‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 88 sur 110 · Machab IX, #4 à · texte numérisé non relu

Machab IX, #4 à

2. Il y a nécessairement une erreur ici, et ce ne peut être à Ptolémaïs que Ptolémée faillit être assassiné, puisque le fleuve Éleuthèrus est bien loin de Ià, au nord.

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en effet, avait affreusement maltraité beaucoup d’entre eux, Ammonius fut activement recherché par la multitude qui eriait vengeance. [leut beau se travestir en femme, pour échapper à l'orage qui grondait sur sa tête coupable ; il fut reconnu et mis en pièce !.

Ainsi voilà Josèphe qui met l’infamie sur le compte d’Alexandre, sans avoir au bout de sa plume un reproche pour Ptolémée Philométor. D'un autre côté, le [°° livre des Machabées fait de Ptolémée un misérable ambitieux, et un traître ! lequel des deux est dans la vérité? Tous les deux probablement. En tous cas nous n'hésiterions pas à donner la préférence à la version du livre des Machabées, si nous avions à choisir; dans le doute, nous aimons mieux croire à la perfidie du gendre et de son digne beau-père, et nous ne craignons guère de nous tromper. Mais revenons à l'historien Josèphe.

Ptolémée furieux d’avoir donné sa fille en mariage à Alexandre, et d’avoir pris le parti de celui-ci.contre Démétrius, se dé- - cida à rompre avec son gendre. Il enleva d’abord sa fille, puis il écrivit à Démétrius pour lui proposer, non seulement un traité d’allianceet d'amitié, mais encore pour lui offrir la main de cette même fille, et lui promettre qu'il le remettrait en possession du royaume de son père. Démétrius ravi de ces ouvertures inespérées, accepta tout avec empressement, le traité d'alliance comme la femme. Toutefois le plus difficile restait à faire pour Ptolémée ; c'était de décider le peuple d’Antioche à reconnaître pour Roi le fils du souverain dont il avait tant à se plaindre. Mais le Roi d'Égypte était un fin diplomate, et il réussit au gré de ses désirs. Nous avons dit que les habitants d’Antioche, en haine d’Ammonius, s'étaient mis à détester le prince dont ce misérable était le favori; il fut donc assez aisé de les pousser à chasser Alexandre. Expulsé honteusement de sa capitale, celuici s'enfuit en Cilicie.

d'A Jr XIII IV. 6.

Lorsqu'il fit son entrée à Antioche, le Roi Ptolémée fut proclamé roi par la population et par l’armée, et il se vit forcé de ceindre sa tête de deux diadèmes, l’un pour l'Asie, l’autre pour l'Égypte. Mais comme il était naturellement bon et juste, que, d'ailleurs, 1 avait horreur du bien d'autrui, et qu'il savait prévoir avec prudence les événements de l’avenir, il se décida à renoncer à la couronne d’Asie, pour ne pas se mettre mal avecles Romains. Il convoqua donc le peuple d’Antioche, et l’exhorta à prendre pour Roi Démétrius, leur donnant l’assurance que ce

prince, par reconnaissance pour un si grand bienfait, leur par-

donnerait tout le mal dont ils s'étaient rendus coupables envers son père. Il ajouta qu'il était décidé à maintenir, par ses conseils, leur futur souverain dans la bonne voie, et que si, d'aventure, il le voyait former quelque mauvais dessein, il ne lui permettrait pas de l’exécuter. Il finit en affirmant que, quant à lui, le royaume d'Égypte lui paraissait bien suffisant. Cette harangue produisit son effet: la population d’Antioche acclama Démé-

trius, et se prépara à le bien recevoir !.

Cette crainte des Romains, dont Josèphe affecte de ne parler qu’en passant, nous paraît le nœud de toute cette intrigue. Incontestablement, à notre avis, Ptolémée avait conçu l'espérance de s'approprier le royaume de Syrie. Mais il avait. peur de s’aliéner le Sénat, et lorsqu'il fut arrivé au but, il eut la prudence de reculer (146 av. J.-C.).

