‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 111 sur 174 · MIGHAELIS · texte numérisé non relu

MIGHAELIS

La monographie de Michaelis se trouve à la fin de sa thèse imprimée à Gœttingue en 1778. Elle ne renferme qu’un fait personnel, celui de sa sœur morte en bas âge de la dipthérie; mais elle contient par contre d’assez nombreuses observations empruntées à Tulpius, Zobel, Ghisi, Bloom et à diflerents médecins Scandinaves, dont la plupart seraient peut-être restées ignorées sans cet auteur.

Ce qu’on peut reprocher à Michaelis, c’est de s’être trop laissé influencer, comme la plupart de ses contemporains, par la doctrine de Home. C’est dire qu’il,a le plus souvent en vue le croup d’emblée.

Comme l’écrivain écossais, il admet que, d’ordinaire, le

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mal débute comme un simple catarrhe; mais la dyspnée est précoce et la toux, d’un timbre spécial, ressemble au cri de la poule. L’anxiété est extrême; il y a des nausées, des vomissements, un peu de dysphagie. Les malades rendent des matières écumeuses, tenaces, caséeuses, membraneuses, tubuliformes, qui amènent après leur rejet une détente dans les-phénomènès de suffocation. Les rémissions sont plus ou moins longues; parfois elles aboutissent à un soulagement définitif; mais le plus souvent elles sont transitoires. Ceux qui succombent à l’affection ont le teint livide, les traits tuméfiés, les yeux saillants, les veines jugulaires gonflées de sang, etc.

C’est dans la trachée que se voient les principales lésions. Elle est recouverte d’un enduit blanchâtre, consistant, analogue à une sorte de membrane. Il considère celui-ci comme un polype de la trachée ; mais il est facile d’entrevoir que, par cette dénomination, il entend une concrétion de nature lymphatique.

Michaelis ne croit pas que l’affection soit si récente que le dit Home ; enfin il met en doute sa contagiosité (?). Il regarde l’affection comme inflammatoire ; mais il s’efforce de démontrer que le spasme joue un rôle considérable et détermine souvent la mort. Avec Cullen, il en fait un catarrhe de la trachée, avec métastase d’une matière lymphatique et coagulable. Suivant lui, les signes qui séparent cette affection de l’angine gangreneuse (angine diphtérique) sont très nets; car, il n’y aurait ni fétidité de l’haleine, ni réaction inflammatoire violente du côté du gosier, ni ulcère, ni enduit grisâtre ou noirâtre au fond de la gorge. Par contre, il serait très facile de la confondre avec l’angine séreuse de Stoll;

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même origine catarrhale et même expectw’^ation de matière muqueuse. Mais, dans cette dernière, le son de la voix est peu modifié et la dyspnée bien moins grave. Michaelis a reconnu un des premiers qu’un corps étranger des voies aériennes, par la dyspnée paroxystique qu’il détermine, peut en imposer pour une laryngite pseudo-membraneuse, bien que le fait soit rare. Quant à la rougeole, à la laryngite striduleuse, etc., l’allure symptomatique n’est point la même.

L’auteur croit que si les adultes semblent généralement indemnes, c’est qu’ils se débarrassent dès le début et facilement de la matière morbifique (?).

La saignée est plutôt nuisible, bien qu’elle puisse .amener une détente apparente. Les vésicatoires sont utiles ; mais' il faut recourir surtout aux vomitifs et aux sudorifiques.

C’est à Michaelis, répétons-le, que nous avons emprunté les observations de Wahlbom, de Zobel, d’Engelstrom, deHalenius, de Boerket Salomon, celle de Struve qui est un exemple intéressant de diphtérie prolongée, de Van Bergen. Dans presque toutes, sauf dans celles de Zobel, on trouve notées de la dysphagie et parfois même une tuméfaction notable des amygdales, ce qui aurait dû faire entrevoir à Michaelis l’erreur de Home.

