‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 86 sur 110 · ÀA.J, XIII. I. 6. — I. Machab. IX, v. 70 à · texte numérisé non relu

ÀA.J, XIII. I. 6. — I. Machab. IX, v. 70 à

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En l’an 160 de l’ère des Séleucides (153 av. J.-C.) une nouvelle révolution vint bouleverser la Syrie. Depuis plusieurs années déjà, Démétrius s'était attiré la haine de ses sujets. Le peuple d'Antioche fatigué des folies d'un Roi qui ne songeait qu’à ses plaisirs, avait jeté les yeux surle jeune Alexandre, fils d’Antiochus IV Épiphane, qui était alors élevé à Rhodes, et il l'avait fait accompagner à Rome par l’orateur Héraclides, pour faire valoir, devant le Sénat, ses droits à la couronne (155 av. J.-C.). Pour parer ce coup inattendu, Démétrius avait envoyé de son côté son fils Démétrius encore enfant, afin de contrebalancer l'influence d'Alexandre, et d’entraver ces démarches que soutenaient Ptolémée Philométor, roi d'Égypte, Attale, roi de Pergame, et Ariarathes, roi de Cappadoce.

Cet Alexandre surnommé Balas ou Ballès, était-il fils légitime, ou simplement bâtard, ou même fils supposé d’Antiochus IV? C’est ce qu’il est impossible de deviner, au milieu du désaccord des historiens profanes; mais peu nous importe! et nous n'avons à nous occuper que du rôle important qu’il a joué dans l’histoire de Syrie. |

En l’au 160 (153 av. J.-C.), Héraclides avait obtenu du Sénat un décret qui conférait à Alexandre le titre d’ami des Romains, et l’autorisait à revendiquer le trône de son père, Antiochus Épiphane. Le Sénat alla même jusqu’à lui promettre son appui. Il partit donc de Rome, vint débarquer à Ptolémaïs, où il fut accueilli avec enthousiasme par la population, et maître de cette seule ville, il commença à jouér le rôle de Roi.

Maintenant laissons parler Josèphe : la garnison syrienne de Ptolémais était hostile à Démétrius, dont l’orgueil était insupportable, et l'accès à peu près impossible. Elle prit immédiatement le parti du prétendant Alexandre, contre un fantôme de Roi qui passait sa vie enfermé dans une forteresse qu’il avait fait construire près d’Antioche, ne recevant personne et négligeant de la façon la plus complète les affaires de l’État !.

D Je XIII II, 1, — [: Machab. X, v. 1.

Aussitôt que Démétrius connut le débarquement et l’installation d'Alexandre à Ptolémaïs, il sortit de son apathie ; la peur le prenait. Il rassembla toutes ses troupes et marcha contre l'homme qui voulait lui ravir le pouvoir dont il faisait un si pitoyable usage. Il était important de ne pas compter Jonathas dans le camp deson adversaire et il comprenait qu'Alexandre ne manquerait pas de s’en faire un auxiliaire. Il lui dépêcha donc des ambassadeurs, pour lui demander sa bienveillance et son appui. N’avait-il pas à craindre en effet que Jonathas ne se souvint de tout le mal qu'il avait fait au peuple juif, pour saisir avec joie l’occasion de le lui rendre, en combinant ses forces avec celles du prétendant? Il lui mandait donc de lever des troupes et de reprendre les otages que Bacchides avait enfermés dans Akra. Aussitôt cette dépêche royale arrivée, Jonathas courut à Jérusalem et en donna lecture au peuple et à la garnison de la citadelle. Cette lecture jeta l’effroi parmi les apostats et les transfuges établis dans Akra. La permission donnée par le Roi à Jonathas, de lever une armée, et de reprendre les otages, n'était-ce pas leur perte assurée? Il fallut pourtant obéir et les otages furent rendus à leurs familles. Ce fut ainsi que Jonathas rentra à Jérusalem, qu’il s’empressa de relever de ses ruines, et de remettre en état de défense. Alors les garnisons des différentes forteresses de la Judée les évacuèrent en hâte et s’enfuirent à Antioche, à l'exception de ceux qui occupaient Bethsoura et Akra ; presque tous en effet étaient des Juifs apostats et des transfuges, qui n'avaient rien à gagner, en désertant leur poste f. |

Alexandre eut promptement connaissance des promesses que Démétrius avait faites à Jonathas ; il savait d’ailleurs ce que valait celui-ci comme général ; il n'ignorait rien de tout ce qu’il avait

1. A. J. XIII. IT. I. — I. Machab. X, v. 2 à 14; au verset II nous lisons : Et dixit facientibus opera ut extruerent muros, et montem Sion in circuitu, lapidibus qua- . dratis, ad munitionem; et ita fecerunt.

