Machab. XV, v. 28 à
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raconta ensuite tout ce qu'il avait vu, et Antiochus entra en fureur !.
Ici, sans qu'il soit possible de nous rendre compte de sa présence, nous lisons le verset suivant qui reste isolé.
31. Tryphon autem fugit navi in orthosiada ; et aussitôt après le récit reprend, comme s’il n’avait pas été interrompu.
Maintenant nous pouvons nous reporter au livre de Josèphe. Antiochus, nous dit l'historien des Juifs, était avare et pervers; aussi mit-il promptement en oubli tous les engagements qu'il avait pris avec Siméon, lorsqu'il avait besoin de lui. Il mit à la tête de ses troupes son ami Cendébée, avec ordre de ravager la Judée, et de lui amener Siméon vivant. Siméon lorsqu'on l’avertitdes projetsiniques d'Antiochus, fut saisi d’indignation; quoique déjà bien avancé en âge, il se mit avec une ardeur toute juvénile à la tête de ses troupes, et les conduisit au combat. Pendant qu'avec son armée il suivait une route, il fit prendre par un autre chemin les devants à ses fils, auxquels il avait confié le commandement de ses soldats les plus éprouvés. Il disposa de nombreuses embuscades, dans les passages des montagnes, et partout où l’ennemi osa se présenter, il fut battu constamment. Une fois délivré de cette attaque si inattendue, Siméon passa le reste de ses jours dans une heureuse tranquillité, qu’assurait encore les traités d’ailliance qu’il avait conclus avec les Romains *?.
Ces détails, on le voit, font absolument défaut dans le livre de Josèphe, mais heureusement le livre des Machabées y supplée. Consultons le donc. | |
Cendébée, nous dit l'écrivain sacré, était chef de la flotte. Le Roi lui donna le commandement de son armée de terre, infanterie et cavalerie, pour entrer en campagne contre les Juifs. Il avait recu l’ordre d'aller établir de solides retranchements sur
1, Machab. XV. v. 32 à 36.
. 2, À. J. XIII. VII. 3.—B. J.I.II, 2. Ici Josèphe dit que ce fut après la victoire remportée sur Cendébée, que Siméon fut fait Souverain Pontife ; il ajoute qu’il réussit à délivrer les Juifs du joug des Macédoniens, après une sujétion de 170 ans.
le Cédron (?) et de bloquer étroitement les portes (?) de la cité sainte, afin de la réduire. Pendant que le Roi était à la poursuite de Tryphon, Cendébée marcha sur lamnia dont il se rendit maître. Aussitôt les persécutions les plus atroces commencèrent contre les Juifs. Après en avoir réduit un grand nombre en esclavage, et massacré beaucoup d’autres, il alla s'établir sur le Cédron? et disposa des postes de cavalerie pour couper toute les routes de la Judée. Jean fils de Siméon était à Gazara, au moment où commençait l’expédition de Cendébée, et il se hâta de se rendre auprès de son père, pour l’avertir de ce qui se passait. Siméon reunit ses deux fils aînés, Judas et Jean, et leur dit: « Mes frères etmoi, et toute la famille de mes pères, nous n’avons » cessé de combattre les ennemis d'Israël, depuis notre jeunesse, » jusqu’au jour où nous sommes ; plus d’une fois nous avons eu » le bonheur de délivrer Israël. Maintenant que je suis vieux, » prenez ma place et celle de mon frère ; allez droit à l'ennemi ; » combattez bravement pour notre nation, et que l’aide de Dieu » soit avec vous ! » Puis il choisit dans le pays vingt mille guerriers d'élite et un corps de cavalerie, et il marcha contre Cendébée. Ils vinrent passer la nuit à Modim.
A l’aube du jour suivant, ils se mirent en marche et descendirent dans la plaine, où ils ne tardèrent pas à se trouver en face de l’armée ennemie, dont un torrent les séparait”. Les Juifs établirent leur camp devant le front des Grecs, et Siméon s’aperçut que ses soldats s’effrayaient à la vue du torrent qu’ils avaient à franchir. Il s’y lança le premier et le passa. Tout le monde se rassura et le suivit. [l disposa alors son corps'de bataille, avec l'infanterie aux ailes et la cavalerie au centre.
Bien que la cavalerie ennemie fût extrêmement nombreuse, les trompettes sacrées sonnèrent la charge, et l’armée de Cendébée fut mise en déroute. Beaucoup tombèrent criblés de blessures ;
1. C’est sans doute le torrent qui coule à la saison des pluies dans l’Ouad- Atâlaah, et qui va se jeter dans le Nahr-el-Aoudjeh, près de son embouchure, au nord de Jaffa.