Wahlbom.

[In Michaelis, traduction française, 1802.)

« Trois enfants furent attaqués d’angine inflammatoire le 14 et le 15 mars 1765, et présentèrent les symptômes

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suivants : l’invasion s’annonçait le soir par une chaleur plus que naturelle ; pendant la nuit, douleur à l’estomac <et légère diarrhée.

' « Le deuxième jour, paroxysme de strangulation, tumé¬

faction douloureuse des glandes du cou et principalement du thymus. L’arrière-bouche était plus rouge que dans l’état ordinaire, quoique les amygdales ne fussent point enflammées et que la déglutition se fît aisément. Les attaques de dyspnée revenaient à différentes reprises, 'ce qui jetait les enfants dans l’abattement et dans la tristesse; cependant à certain moment, surtout au commencement de la maladie, ils se livraient à la joie et à la gaieté.

« Aussitôt que la nature de cette affection me fut connue, je prescrivis à l’un de ces enfants une saignée au bras ; à l’autre des scarifications du cou ; au troisième des sangsues. Je leur fis ensuite appliquer un vésicatoire à la nuque et un cataplasme émollient et huileux autour du cou. lisse gargarisaient avec de la teinture de rose, à laquelle on avait ajouté un peu de nitre et de sirop de mûres. L’effet de ces remèdes était si prompt que les accès de sufibcation avaient disparu dès le lendemain.

« Il serait difficile de décrire cette espèce de cri ou de son que les malades rendaient en respirant. On pourrait peut être le comparer au cri rauque d’un poulet. Il me paraît encore avoir plus de rapport avec celui d’une poule effrayée. Larespiration était tellement difficile, que l’abdomen se portait en dedans et que tout le corps s’agitait d’une manière extraordinaire. N’ayant point eu occasion de faire d’ouverture de cadavres, il ne m’a pas été pos- 'sible d’observer cette membrane qui se forme quelquefois dans la trachée. J’ai cependant vu deux malades

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rejeter deux morceaux membraneux. Un enfant de cinq ans vomit quelques fragments de membrane qu’on aurait cru charnus et dont la surface correspondante à la trachée était sanguinolente. Une jeune fille, àla suite de plusieurs saignées, rendit aussi, parla toux et par le vomissement, de grandes portions d’une matière semblable ; elles s’arrêtèrent dans l’arrière-bouche ; et elle en fit l’extraction avec les doigts.

« Les malades que j’ai observés se plaignaient d’une douleur obtuse à la gorge et d’un léger embarras dans la déglutition. Tuméfaction du voile du palais, de la glande thyroïde, de la base de la langue et des amygdales, tantôt d’un seul côté, tantôt des deux. Chez quelques-uns ces parties paraissaient un peu rouges. A la seconde période, il survenait de la toux et des vomissements ; ce qui donnait souvent à cette maladie la plus grande ressemblance avec la coqueluche. Outre cela, sentiment douloureux à la région de l’estomac et au-dessous de la poitrine ; grande somnolence ; souvent chaleur ardente qui s’annonçait subitement, faiblesse, difficulté de respirer, salivation abondante.

« Bientôt survenait la troisième période, et tous les symptômes s’exaspéraient ; les narines paraissaient bouchées, la respiration devenait très difficile et striduleuse; des mucosités découlaient de la bouche ; le pouls devenait inégal, tantôt fréquent, souvent intermittent ; tout le corps se couvrait d’une sueur froide, et le malade mourait suffoqué.

« Il est à remarquer que la déglutition était assez facile ; plusieurs malades demandaient des aliments ; quelques-

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uns moururent le deuxième ou troisième jour ; chez quelques autres les symptômes disparurent pendant cinq à six jours, au point qu’on négligeait toute espèce de médicament ; ils revenaient ensuite avec une telle violence, que les enfants succombaient avant qu’on eût eu le temps de faire venir un médecin.