Puis plus bas, v. 14: Tantum in Bethsura remanserunt aliqui ex his qui reliquerant legem et præcepta Dei ; erat enim hæc eis ad refugium.

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souffert de la part de Bacchides, et de toutle mal qu'il avait fait lui-même aux Macédoniens, dans les dernières années; aussi répétait-il souvent à ses amis, qu'il ne pourrait jamais trouver en l'occurrence où il était placé, un allié plus précieux que Jonathas. Pour s’en faire un ami, il n’y avait rien de plus aisé que de l'inviter à conclure un traité d’alliance ; car il ne pouvait avoir perdu la mémoire des outrages dont il avait été abreuvé tant de fois, par Démétrius. De leur côté, les partisans d'Alexandre devaient reconnaître la justesse de ce raisonnement, et il fut arrêté, entre eux, d’un commun accord, qu’une ambassade irait trouver Jonathas, et lui porterait une lettre ainsi conçue :

« Le Roi Alexandre à son frère Jonathas, salut ! Depuis long- » temps nous connaissons ta valeur et ta loyauté ; nous n’hési- » tons donc pas à te proposer notre amitié et notre alliance. A » partir de ce jour, nous te faisons pontife des Juifs, et nous » voulons que l’on t’appelle notre ami. J’ai voulu en outre t’en- » voyer des présents dignes de toi; c’est-à-dire une robe de » pourpre etune couronne d’or. Nous te conjurons, toi que » nous honorons à ce point, de montrer les mêmes sentiments » à notre égard ‘!. »

Jonathas, une fois en possession de cette lettre, revêtit la robe pontificale, au moment où la fête des Tabernacles allait commencer, quatre ans après la mort de son frère Judas. Personne n'avait exercé le souverain pontificat, pendant ces quatre années. Il rassembla une puissante armée et fit fabriquer des armes en quantité ?. |

Le livre des Machabées est plus précis chronologiquement parlant; voici comment il s'exprime: Æt induit se Jonathas stola sancta, septimo mense, anno centesimo sexagesimo, in die solemni scenopegiæ, et congregavit exercitum et fabricavit arma co-

piosa 3,

4. À. J. XIII. IT. 2, — I. Machab. X, v. 15 à 20. on J XIII II33; 8. I. Machab. X, v. 21.

L'an 160 de l’ère des Séleucides correspond à l’an 153 av. J.-C. Le 6 mois se trouve compris dans août et septembre. Nous sommes donc bien fixés sur la date de l’intronisation de Jonathas comme grand prêtre.

Si quatre ans s'étaient écoulés depuis la mort de Judas, celuici aurait été tué en 157 avantJ.-C. (156 de l'ère des Séleucides); or nous avons été forcés de placer la mort de Judas en l’an 161 av. J.-C. L’assertion de Josèphe sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, n’a donc aucune valeur.

Lorsque Démétrius apprit les relations amicales qui venaient de s’établir entre Alexandre et Jonathas, il en fut affligé et démoralisé, tout à la fois. Il se reprochait amèrement la lenteur qu'il avait mise à solliciter l’amitié du chef juif; c'était par sa faute qu'Alexandre avait pu prendre les devants, et s'assurer par les larges concessions qu'il avait faites, la bienveillance de Jonathas. Il ne se tint cependant pas pour battu, et écrivit au peuple juif et à son chef une lettre ainsi conçue:

« Le roi Démétrius à Jonathas, et au peuple juif, salut !