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le reste alla se réfugier dans ses retranchements. En ce moment Judas frère de Jean, fut blessé, et Jean seul put continuer la poursuite des fuyards : donec veñit Cedronem quam ædificavit, ajoute le verset 9 du chapitre XVI, et j'avoue que je ne comprends absolument rien à l'intervention de ce membre de phrase. Immédiatement après, en effet, le récit continue ainsi: ef fugerunt usque ad turres quæ erant in agris Azoti. Il est bien clair qu’en s’enfuyant vers Azot (Esdoud), les Grecs tournaient le dos au Cédron'. Les Juifs incendièrent les tours dans lesquelles l’armée s'était refugiée, et l'ennemi perdit deux mille hommes dans cette bataille. Siméon revint alors tranquillement en Jutete
Nous avons vu un peu plus haut que Josèphe fait par un mot allusion à un traité d'alliance conclu par Siméon avec les Romains, traité qui contribua à assurer la paix dans la Judée.
Cette paix est exaltée au chapitre XIV du I‘ livre. des Macha- :
bées (versets 4 à 15) de la manière suivante :
La terre entière de Judée resta dans le calme /si/uit) pendant toute la vie de Siméon, qui ne cessa de s'occuper du bien-être de la nation. Celle-ci vécut toujours avec bonheur sous son autorité, et à l'ombre de sa gloire. Il fit de Joppé le port de Jérusalem, et pénétra dans les îles de la mer (que veut dire cela ? Je l’ignore) ; il recula les frontières du pays et fit des conquêtes. Il fit de nombreux prisonniers ; il s’'empara de Gazara, de Bethsoura et de la citadelle de Jérusalem (Akra) ; il purifia celle-ci. Personne ne put lui résister.
Chacun cultivant son champ en paix, la terre de Juda produisait ses fruits, et les arbres des campagnes donnaient les
1. Évidemment la mention du Cédron implique ici une forte bévue des copistes. Il s’agit assurément d’une place forte dont le nom ressemblait à celui du Cedron; mais quelle peut être cette place ? je l’ignore : neserait-ce pas, par hazard, El-Atroun? Je suis bien tenté de le croire; car alors le récit deviendrait compréhensible, et les fortifications antiques de la position d’el-Atroun ou Lâtroun, qui commandait si bien l'entrée des défilés conduisant à Jérusalem, auraient leur raison d’être, historiquement parlant.
leurs. Tous les anciens prenaient place dans les carrefours et s’entretenaient des biens de la terre; les jeunes se livraient aux exercices militaires ; aux villes il fournissait des vivres, et il en faisait des greniers d’abondance; aussi sa gloire se répanditelle jusqu’au bout de l'univers. Il répandit la paix sur la terre, et Israël fut dans l’allégresse ; chacun put s’asseoir sous sa vigne et sous son figuier ; personne ne les effrayait. Il défit les Rois qui furent brisés pendant ces jours, et il rendit forts tous les faibles de son peuple. Il appliqua strictement la loi, et fit disparaître toute iniquité et tout mal. Il glorifia les choses saintes et augmenta considérablement les vases des sanctuaires.
