‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 104 sur 174 · STARR · texte numérisé non relu

STARR

Starr a relaté, dans une lettre aux Philosophical Transactions (1750), d’une façon fort remarquable, une épidémie d’angine suffocante [morbus strangulatorius), qui aurait régné quelque temps dans le comté de Cornouailles.

Il y avait de la dysphagie, des escarres gangreneuses plus ou moins étendues et profondes sur les amygdales, une toux brève et sourde; puis, la dyspnée s’accentuant les jours suivants, les malades succombaient à

(1) D’autres médecins italiens contemporains, cités par Morgagni, avaient constaté sur des cadavres la gangrène des amygdales (?)

l’asphyxie. L’auteur note que celle-ci n’était pas continue, et qu’elle présentait des exacerbations [ÿicchs, de spasme), remarque intéressante que, plus tard, Home n’a pas su faire. Par contre, il est inférieur à ce dernier, en ce qu’il n’a pas compris la nature véritable dés lésions morbides. Égaré, peut-être, par la lecture de ses prédécesseurs, il n’a pas entrevu nettement les fausses membranes. Cependant il avait constaté le rejet de celles-ci; il signale même ce fait que le chirurgien Scotch Burn put détacher du palais l’enduit blanchâtre qui le recouvrait, chez un enfant, qui rendit peu après ün tube membraneux de plusieurs pouces de longueur. Aveuglé sans doute par l’idée de gangrène, il croit aune expulsion partielle de la muqueuse palatine et de la muqueuse laryngée.

Chose intéressante, Starr a eu l’occasion d’observer avant Home un croup d’emblée, chez une petite fille de cinq ans, dont la gorge paraissait indemne, mais qui accusait un peu de dysphagie, en même temps qu’une dyspnée.très marquée. Elle présenta à plusieurs reprises des accès de sufîbcation très violents, qui finirent par l’emporter, sans que l’auteur anglais se doutât du mécanisme exact de la mort.

Du reste,, si Starr s’est trompé ici sur la nature des lésions, il a, par contre, fait un tableau exact et vivant des troubles morbides qu’il a observés.

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