» Puisque vous êtes restés fidèles à Lamitié qui s'était établie » entre nous, et n’avez pas pris le parti de nos ennemis, malgré » leurs séductions, je loue votre loyauté, et je vous conjure de » persévérer dans ces sentiments de droiture, dont vous recevrez » certainement de nous la juste récompense. En effet je vous » exonérerai de tous les tributs et de-toutes les redevances que » vous avez payées aux Rois, mes prédécesseurs, et à moi-même. » Je vous relève, dès à présent, de tousles impôts que vous avez » eu de tout temps à payer à ma couronne. En outre de cela, et » à partir de ce jour, je vous affranchis des droits sur le sel; je » vous dispense de l’offrande des couronnes que vous aviez l’ha- » bitude de me donner, et je vous dispense de me payer, comme » d'habitude, le tiers des récoltes, et la moitié des fruits de vos » arbres. La capitation qui m'était due par tous les habitants de » la Judée, et des trois Toparchies voisines, à savoir la Samarie, » la Galilée et la Pérée, je vous en affranchis à tout jamais. Je

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veux que la ville de Jérusalem soit sacrée et inviolable, et que son territoire toutentier soit exempt de la dîime et des impôts. Quant à Akra j'en fais la remise à votre grand prêtre Jonathas ; qu'il y établisse, comme garnison, les plus fidèles et les plus dévoués de ses soldats, afin qu'ils nous en conservent eux-mêmes la possession. Tous les Juifs qui ont été faits prisonniers, pendant la guerre, et qui servent comme esclaves dans toute l'étendue de nos États, nous les déclarons libres, et nous vous les renvoyons. Nous ordonnons que tout le bétail appartenant aux Juifs soit à l’abri de toute réquisition.

. Les jours du sabbat, toutes les fêtes et Les trois jours qui pré-

cèdent ces fêtes, resteront exempts de tout péage. Semblablement nous permettons aux Juifs établis dans notre royaume, de retourner dans leur pays librement et à l’abri de toute injure. Quant à ceux qui voudraient servir dans nos armées, nous les y autorisons, et nous consentons à en admettre jusqu’au nombre de trente mille. Ils recevront, en quelque lieu qu'ils soient envoyés, la même solde que nos autres soldats. Un certain nombre d’entre eux seront placés dans les villes fortes, les autres deviendront mes propres gardes du corps, et je leur donnerai l’autorité sur tous ceux qui vivent dans mon palais. Je leurs permets en outre de vivre sous l’empire exclusif des lois de leurs pères, et de les observer fidèlement. J'entends qu'ils soient investis du gouvernement des trois provinces attribuées à la Judée, et que de plus le grand prètre veille à ce qu'aucun Juif n’ait d'autre temple, pour adorer son Dieu, que le temple qui est à Jérusalem. J’alloue, en outre sur mon trésor royal, 150,000 drachmes par an pour les frais du culte, et tout ce qui pourra être économisé sur cette somme, vous restera en toute propriété. Les dix mille drachmes de revenu que le temple était tenu de verser entre les mains du Roi, je vous en fais l’abandon ; entendant qu'elles soient affectées à la rémunération des prêtres qui officient dans le temple. Quiconque se sera réfugié dans le hiéron de Jérusalem, et dans

292 es LES MACHABÉES.

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» ses dépendances, soit parce qu’il était débiteur du fisc, ou pour » toute autre raison quelconque, est et demeure amnistié, et ses » propriétés seront respectées. Je permets que le temple soit ré- » paré et achevé, m’engageant à fournir, sur mon trésor royal, » les sommes nécessaires pour subvenir aux dépenses de ces » travaux ; de plus je vous accorde le droit de reconstruire les » murailles de la ville, et d’y placer des tours élevées, et cela ex- » clusivement à mes frais. Si enfin il y a quelque place forte qu’il » vous semble bon de mettre en état de défense, pour la sécurité « de la Judée, j'ordonne que ces travaux soiententrepris et ache- » vés à mes frais!. » |

Telles étaient les promesses pompeuses à l’aide desquelles Démétrius espérait détacher Jonathas et les Juifs, du parti d’Alexandre. Ces promesses étaient-elles sincères? nous l’ignorons : mais ce dont nous ne pouvons douter c’est que ceux auxquels elles étaient adressées n’y ajoutèrent aucune créance. Le I“ livre de Machabées est parfaitement explicite sur ce point. Voici en effet ce que nous y lisons (X. 46 et 47): Uf audivit autem Jonathas et populus sermones 1stos, non crediderunt eis, nec acceperunt eos; quia recordati sunt malitiæ magnæ quam fecerat in

4. A. J. XIII. II. 3. — I. Machab. X, v. 22 à 45. Le teneur de la lettre de Démétrius est à peu près identique dans les deux versions ; seulement aux versets 34 et 35 nous lisons ceci qui nous paraît plus complet: Et omnes dies solemnes, et sabbatha, et neomeniæ, et dies decreti, et tres dies post diem solemnem, sint omnes immunitatis et remissionis omnibus Judæis qui sunt in regno meo — et nemo habebit potestatem agere aliquid et movere negotia contra aliquem illorum in omni causà.