« Le ciel étant devenu serein et l’air froid, à la fin de novembre et au commencement de décembre, la maladie cessa ; elle reparut avec la pluie et l’humidité ; mais elle offrit alors tous les symptômes d’un véritable catarrhe. Je n’oserais affirmer quelle ait été contagieuse; ce qu’il y a de certain, c’est que plusieurs enfants de la même maison en furent attaqués les uns après les autres.

« Il était difficile, dans les commencements, de trouver des remèdes propres à combattre une maladie aussi extraordinaire ; aussi ceux qu’on employa n’eurent-ils presque aucun succès ; et lorsqu’on laissait écouler la première période sans s’opposer au mal, à peine, sur cinq malades, pouvait-on en sauver un. Dans la suite, lorsque l’expérience m’eut appris à mieux combattre le caractère de cette maladie, j’eus la satisfaction d’en guérir un plus grand nombre. Les laxatifs, les gargarismes, les cataplasmes émollients étaient tout à fait inutiles, excepté au commencement ; j’abandonnai donc leur usage et je prescrivis une potion incisive d’eau de sureau avec le tartre soluble, l’oxymel scillitique et le sirop de chicorée et de rhubarbe. Les malades, après avoir fait usage de cette potion pendant un jour, prenaient le lendemain l’ipécacuanha; ces deux médicaments étaient ainsi administrés tour à tour ; mais ils n’ont jamais été utiles que dans la première période de la maladie, et quelquefois même ils n ont eu aucun succès. A cette époque, si, vers le soir, la

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respiration devenait plus difficile, je donnais un vomitil d’ipécacuanha et d’oxymel scillitique, ce qui suffisait ordinairement pour parer au danger présent; mais la dyspnée reparaissait bientôt, à moins que les malades ne fussent assez heureux pour rejeter de gros morceaux d’une matière concrète, blanche, et sanguinolente. »

Zobel.

[In Michaelis, traduction française, 1802-)

« Il régna, en 1775, à Wertheim et dans ses environs, une épidémie qui enleva un très grand nombre d’enfants. Instruit par M. Saver, médecin du prince de Wertheim, que l’illustre observateur Zobel l’avait prise pour cette espèce d’angine des enfants qui a été décrite par Home, j’ai (Michaélis) prié Zobel de vouloir bien me communiquer les observations qu’il avait faites sur cette maladie. Les voici telles qu’il me les a envoyées : .

(c II y a plus de deux ans que j’ai observé à Wertheim cette maladie des enfants, dont Home nous a donné le premier une si belle description sous le nom de suffocation striduleuse, et que Van Bergen a aussi décrite, quoique d’une manière moins claire. [Act. Nat. Cur, I, 2.)

a Les symptômes que j’ai remarqués étaient absolument semblables à ceux qui nous ont été décrits par Rosen et par Home. Cependant la maladie ne s’annoncait pas de la même manière chez tous les enfants. Chéz les uns, en effet, aux symptômes du catarrhe se joignait tout à.coup la suffocation striduleuse, tandis que chez d’autres la maladie ne s’annoncait que par de légers signes avant-coureurs, tels que la lassitude, la tristesse, l’abattement des yeux; et ces signes étaient suivis tout à coup de suffocation.

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(( Les premiers accès survenaient ordinairement au milieu du sommeil. Les malades, réveillés tout à coup, étaient inquiets, avaient une respiration très difficile et sonore, étaient tourmentés d’une toux accompagnée d’un son particulier, très aigu, striduleux, très semblable à celui d’une poule; ce son, quoique plus fort pendant la toux, se faisait cependant ressentir lorsque le malade ne toussait pas. Il n’y avait point de fièvre au commencement, quoique le pouls fut quelquefois tendu. Face pâle, couverte d’une sueur abondante, urine sans sédiment. Dans les commencements, on n’apercevait, dans la bouche ni dans la gorge, aucunes traces auxquelles on pût attribuer les symptômes que nous venons de rapporter. La déglutition n’était point lésée, quoique les enfants avalassent avec peine les aliments et les boissons, preuve qu’ils craignaient qu’ils n’augmentassent la toux. C’est du moins le motif que m’ont rapporté plusieurs enfants déjà raisonnables, qui, quoique tourmentés par une soif ardente, ne prenaient qu’une très petite quantité de boisson, dans la crainte que la toux n’en devînt plus violente.

