il faut probablement lire ici Bethsan), avec 20,000 hommes d'infanterie et 2,000 cavaliers. Judas avait pris position avec 3,000 hommes à Laisa (Laisa ce serait Banias ; or ces marches des deux années ne s'accordent guère), Presque tous les soldats de Judas l’abandonnèrent, à l'exception de 800 hommes. Le reste est conforme au récit de Josèphe qui s’est certainement servi du Ier livre des Machabées.
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Syriens. En un clin d'œil l’aile droite était enfoncée; le désordre s’y mit immédiatement et la fuite des Syriens commença. Judas et les siens les poursuivirent l’épée dans les reins jusqu’à la montagne qui porte le nom d’Aza ?.
Malheureusement l’aile gauche voyant l’aile droite en déroute, fit un mouvement de conversion et marchant rapidement sur les talons de Judas, le plaça ainsi entre deux feux. Il n’y avait plus dès lors moyen de se tirer de là, et nos héros s’arrétêrent, faisant face avec vaillance au cercle de fer qui les étreignait. Mais que peut la bravoure contre le nombre? L'heure fatale avait sonné pour Judas. Accablé de fatigue, écrasé sous les coups d’une nuée d’assaillants acharnés à sa perte, Judas criblé de blessures, tomba enfin pour ne plus se relever. À la vue de cet affreux malheur, les fidèles compagnons de Judas ne se sentant plus soutenus par la présence du héros qui tant de fois les avait guidés à la victoire, se débandèrent et cherchèrent leur salut dans la fuite.
Siméon et Jonathas, frères de Judas, obtinrent par traité la remise de son corps, et le transportèrent à Modiim, dans le sépulcre où reposaient déjà les restes de leur père. Le deuil fut général, et les funérailles de Judas furent célébrées avec la plus grande solennité.
Ainsi finit l’existence de cet admirable homme de guerre, qui était si fidèle aux recommandations de Matathias et qui s'était dévoué avec enthousiasme, corps et âme, à la liberté de son peu- -ple. Sa gloire et son nom vivront éternellement dans le souvenir des hommes ; car ce fut lui qui arracha sa patrie au joug des Macédoniens. Lorsqu'il mourut, il avait pendant trois années exercé les fonctions de souverain pontife (161 av. J.-C.) ?.
4. Aza, ACG. Dans le 4er livre des Machabées on lit Azôt ; mais ce doit être une erreur, car Azôt était bien loin de Laisa ou Banias, à dix journées de marche au moins ! C’est peut-être Azor qu'il faut lire.
2. À. J. XII. XI. 2— B. J. I. 1. 6. — Onle voit, Josèphe persiste à dire que Judas a étérevêtu de la dignité de grand prêtre, — I. Machab. IX, v. 11 à 22. Ici la poursuite de l'aile droite a eu lieu : wsque ad montem Azoti. De plus, l'expres-
La mort de Judas rendit leur énergie à tous les bandits et à
tous les apostats qu'il avait si longtemps tenus en respect. Recommencer leurs attaques contre les Juifs, à titre de vengeance, fut pour eux un bonheur. Si l’on joint aux maux qu'ils faisaient endurer à la Judée, les horreurs de la famine qui sévissait cruellement dans tout le pays, on aura l'explication, hélas! trop na- turelle, des nombreuses défections qui entraïnèrent une foule de malheureux dans le parti des Macédoniens. Bacchides, pour encourager ces lâchetés de la misère, accueillit tout ce monde ‘avec bienveillance, et choisit dans leurs rangs les administrateurs du pays. Ceux-ci lui témoignèrent leur reconnaissance par un crime. Ils se saisirent de tous les amis, de tous les partisans haut placés de Judas, et les livrèrent à Bacchides, qui se hâta de les envoyer au supplice, et de les faire mourir dans les tortures. Le peuple juif en vint promptement à trouver sa condition présente plus dure que celle dont il avait souffert, au retour de la captivité de Babylone, et les derniers vivants des partisans de Judas vinrent supplier son frère Jonathas * de prendre son glorieux frère pour exemple, et de ne pas laisser sans défenseur une malheureuse nation qui s’en allait mourant. Jonathas leur répondit qu’il était prêt à donner sa vie pour eux, et les Juifs le jugeant à la hauteur du chef qu'ils avaient perdu, lui conférèrent aussitôt la dignité de stratège de l’armée nationale *.
Aussitôt que Bacchides eut vent de cette élection, il craignit tout naturellement qu’elle ne devint une nouvelle source d’embarras pour le Roi, son maître, et pour le gouvernement des Ma-
cédoniens. Ii n'eut donc plus qu’un désir, celui de tendre à Jonathas un guet-apens dans lequel il perdrait la vie. Heureusement ce dessein de Bacchides fut aisément deviné par Jonathas et par Siméon son frère. Ils se hâtèrent donc de réunir tous leurs
sion dont se sert l'écrivain sacré, à propos de la remise du corps de Judas à ses frères, est: Et tulerunt (Jonathas et Siméon) Judam fratrem suum, et sepelierunt eum. Cela n'implique rien de contradictoire avec le récit de Josèphe.
1. Son véritable nom judaïque s’écrivait Jonathan, ou mieux. Iehounathan.