Nous avons dit tout à l’heure qu'Alexandre, expulsé de la Syrie, avait réussi à gagner les côtes de la Cilicie. Il parvint non seulement à s’y maintenir, mais encore à rassembler autour de lui des forces assez imposantes pour qu’il se crût en mesure

4. A. J. XIII. IV. 7. — I. Machab. XI, v.8 à 14. Le verset 8 est ainsi conçu : Rex autem Ptolemæus obtinuit dominium civitatum usque Seleuciam maritimam, et cogiltabat in Alexandrum consilia mala, Nous trouvons ici (verset 10) dans la lettre citée comme écrite par Ptolémée à Démétrius : Pœnitet enim me quod dederim illi filiam meam ; quæsivit enim me occidere….

Si le fait allégué ainsi par Ptolémée n'était qu'un subterfuge, il est clair que Josèphe s’en est emparé pour noircir Alexandre, en blanchissant Ptolémée. Nous le répétons une fois de plus, ces deux princes se valaient très probablement,

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d’envahir, à marches forcées, le territoire d’Antioche, qu'il mit à feu et à sang ; singulier moyen de regagner l'affection de ses sujets, et de mériter qu’ils lui rendissent la couronne ! Ptolémée et son nouveau gendre Démétrius( car à ce moment le mariage de Démétrius et de Cléopâtre avait déjà été célébré) s’empressèrent de courir à la rencontre de l’envahisseur ; une grande bataille eut lieu ; ils furent victorieux, et Alexandre ne dut son salut qu'à la fuite. Ne sachant plus où chercher un asile, le malheureux prince alla se réfugier chez les Arabes; nous verrons tout à l'heure qu’il courait ainsi à sa perte.

Cette victoire coûta cher au roi Ptolémée ; pendant le combat, son cheval fut pris d’une terreur folle, en entendant les mugissements d’un éléphant. Il se cabra violemment et jeta à terre son cavalier. A cette vue les soldats d'Alexandre se ruèrent sur le Roi, et les blessures dont ils lui criblèrent la tête, le mirent à deux doigts de la mort. Il fut néanmoins secouru à temps, et dégagé par ses gardes du corps, mais en si pitoyable état, que pendant quatre jours il ne recouvra pas ses esprits.

Les Arabes avaient alors pour dynaste un prince nommé Zabel ou Zabdiel; celui-ci, pour faire sa cour à Ptolémée et à Démétrius, n’imagina rien de mieux que de les débarrasser de l'hôte qui était venu lui demander l'hospitalité. Il fit immédiatement décapiter Alexandre, et envoya sa tête à Ptolémée. Ce hideux présent arriva le cinquième jour après la chute du roi d'Égypte, au moment même où il reprenait connaissance. La nouvelle de la mort d'Alexandre, et la vue de la tête de cet infortuné, causèrent une immense joie au malade; mais cette joie infâme devait être de courte durée, car, trois jours plus tard, Ptolémée Philométor expirait lui-même, consolé de mourir, en pensant qu'Alexandre l'avait précédé dans la tombe. Get Alexandre, surnommé Balas, avait occupé le trône d’Asie pendant cinq

années consécutives! (146 av. J.-C.). Il laissait, de la reine

4. À. J. XIII. IV. 8.— I. Machab. XI, v. 14 à 18. C’est le récit du livre des Machabées qui nous donne la forme Zabdiel du nom porté par le roi des Arabes. Il nous

Cléopâtre, devenue la femme de Démétrius, un jeune fils nommé Antiochus, qui, dans la suite, reçut le surnom de Dyonisus.

Démétrius, surnommé Nicator, dès qu’il se vit solidement assis sur le trône, céda à ses méchants instincts, et commença à maltraiter l’armée de Ptolémée, oubliant qu'il avait été non seulement le compagnon d'armes, mais encore le gendre de ce monarque. Les troupes, voulant se soustraire aux mauvais traitements qui leur étaient infligés, n’hésitèrent pas à se mettre en

retraite, et regagnèrent Alexandrie. Toutefois les éléphants de l’armée restèrent en la possession de Démétrius.

