‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 102 sur 174 · GHISI · texte numérisé non relu

GHISI

Ghisi a donné une fort bonne description d’une épidémie d’angine diphtérique, qui régnait à Crémone et dans les environs, en 1730. L’auteur fait remarquer que le mal, très insidieux et souvent d’apparence bénigne, était en réalité très grave. Il lésait si peu en apparence la gorge, que toute trace d’altération morbide ne tardait pas à disparaître. La déglutition paraissait très légèrement troublée ; mais les malades respiraient difficilement. La soif était vive, la figure pâle, la toux incessante, rauque et d’un timbre caractéristique, la voix altérée, puis éteinte, le larynx douloureux, la fièvre légère malgré la chaleur interne, le pouls misérable, fréquent, l’agitation extrême, ainsi que l’inquiétude morale.

Ces symptômes s’aggravaient vite et dégénéraient en une orthopnée des plus intenses. La voix prenait le timbre élevé de la trompette ; le pouls devenait irrégulier, intermittent, les extrémités froides. La respiration courte, bruyante, stertoreuse, s’accomplissait avec beaucoup de difficulté et la mort survenait presque infailliblement du deuxième au cinquième jour. Quelques malades rejetaient dans des quintes de toux une matière membraneuse

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