Voyons maintenant ce que fit l'ambassade juive envoyée à Rome par Siméon, et analysons le récit du livre des Machabées à ce sujet. Le verset 16 du chapitre XIV estainsi conçu : (Et au- » ditum est Romæ, quia defunctus esset Jonathas, et usque 1n » Sparhatas, et constristati sunt valdè. »
Nous lisons ensuite : Dès que l’on sut que Siméon son frère avait été proclamé grand prêtre à sa place, et qu’il avait repris possession de tous les pays et de toutes les villes qui y étaient contenues, il lui fut envoyé un décret gravé sur des tables de bronze, pour renouveler Île traité d'alliance antérieurement conclu avec Judas et avec Jonathas, ses frères, et ce décret fut lu devant le grand Synhédrin. Ici se trouve intercalée dans le récit sacré, la dépêche qui fut adressée aux Juifs en cette occasion, par le peuple lacédémonien.Il serait difficile de deviner pourquoi cette dépêche a été insérée à cette place, et l’on est bien tenté de croire que dans la rédaction définitive adoptée par l’Église, on n’a pas pensé à tenir compte de l’interversion de certains feuillets de l’histoire, qu’il aurait été facile de coordonner plus convenablement. Quoi qu’il en soit voici la teneur de cette dépêche : « Les » Princes (alias: le Prince) des Spartiates et leur cité, au grand » prêtre Siméon, aux anciens et à tout le peuple des Juifs, » leurs frères, salut! Les ambassadeurs que vous nous avez en- » voyés nous ont informés de votre gloire et de votre prospérité,
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» et nous avons été réjouis de leur venue ; et nous avons écrit » ce quiavait été dit par eux dans l’assemblée du peuple, ainsi » qu'il suit : Numenius fils d’Antiochus, et Antipater fils de Ja- » son, ambassadeurs des Juifs sont venus vers nous, pour re- » nouveler avec nous notre ancienne alliance. Il a plu au peu- » ple de faire honneur à ces hommes illustres, et de déposer » la transcription de leurs paroles amicales dans les archives » de la nation, pour que la mémoire en fût conservée parmi les » Spartiates. Nous en avons de plus envoyé copie au grand prè- » tre Siméon ‘.» |
La teneur de cette dépêche est assez singulière par elle-même. Les ambassadeurs nommés sont précisément ceux que Jonathas avait chargés, quelques années auparavant, de cette délicate mission ; ne pourrait-on donc pas, dès lors, soupçonner qu'il s’agit en réalité d’un seul et même fait, répété à deux reprises différentes, par pure inadvertance de l'écrivain? J'avoue que je suis fort disposé à le croire. |
Vient enfin le récit de l'ambassade envoyée à Rome par Siméon. Nous allons encore le transcrire.
Après cela, Siméon envoya Numénius à Rome (encore Numénius ! c’est bien étrange !), pour régler avec le Sénat les conditions d’un traité d'alliance. Il était porteur d’un bouclier d’or du poids de mille mines, destiné à être offert en présent au peuple Romain.
Lorsque le Sénat eut entendu ses paroles, il dit: Quelles actions de grâces ne devons-nous pas à Siméon et à ses fils, puisqu'il a relevé ses frères, et abattu les ennemis d'Israël ? Ils décrétèrent alors qu'ils le reconnaîtraient libre, et le décret, transcrit sur des tables de bron’e, fut déposé sur le mont Sion, dans les archives de la nation. Voici la teneur de ce décret.
« Le 18 du mois d’Eloul, l’an 172, troisième année du sou- » vérain sacerdoce de Siméon, Asaramel?. Dans l’assemblée
4, I. Machab. XIV, v. 20 à 23.
2. Qu'est ce mot Asaramel. Je suis bien tenté de croire que ce n’est que le nom
générale des prêtres, du peuple, des princes de la nation et des anciens du pays, il à été reconnu ceci: Notre pays a subi fréquemment les calamités de la guerre. Mais Siméon fils de Matathias, fils de Joarib, et ses frères se sont exposés à tous les périls, et ont résisté opiniâtrément aux ennemis de leur nation, pour que leurs sanctuaires et leurs lois restassent intacts, et ils ont répandu une grande gloire sur leur nation. Jonathas, après avoir rassemblé son peuple à été proclamé grand prêtre et prince des Juifs. Leurs ennemis ont voulu fouler aux pieds leurs choses saintes et écraser leur pays, et étendre leurs mains profanes sur le saint des saints. Alors ç’a été le tour de Siméon, de résister et de combattre pour sa nation. Il a recueilli des sommes considérables, et armé les guerriers de sa nation, auxquels il a donné une solde. Il a fortifié les villes de Juda et Bethsoura qui était sur les frontières de Juda, et qui auparavant était occupée par l’ennemi. Il y plaça une garnison juive. Il fortifia Joppé et Gazara qui est dans la région d’Azot, et que l'ennemi avait aussi occupée. Il y rétablit également une garnison juive. Le peuple voyant tout ce que Siméon avait fait pour sa gloire, le prit pour chef et souverain pontife. Pendant tous les jours de son règne, tout fut prospère pour Israël; l’ennemi fut chassé du pays, aussi bien que ceux qui étaient dans la cité de David à Jérusalem, dans la forteresse, et qui, en faisant de fréquentes sorties, souillaient tous les alentours des lieux saints, et infligeaient de perpétuelles calamités à la cité de Dieu. Siméon y plaça des guerriers juifs, chargés de veiller à la garde du pays et de la cité; il rehaussa les murailles à Jérusalem; et le roi Démétrius lui confirma le sou-
de Jérusalem affreusement estropié. En effet la deuxième et la troisième lettre nous donnent la syllabe SA; les trois dernières lettres lues de droite à gauche, nous donnent LEM et il nous reste À — RA qui se rapproche assez de IERV. — Quoiqu'il en soit le mot Asaramel qui ne se trouve que là, tient indubitablement la place du nom de Jérusalem.