« L’haleine n’était nullement fétide; il n’y avait aucun signe de putridité. ; les malades ne se plaignaient point de douleur intense ; le pharynx n’offrait, pendant la maladie, aucune tumeur extérieure apparente, quoique chez quelques-uns le cartilage thyroïde parût après la mort plus proéminent que dans l’état ordinaire.

« La violence du premier accès et l’extrême difficulté de respirer cessaient ordinairement au bout de quelques heures ; de sorte, qu’a l’exception de la toux et d’un ton de voix particulier, les enfants se trouvaient dans un état à peu près naturel. Mais la difficulté de respirer reparaissait quelquefois au bout d’une demi-journée.

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« La fièvre survenait alors, et rendait la maladie plus grave ; mais je n’ai jamais pu découvrir quelle en était la cause. L’orthopnée reparaissait à des époques indéterminées. Il faut cependant remarquer qu’après les premiers accès, les symptômes devenaient plus graves et de plus longue durée; de sorte qu’aw bout de huit joui's, le malade était tourmenté par une dyspnée continuelle qui ne lui laissait aucun relâche. L’urine qui, auparavant, était crue déposait alors un sédiment muqueux. De grosses gouttes de sueur couvraient la face. Les yeux languissants étaient enfoncés dans les orbites, les forces abattues ; le visage devenait livide et plombé, et les malades mouraient tristement. Il est à remarquer que, quelques instants avant la mort, la respiration devenait aussi libre que dans l’état de santé ; qu’il n’y a jamais eu de délire dans cette maladie, et que les enfants, tant qu’il restait un souffle de vie, conservaient l’entier usage de leur raison.

a Je n’ai observé dans aucun temps de la maladie, ni convulsions, ni mouvements spasmodiques ; elle durait rarement plus de deux ou trois jours : elle ne se prolongeait jamais au delà du quatrième jour ; elle était souvent funeste le second jour.

« J’ai vu plusieurs enfants à la mamelle attaqués de cette affection ; sur quarante ou cinquante malades que j’ai traités dans cette ville, il y en avait pas un qui fût âgé de plus de huit ans.

« Cette maladie ne m'a point paru contagieuse, et il est arrivé rarement que cinq ou six enfants en aient été attaqués en même temps. Elle était infiniment dangereuse. Je n’ai pu sauver qu’un enfant. Appelé dès le commencement de la maladie, et avant que le paroxysme se fût déclaré, je lui prescrivis un julep avec le cacao, l’huile

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d’amandes douces et le sirop diacode ; j’avais soin de faire prendre souvent des laxatifs antiphlogistiques, composés de teinture de rhubarbe, de décoction laxative de Vienne, et d’esprit de Mindererus, ainsi que les lavements simples, ou auquels je faisais ajouter de Vasa fœtida.

« Ces moyens produisirent une expectoration abondante, et la toux qui survint fit rejeter par le vomissement une très grande quantité de pituite tenace. Il y eut aussi de fréquentes déjections alvines de matières semblables. Tel est le traitement qui fut suivi jusqu’au douzième ou quatorzième jour, époque où le malade fut hors de danger.

