‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 97 sur 110 · À. J. XIIL X · texte numérisé non relu

À. J. XIIL X

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Ptolémée Lathyrus, mit à la tête de ses armées Chelcias et Ananias, fils de cet Onias à qui il avait été permis d'élever dans le nôme Héliopolitain, un temple semblable à celui de Jérusalem. À partir de ce moment, Cléopâtre ne fit rien, n’entreprit rien, sans consulter ses deux généraux juifs. Strabon le Cappadocien nous en donne le témoignage, ajoute Josèphe, car il s'exprime ainsi : « Presque tous les Égyptiens et ceux qui vin- » rent avec nous en Chypre, aussi bien que ceux qui y furent » envoyés plus tard, se rangèrent aussitôt sous les drapeaux de » Ptolémée. Les Juifs du parti d'Onias restèrent seuls fidèles à » la Reine, dont leurs concitoyens Chelcias et Ananias avaient » toute la confiance f. » |

Voulez-vous avoir des ennemis ? Faites fortune: soyez heureux, et vous n'en aurez que trop. C’est ce qui ne manqua pas d'arriver à Jean Hyrcan: la prospérité lui créa une foule d’envieux. La secte des Pharisiens, l’une des trois grandes sectes du judaïsme, ne tarda pas à se montrer hostile au grand prêtre. Elle jouissait d’une telle autorité sur le peuple, que tout ce qu’elle disait, fût-ce contre le Roi, fût-ce contre le grand prêtre, trouvait immédiatement crédit. Hyrcan avait été l’un de leurs affidés, et ils l'avaient d’abord tenu en grande affection. Un jour qu'il avait convié à un somptueux festin les chefs des Pharisiens, lorsqu'il les vit animés par le plaisir qu’il leur procurait, il se prit à leur dire qu’ils savaient parfaitement qu'il voulait être un juste, et ne rien faire qui ne plût à Dieu; tous répondirent qu’il en était ainsi. Il reprit alors pour les prier instamment, s'ils le voyaient s'écarter de la bonne voie, de l’y faire rentrer par leurs sages avis, et de le corriger au besoin. Pendant que tous exaltaient à l’envi sa vertu, à laquelle ils rendaient hommage, l’un des convives, nommé Éléazar, homme méchant, et toujours prêt à se révolter, prit la parole : « Puisque » tu veux savoir la vérité, dit-il, si tu veux être un honnête

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» homme, tu dois te démettre du souverain pontificat, et te con- » tenter du principat. — Pour quelle raison, s’écria Hyrcan, » dois-je renoncer au pontificat? — Parce que nous avons appris » de nos pères, que ta mère avait été esclave du temps d’Antio- » chus Épiphane. » — C'était un odieux mensonge qui irrita Hyrcan au plus haut point, et dont tous les Pharisiens se sentirent gravement offensés".

Un certain Jonathas qui appartenait à la secte des Sadducéens, les éternels rivaux des Pharisiens, et qui était lié d'amitié ‘avec Hyrcan, lui dit que c'était du consentement unanime des Pharisiens, qu’'Éléazar l'avait insulté, et qu’il lui serait facile d’en acquérir la preuve, s’il leur demandait quelle punition avait méritée cet Éléazar, pour son insolent propos. Hyrcan suivit le conseil et leur demanda à quelle peine, selon eux, devait être condamné l’insulteur ; il aurait en effet la conviction que c'était sans leur avis que cette injure lui avait été jetée à la face, s'ils condamnaient le coupable à la peine qu'il avait encourue. |

Ils lui répondirent qu'il devait être frappé de verges et mis en prison, la peine capitale leur paraissait trop forte; d’ailleurs il était dans les principes des Pharisiens de se montrer cléments, toutes les fois qu'il y avait une condamnation à prononcer. Cette clémence, qu’il jugeait intempestive, offensa si fortement le grand prêtre, qu’il fut dès lors convaincu que c’était avec leur assentiment, qu'Éléazar avait parlé. Jonathas ne négligeait rien pour attiser sa colère, et il fit tant et si bien que Hyrcan se laissa persuader de renoncer au Pharisaïsme, de s’affilier aux Sadducéens, et de persécuter tous ceux qui resteraient fidèles aux préceptes des Pharisiens. Il en résulta que la multitude le prit en aversion, ainsi que ses fils; nous en reparlerons plus loin. Pour le moment nous nous contenterons de dire que les Pharisiens avaient transmis au peuple traditionnellement une

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