LA DYNASTIE ASMONÉENNE. Pr ar:
verain pontificat, le traita comme son ami, et exalta sa gloire. » Il apprit que les Juifs avaient été mis au rang de leurs amis par les Romains, au rang de leurs alliés et de leurs frères, et une ambassade de Siméon fut reçue par eux glorieusement. C'est pour cela que les Juifs, d’un commun accord, l’ont reconnu pour leur prince et pour leur grand prêtre à toujours, en attendant que paraisse un prophète fidèle. Ils l’ont chargé d’être leur général, et le protecteur de leurs sanctuaires, de les surveiller et de les diriger dans tout ce qu’ils entreprendraient, ainsi que le pays, les armées, et les places fortes. Ils ont décidé qu'il serait seul chargé des choses saintes, qu’il serait obéi de tous, et que tous les actes souscrits dans le pays, seraient rédigés en son nom; enfin qu'il revôtirait la pourpre et les ornements d'or. Ils ont décrété qu'il ne serait permis à aucun des membres du peuple et du sacerdoce, de contrevenir à ses décisions, et de faire opposition à tout ce qu'il ordonnerait : qu'il serait interdit à tous de convoquer, sans lui, une assemblée de la nation, de revêtir la pourpre, ou de se servir d’une fibule d’or. Quiconque ferait un acte contraire à ces prescriptions, serait traité en coupable du crime de lèse-majesté. Tout cela fut décidé unanimement par le peuple. Siméon a accepté cette glorieuse mission, et a pris avec joie les fonctions de grand prêtre, celles de généralet de prince de la nation des Juifs et des prêtres, afin qu'il fût le premier de tous. Et il a été décidé que tout cela serait gravé sur des tables d’airain, que l’on placerait en évidence dans le Péribole du sanctuaire, et qu’un second exemplaire serait déposé dans le trésor public, à la gloire éternelle de Siméon et de sa postérité *. »
Au chapitre suivant nous lisons : « Numenius et ceux qui l’avaient accompagné revinrent de Rome, porteurs de lettres adressées par le Sénat aux Rois et aux pays en relation d’a-
1, I. Machab. XIV, v. 24 à 49.
» mitié avec Rome; ces lettres étaient ainsi conçues : « Lucius, » consul des Romains au roi Ptolémée, salut! Les ambassa- » deurs des Juifs, nos amis sont venus vers nous, pour renou- » veler l’ancien traité d'alliance, de la part de Siméon, prince » des prêtres, et du peuple des Juifs. Ils nous ont offert un bou- » clier d'or du poids de mille mines. Il nous a plu, pour ces » causes, d'écrire aux Rois et aux nations de ne leur causer » aucun préjudice ; de ne les molester en rien, ni eux, ni leurs » villes, ni leurs pays ; et de ne prêter secours à aucun de ceux » qui seraient en guerre avec eux. Nous avons jugé conve- » nable d’accepter le bouclier qu'ils nous offraient. Si quel- » ques misérables s’enfuyaient de leur pays, et cherchaient un » refuge dans le vôtre, livrez-les à Siméon, prince des prêtres, » afin qu'il les châtie, suivant les prescriptions de sa loi. Nous » avons adressé le même rescrit au roi Démétrius, à Attale, à » Arabas(?) et à Arsace, et à tous les pays ici nommés, à » Sampsama (n'est-ce pas Lampsaque(?), aux Spartiates, à De- » los, à Mydo (Melos probablement) à Sicyone, à la Carie, à » Samoun(?), à la Pamphylie, à la Lycie, à Halycarnasse, à Rho- » des, à Phaselis, à Cos, à Sidé, à Aradus, à Cortyna, à Cnide, » à Chypre et à Cyrène. » | $ |
La copie de cette dépêche fut de plus adressée à Siméon, prince des prêtres, et au peuple des Juifs *.
Nous pouvons maintenant reprendre le fil de notre récit des événements.
Siméon gouverna pendant huit années le peuple des Juifs. Il était dans sa destinée de mourir assassiné dans un festin, par son propre gendre, Ptolémée. Celui-ci se saisit en même temps de la femme de Siméon, et de deux de ses fils, qu’il fit charger de fers. Cela fait, il envoya des affidés pour le débarrasser, par un meurtre, du troisième fils de Siméon, Jean, qui fut surnommé Hyrcan. Celui-ci informé de la venue des assassins, parvint à se