Puis au verset 39: Péolemaïda et confines ejus quas dedi donum sanctis qui sunt in Jerusalem, ad necessarios sumtus sanctorum. — Il est dit ensuite : 40. Et ego dabo singulis annis quindecim millia siclorum argenti de rationibus Regis, quæ me contingunt … 42, Et super hæc quinque millia siclorum argenti, quæ accipiebant de sanctorum ratione per singulos annos, et hæc ad sacerdotes pertineant qui ministerio funguntur. Comparons un peu les chiffres stipulés dans les deux versions ; d’un côté nous trouvons 15,000 et 10,000 drachmes; de l’autre 15,000 et 5,009 sicles d'argent, Si 5,000 sicles équivalent à 10,000 drachmes, ces sicles d'argent sont évidemment des didrachmes ; mais alors comment 15,000 de ces sicles pourraient-ils faire plus de 30,000 drachmes ? De quelque manière qu'on s’y prenne, il faudra toujours que, relativement aux premières sommes énoncées, le sicle d'argent équivale à 10 drachmes. Nous ne nous chargeons pas de comprendre, ni encore moins d'expliquer ce désaccord entre les deux textes, numismatiquement parlant.

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Israël, et tribulaverat eos valde ; et complacuit eis in Alexandrum, quia ipse fucrat eis princeps sermonum pacs, et ipsi auxilium ferebant omnibus diebus.

Il était bien naturel, en effet, que les Juifs eussent vivant dans le cœur le souvenir sanglant de tout le mal que leur avait fait naguère le prince qui ne semblait venir à résipiscence, que parce qu'il se sentait dans un danger terrible.

Alexandre, cependant, n'avait pas perdu de temps; il avait déjà, sous la main une puissante armée, composée en partie de mercenaires, en partie des soldats syriens qui avaient déserté le drapeau de Démétrius, pour passer sous le sien. Il n’hésita donc pas et marcha droit à Démétrius. La bataille s’engagea, et l’aile droite de Démétrius parvint à enfoncer l’aile gauche d’Alexandre, dont les soldats prirent la fuite, longtemps poursuivis par les vainqueurs, qui leur tuèrent beaucoup de monde, et envahirent leur camp qu’ils livrèrent au pillage. Il n’en fut pas ainsi de l'aile droite où se tenait Démétrius en personne ; celle-ci subit le même sort qu'avait subi une partie de l’armée d’Alexandre, et les soldats qui la composaient prirent la fuite. Démétrius se défendit comme un lion, tua plusieurs ennemis de sa main, et pendant qu'il se lançait à la poursuite de quelques autres, il se laissa entraîner dans un bas-fonds difficile à franchir; là son cheval s’abattit, et Démétrius ne pouvant se dégager, fut tué. En effet à la vue de cet accident, tous ceux qu'il chassait devant lui, étaient revenus sur leurs pas, l'avaient entouré et acablé de traits. Il avait néanmoins réussi à se relever, lorsque succombant sous la douleur des blessures dont il était cribié, il roula à terre pour ne plus se relever. Ainsi mourut Démétrius, après onze ans de règne *. |

Si nous en croyons Justin”, dans une première bataille qui eut lieu, en 152 av. J.-C., entre les armées de Démétrius et d’Alexandre, celui-ci fut vaincu et se vit forcé de battre en retraite. L’au-

LATE XIII. II. 4. — I. Machab. X, v. 48 à 50. HHbünsl. 35, c. 2

teur du I‘ livre des Machabées ne fait nulle mention de cette première bataille, et Josèphe semble la confondre avait celle qui n'eut lieu que l’année suivante, et dans laquelle Démétrius perdit la vie. Ce qui rend cela plus que probable, c’est la circonstance étrange dont nous lui avons emprunté le récit, que, dans la même affaire, l’aile gauche d'Alexandre aurait été mise en déroute, tandis que son aile droite restait victorieuse, et parvenait à tuer Démétrius lui-même.