Cependant le grand prêtre Jonathas avait profité de ces temps de troubles, et rassemblant toutes les forces dont il pouvait disposer, il avait commencé le siège d’Akra, la citadelle de Jérusalem, qui était toujours au pouvoir d’une garnison macédonienne, grossie par une troupe de bandits et de Juifs apostats. Les assiégés prirent d'abord peu de souci des machines de siège préparées par Jonathas, parce qu’ils avaient une entière confiance dans la force de leurs murailles; ils crurent bon, toutefois, d’aviser à ce que des secours leur fussent envoyés. Quelques hommes déterminés profitèrent donc des ténèbres de la nuit pour sortir de la citadelle, et courir annoncer à Démétrius que les Juifs avaient entrepris le siège d’Akra. Cette nouvelle l’irrita au plus haut point contre Jonathas; il se hâta d’accourir à Ptolémaïs, d’où 1l lui envoya l’ordre dese rendre sans délai dans cette ville. Le cas était grave; désobéir, c'était attirer sur la Judée toutes les horreurs de la guerre ; comparaître devant Démétrius, c'était s’exposer à un danger certain. Jonathas n'’hésita point; il connaissait du reste l’âpre convoitise des souverains grecs, et il espérait à force d’or, conjurer l'orage qui grondait sur sa tête. D'un autre côté, il ne voulait à aucun prix renoncer à débarrasser Jérusalem de cette Akra maudite. Il se décida donc à

apprend, de plus, que le roi Ptolémée mourut le troisième jour après l’arrivée de la tête d'Alexandre.

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partir accompagné des anciens du peuple, et du corps sacerdotal, mais les mains pleines de présents, d’or, d'argent et de riches vêtements. Dès qu'il fut arrivé: devant ce maître courroucé, Jonathas commença par étaler à ses yeux éblouis, les trésors qu'il voulait lui offrir, et Démétrius n’eut plus l’ombre de colère. Si bien que Jonathas, reçu avec distinction, se vit confirmer la dignité pontificale dont il avait été revêtu par les prédécesseurs du nouveau Roi.

Les transfuges d’Akra avaient cru trouver une excellente occasion de perdre Jonathas, et Démétrius ne tint aucun compte de leurs accusations. Loin de là, il accueillit la requête présentée parle prince juif, pour obtenir la souveraineté de la Judée entière et des trois toparchies de la Samarie, de la Pérée et de la Galilée, au prix de trois cents talents. Démétrius promulgua à ce sujet le décret suivant :

« Le roi Démétrius à Jonathas, son frère, et à la nation des » Juifs, salut!

» Nous vous envoyons copie de la dépêche que nous avons » adressée à Lasthènes, notre parent, afin que vous en ayez » connaissance.

» Le roi Démétrius à Lasthènes, son père, salut!

. » Nous avons décidé de témoigner à la nation des Juifs, nos » amis, notre gratitude pour la fidélité avec laquelle ils exécutent » les clauses du traité d'alliance qui nous unit; en conséquence, » nous remettons entre leurs mains les trois préfectures d’Aphe- » reim, de Lydda, et de Ramatha” qui sont détachées de la » Samarie, pour être annexées à la Judée, avec toutes leurs dé- » pendances. Nous les affranchissons des redevances perçues » par nos prédécesseurs, sur la célébration du culte dans le temple » de Jérusalem, de tous les tributs à prendre sur les fruits de la » terre et des arbres, et de tout ce qui était dû au fisc royal par les salines, ainsi que des couronnes qui nous étaient habituel-

1. /Agcoctux OÙ ’Agatoeux, n'est probablement qu'Aphraïm, situé du côté de Megiddo (el Ledjoun): Aëdda, c'est El Loud, et Papa, peut-être Ramleh?

» lement offertes. De tous ces chefs, il ne sera jamais plus rien » réclamé des Juifs. Prends soin de faire faire une copie de ce » décret, et de le remettre à Jonathas, pour qu’il soit exposé dans » un lieu apparent du temple. »

Démétrius voyant par ces concessions tout pacifié, tout danger écarté, ainsi que toute crainte de guerre immédiate, renvoya ses soldats dans leurs foyers, en diminuant leur solde, et ne conserva leur paye entière qu'aux mercenaires étrangers qu'il avait amenés avec lui de la Crète et des autres îles. Gette mesure économique lui aliéna promptement l’esprit de l’armée, | qui n’oubliait pas que les Rois, ses prédécesseurs, maintenaient aux soldats leur solde entière, même en temps de paix, afin de s’assurer leur bonne volonté et leur dévouement, pour le cas où une guerre imprévue viendrait à éclater !.

