‹ Histoire des Machabées ou princes de la dynastio AsmonéenneChapitre 98 sur 110 · À. J. XIII, X · texte numérisé non relu

À. J. XIII, X

LA DYNASTIE ASMONÉENNE. 293

foule d'institutions qu'ils avaient reçues de leurs aïeux, et qui ne figuraient nullement dans les lois de Moïse, ce qui les faisait rejeter absolument par les Sadducéens qui soutenaient qu’il n’y avait de règles respectables que les règles écrites, tandis que toutes celles qui n’avaient d'autre origine que la tradition, ne devaient pas être observées. De là sortirent de très graves dissensions; parce que les Sadducéens ne s’affiliaient jamais que les riches et les grands, tandis que les Pharisiens ne s’appuyaient que sur la multitude’.

Hyrcan réussit pourtant à apaiser les rancunes nées de ce débat, et il vécut encore assez longtemps dans la prospérité. Il gouverna le peuple juif pendant trente et un ans, et laissa en mourant cinq fils héritiers de sa gloire. Il avait joui de trois grands biens accordés par Dieu, à savoir : le principat, le pontificat suprème, et le don de prophétie. Il était en effet inspiré, et il possédait la prescience des événements, à tel point qu'il prédit que ses deux fils aînés ne jouiraient pas longtemps du pouvoir souverain. Nous allons maintenant raconter les événements de leur courte existence, pour montrer combien la fortune de leur père fut plus grande que la leur *.

Lorsque Jean Hyrcan eutrendu l’âme, son fils aîné Aristobule, dont le nom judaïque était Judas, n’hésita pas à prendre le titre de Roi, et à mettre le diadème royal sur sa tête, 481 ans et trois mois après le retour de la captivité de Babylone*.

Aristobule aimait tendrement son frère Antigone qui était le second des enfants d'Hyrean; il partagea donc avec lui le pouvoir souverain, et retint ses autres frères en captivité. Il infligea le

Pa Je XIIP- Xe, 6. —.B.J..I. If, 8.

2, AJ XIIT. X, 7. — B.J. I. Il, 8. Ici Josèphe donne à Hyrcan 33: ans de règne. 11 paraît néanmoins certain que le principat de Hyrcan ne dura que 29 ans au plus, puisqu'il mourut en l'an 107 av. J.-C., après avoir remplacé son père Siméon en l'an 135 av. J.-C.

A TACTILE XI... — B.J,.1I. III. 4. Ici Josèphe ne compte plus que #/4ans entre la fin de la captivité de Babylone, et la prise de la couronne pour Aristo-

‘ bule,

même sort à sa mère, parce qu’elle avait essayé de lui disputer le principat, en s'appuyant sur ce qu’à son lit de mort, Hyrcan l'avait investie du pouvoir sur toutes choses. Aristobule poussa la cruauté contre celle qui lui avait donné le jour, jusqu’à la laisser mourir de faim dans sa prison ‘.

Il devint également le meurtrier de son frère Antigone, nonobstant l’affection qu'ii affichait pour lui, et qui avait été assez grande pour lui faire partager avec lui la puissance souveraine. Mais dans les cours les calomniateurs abondent : d'abord . Aristobule se refusa à croire à leurs odieux propos, parce qu'il aimait réellement son frère, et qu'il mettait sur le compte de l'envie toutes les infamies dont on poursuivait son cœur. Il arriva cependant qu’au moment où Antigone allait rentrer triomphalement à Jérusalem, après une guerre heureuse, pour célébrer la fête des Tabernacles, Aristobule tomba gravement malade et se vit obligé de garder le lit, pendant qu’Antigone se rendait en grande pompe au temple, avec ses soldats, afin d’assister à la solennité, et surtout d'adresser à Jéhovah des vœux sincères pour le rétablissement d’Aristobule. Les ennemis d’Antigone s'empressérent de saisir cette occasion de le perdre. Ils accoururent au chevet du Roi, exagérèrent à dessein l'éclat de la fête à laquelle présidait son frère; ils lui firent entendre qu’Antigone agissait déjà en maître absolu, en souverain unique, et qu’il méditait certainement un fratricide, bien facile à commettre, à l’aide de la troupe armée dont il disposait, et qu’en un mot, puisqu'il pouvait rester seul maître du pouvoir, 1l serait véritablement insensé de continuer à le partager *.

Aristobule exaspéré par ces infâmes insinuations, ne songea plus qu’à sauver sa vie qu'on lui montrait menacée. Il fit placer ses gardes du corps dans un souterrain obscur (il habitait alors la forteresse de Baris, qui devint plus tard la tour Antonia), avec ordre de respecter quiconque se présenterait sans armes ; mais

Page 1