Quoi qu'il en soit des monuments d’une autorité irrécusable, nous voulons dire les monnaies datées de Démétrius Soter, prouvent que Démétrius vivait encore au commencement de l’automne de l’an 151 av. J.-C., mais n’existait déjà plus au printemps de l’année suivante.

Nous avons déjà parlé plus haut d’Onias, fils du grand prêtre Onias IIL, et nous avons dit qu’il s'était retiré en Égypte, parce que la dignité pontificale avait été enlevée à sa famille. Après y avoir séjourné quelques années, il sollicita du roi Ptolémée Philométor, et de la reine Cléopâtre, sa sœur et sa femme, l’autorisation de bâtir en Égypte un temple semblable à celui de Jérusalem. Il appuyait sa requête sur ce fait que le prophète Isaïe ! qui vivait six cents ans auparavant, avait prédit qu’un temple serait élevé au Tout-Puissant, en Égypte, et par un Juif. Josèphe nous a conservé le texte de la supplique dans laquelle Onias débute par rappeler au Roiï et à la Reine les services nombreux qu'il leur a rendus, dans la carrière militaire. Il demande donc comme récompense, qu’il lui soit permis d'élever un temple au Dieu des Juifs, près de Léontopolis, ville de la préfecture d’'Héliopolis, au lieu nommé Bubastis l’Agreste.

1. Voicile passage d'’Isaïe (XIX, v. 18 et 20) auquel Josèphe fait allusion : « 18. En ce jour il y aura en Egypte cinq villes qui parleront la langue de Kenâan, et qui jureront par Jéhovah Sebaouth; on nommera l’une : ville de Heresse (a).

» 19. En ce jour là il y aura un autel pour Jéhovah au milieu du pays d'Égypte, et une stèle près de sa frontière (consacrée) à Jéhovah.

(a) Ce nom est curieux en ce que D} (au lieu de Dn) signifie soleil, et rappelle Héliopolis, et que l'arabe héras ou heres, signifiant LION dévorant, rappellerait Léontopolis. Ces rapprochements sont bizarres.

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Josèphe nous a également conservé le texte de la réponse de Ptolémée à Onias, et nous y remarquons, avec une certaine surprise, une phrase où le monarque demande à Onias si son Dieu aura pour agréable un temple élevé dans un lieu impur et rempli d'animaux sacrés. « Du reste, dit-il en terminant, puisque tu » allègues que le prophète Isaïe a prédit cela depuis des siècles, » nous t’autorisons à faire ce que tu désires, s’il n’y a rien en » ce fait de contraire à la loi judaïque, parce que nous ne vou- » drions en rien passer pour avoir commis une offense à l’égard » de Dieu. »

Une fois muni de cette autorisation Onias bâtit un temple et un autel de Jéhovah, sur le même plan que ceux de Jérusalem, mais petit et pauvre ; puis il y installa des prêtres et des lévites, chargés d’y officier, comme on le faisait dans la ville sainte‘.

Notre historien rend compte ensuite d’une violente discussion qui s’éleva, dans la même année, entre les Juifs et les Samaritains résidant à Alexandrie. Chacune des deux nations prétendait que ie temple qui lui appartenait, à Jérusalem, pour les premiers, et sur le mont Garizim, pour les seconds, était le seul qui eût été édifié par les ordres de Moïse. Le Roi d'Égypte fut pris pour arbitre et les parties convinrent qu’à la suite de cet étrange procès, ceux qui l’auraient perdu seraient condamnés à mort. Les avocats des Samaritains furent Sabbæus et Theodosius ; celui des Hébreux fut Andronic, fils de Messulam. Andronie prit le premier la parole et son plaidoyer facile d’ailleurs, grâce aux preuves multiples dont il avait les mains pleines, convainquit si bien le Roi de la bonté de sa cause, que Sabbæus e° Theodosius, sans plus ample information, furent condamnés au supplice *.

Une fois débarrassé de son rival, Alexandre ne trouva plus d'obstacles devant lui, et se vit bientôt maître de toute la Syrie. Pour affermir plus encore le trône qu’il venait de conquérir, il

DA. XIII. III. 4 à.3 — (150:av. J.-C.).

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