Le mécontentement de l’armée éveilla l'ambition d’un des généraux de l’armée d'Alexandre. C'était un certain Diodote, surnommé Tryphon, originaire d’Apamée. Il alla secrètement trouver l’arabe Malchus à qui avait été confiée l’éducation du jeune Antiochus, fils d'Alexandre. Il lui confia la haine à laquelle Démétrius était désormais en butte dans l’armée entière, et l’engagea à lui remettre la personne d’Antiochus, qu'il prétendait faire remonter surle trône de ses pères. Malchus ne se rendit que très difficilement à ce perfide conseil, parce qu’il n'avait pas grande confiance en Tryphon; aussi celui-ci

4. (145 av.J.-C.) À. J. XIII. IV. 9. —T. Machab. XI, v.19.à 38. Ce récit commence par constater que Démétrius prit la couronne en l'an 166 de l’ère des Séleucides (146 av. J.-C.). Ici la question des trois toparchies n’est pas très claire ; voici en conséquence la teneur du verset 28: Et postulavit Jonathas a Rege ut immunem faceret Judæam, et tres toparchias, et Samariam, et confines ejus; et promisit ei trecenta talenta. Le verset 34 relatif aux toparchies concédées, cite bien trois villes, mais n’en nomme que deux. Le voici : Séatuimus ergo illis omnes fines Judææ, et très civitates Lydiam (lisez : Lyddam) et Ramatham ; quæ additæ sunt Judææ ex samarid, et omnes confines earum sequestrari omnibus sacrificantibus in hierosolymis. Tout le reste est entièrement conforme au récit de Josèphe, et a été évidemment copié par celui-ci.

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dut-il revenir bien des fois à la charge, avant d’arriver à ses fins !.

Au moment même où Tryphon intriguait auprès du Roi Malchus, pour se faire livrer le jeune Antiochus, fils d'Alexandre Bala, le grand prêtre Jonathas renouvelait auprès de Démétrius une tentative pour se débarrasser enfin de la garnison d’Akra, et des Juifs transfuges qui en faisaient partie, ou qui occupaient toutes les petites places fortes du pays. Des ambassadeurs, munis de somptueux présents, furent envoyés au Roi de Syrie pour traiter cette question. Il va sans dire que les présents furent gracieusement acceptés, et que Démétrius promit tout ce qu’on lui demandait et plus encore, mais pour le temps où 1l serait délivré de la guerre qui, pour le moment, l’absorbait tout entier. Il eut bien soin d'ajouter qu’il y avait un moyen sûr d’accélérer la venue de ce moment si désiré, et que c'était de lui envoyer en toute hâte des auxiliaires qui pussent remplacer les troupes qui avaient déserté sa cause. Jonathas s’y laissa prendre, et s’'empressa de lui envoyer à Antioche trois mille soldats d'élite *?.

La population d’Antioche, éminemment hostile à Démétrius, à cause de lui-même, et surtout à cause de tout le mal que lui avait fait jadis son père, n'attendait qu’une occasion favorable pour se révolter contre lui. La venue des auxiliaires envoyés par Jonathas leur inspira de vives craintes ; d’autres troupes pouvaient être levées de la même manière, et constituer en peu de temps une armée redoutable, au souverain qu’il s'agissait de renverser: il fallait donc ne plus perdre de temps, et prendre les devants sans délai. On courut aux armes et l’on cerna le palais. Toutes les issues furent immédiatement gardées, et les insurgés purent croire un instant qu'ils allaient s'emparer de la personne du Roi. Celui-ci n’hésita pas un instant et lança sur le

4. A. J. XIIT. IV. IT. — I. Machab. XI, v. 39 et 40. — Ici le roi des Arabes est nommé Emalchual. Ce nom est manifestement estropié. 2. À. J. XIII. V. 2. — I. Machab. XI, v. #1 à 44.

peuple d’Antioche tous les auxiliaires juifs et autres, qu’il avait sous la main; ils commencèrent par être refoulés, tant était grande la multitude qui l’assiégeait. À ce moment les Juifs auxiliaires voyant qu'ils avaient à faire à forte partie, se postèrent sur les terrasses du palais, et de là, garantis, parla hauteur même du point qu'ils occupaient, contre les traits des assiégeants, criblèrent ceux-ci de projectiles de toute sorte, dont la portée était assurée, grâce à leur position dominante; ils eurent bientôt dégagé les alentours du palais. Les Antiochiens durent prompte- - ment évacuer les édifices voisins où ils s'étaient établis, et auxquels les Juifs ne tardèrent pas à mettre le feu. L’incendie se propagea avec une extrême rapidité, et toute la cité dont la plupart des maisons étaient bâties en bois, fut bientôt un océan de flammes. Les insurgés se voyant hors d'état de résister à ce mode d'attaque, prirent la fuite. Les Juifs alors les chassèrent devant eux, de terrasse en terrasse, eten firent un effroyable massacre. De son côtéle Roi dès qu’il pensa que ses ennemis n’avaient plus d'autre souci que de sauver leursenfants et leurs femmes, etne songeaient plus guère à se battre, fit une sortie, les prit à revers, et les contraignit à mettre bas les armes, et à se rendre à discrétion. Il eut toutefois la prudence de se montrer généreux ; il leur pardonna, et l'insurrection fut arrêtée. Les Juifs enrichis des dépouilles de leurs adversaires, furent remerciés par Démétrius, comme les seuls auteurs de la victoire qu’il venait de remporter; mais ils furent aussitôt renvoyés à Jérusalem, porteurs pour Jonathas de dépêches, dans lesquelles le Roi reconnaissait hautement le service qu'ils lui avaient rendu.

Démétrius ne perdit pas de temps pour donner à sa facon à Jonathas la preuve de sa reconnaissance ; non seulement il refusa de tenir les promesses formelles qu’il lui avait faites, mais.

4. À. J. XIII. V. 3. — I. Machab. XI, v. 45 à 52, L'écrivain sacré nous dit que les insurgés étaient au nombre de 120,000, et que les Juifs en tuèrent 100,000. Il est clair qu’il y a là exagération flagrante; mais nous y sommes un peu habitués. — (145 avant J.-C.).

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encore il le menaça d’une guerre immédiate, s’il ne lui payait pas le tribut auquel la nation judaïque avait été taxée par les Rois ses prédécesseurs. Heureusement les machinations de Tryphon vinrent entraver les effets de cette abominable duplicité 1.

Au moment où l’armée, destinée à opérer contre la Judée, allait se mettre en marche, Tryphon rentrait en Syrie, ramenant avec lui le jeune Antiochus, auquel il fit prendre la couronne, avec le surnom de Dyonisus. Les troupes de Démétrius ne recevant plus la solde qui leur était due, fournirent à Tryphon une masse énorme de déserteurs qui formèrent bientôt une armée, à la tête de laquelle il entra en vainqueur dans Antioche, après avoir défait Démétrius, et lui avoir enlevé ses éléphants”.

Démétrius vaincu se réfugia à Séleucie d’abord, puis à Laodicée, et enfin en Cilicie. Quant au jeune Antiochus il s’empressa d'envoyer une ambassade à Jonathas, pour lui demander son alliance et son amitié, en échange desquelles il lui confirmait la possession du souverain pontificat, et lui cédait les quatre préfectures (Noy&) qui étaient annexées à la Judée. Il lui offrait en présent des vases et des coupes d’or, ainsi que des vêtements de pourpre, avec autorisation de se servir des uns et des autres ; il y ajoutait une fibule d’or (réezn,,, xpuvs), en un mot tous les insignes de la royauté, et il le priait de le compter au nombre de ses amis les plus dévoués. Enfin il donnait à Siméon, son frère, le commandement militaire de toute la côte depuis la Scala Tyriorum (Ras-en-nakourah) jusqu’à l'Égypte ÿ.

Jonathas n’avait garde d'oublier la perfidie de Démétrius, qui, en échange des services éminents qu’il lui avait rendus, ne lui

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