« Les saignées, les vomitifs, les vésicatoires appliqués au cou, à la nuque ou ailleurs, la vapeur d’eau et de vinaigre, le musc, le quinquina, les lavements, les antiphlogistiques, I’æsæ fœtida àounée sous différentes formes,— tous ces remèdes, prescrits à fortes doses, furent absolument inutiles, et sur un grand nombre d’enfants, à peine s’en sauva-t-il trois ou quatre. Plusieurs ne prirent aucun médicament interne, parce qu’on n’avait ordinairement recours au médecin qu’au bout de vingt-quatre heures, et alors ils refusaient ces espèces de médicaments de quelque nature qu’ils fussent ; et on ne pouvait pas les leur faire prendre de force, car la plus légère contradiction suffisait pour rendre la toux plus opiniâtre.

« Les parents, aveuglés par leurs préjugés, s’opposèrent constamment à 1 ouverture des cadavres. J’ignore donc si 1 autopsie cadavérique m’aurait présenté ces phénomènes qui ont été décrits, par Home. Je ne pense pas qu aucun enfant ait rejeté des morceaux de membrane, »

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« T elle est la description de l’épidémie de Wertheim que Zobel, ce célèbre praticien, a bien voulu me communiquer ; je fais d’autant moins de difficulté de la regarder comme une véritable angine membraneuse, que j’ai appris pas d’autres voies que quelques malades avaient rejeté des tubes membraneux. »

Engelstrom.

[In Michaelis, traduction française, 1802.)

« Une petite fille de quatre ans se plaignit, dans le mois de novembre 1767, d’une douleur pongitive à la gorge. Ses parents crurent qu’elle avait avalé une aiguille, l’enfantayant donné lieuà ce soupçon. A la douleur se joignit une fièvre assez légère.

«Le second jour, la respiration devint très difficile et la voix prit un accent striduleux tout à fait particulier. La malade mourut suffoquée, à la fin du troisième jour.

« L’autopsie cadavérique nous fit découvrir dans la trachée-artère, un peu au-dessous du larynx, une membrane blanchâtre, tenace, épaisse, qui tapissait une grande pai’tie de la surface intèrne de ce canal, dont il était facile de la séparer. Elle ne se continuait pas sans interruption jusqu’aux bronches ; mais, à mesure que nous nous approchions, elle était remplacée par des morceaux membraneux qui n’avaient aucune adhérence avec elle, et, dans les endroits où il n’y avait aucune concrétion membraneuse, nous trouvâmes une matière gluante, d’un blanc jaunâtre. Une matière semblable remplissait toutes les ramifications bronchiques, et on la voyait sortir en grande abondance lorsqu’on pressait les poumons. Abstraction faite de cette fausse membrane et de la ma-

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tière dont nous avons parlé, tous les organes nous parurent dans un état naturel et sain ; il n’y avait pas même la moindre trace d’inflammation. »

Halenîus.

(Jn Michaelis, traduction française, 1802.)

« Un enfant de cinq ans, jouissant d’une bonne santé, après avoir passé une nuit tranquille, éprouve de la faiblesse et de l’assoupissement ; il vomit et demande ensuite des aliments.

« Le deuxième jour, sentiment d’une légère irritation à la gorge, chaleur dans tout le corps, très grande faiblesse, inquiétude; le malade refuse toute nourriture.

« Le troisième, même sentiment de titillation à la gorge, sans que la déglutition soit lésée. L’enfant rejette une grande quantité de pituite épaisse ; la langue devient blanche vers le soir ; il refuse avec opiniâtreté toute espèce de médicaments.

« Le quatrième jour, on appliqua le matin un sinapisme au cou ; la cloque qu’il forma était remplie d’une lymphe épaisse ; on humecte souvent la bouche au moyen d’un siphon. La chaleur du corps et la légère douleur de la gorge continuent ; la joue droite, et surtout l’arrièrebouche se tuméfient.'

«Le cinquième jour, la tumeur avait disparu pendant la nuit; chaleur plus intense, inquiétude et faiblesse extrêmes, obscurcissement de la vue ; la déglutition des liquides se faisait sans peine. Le sixième jour, vers midi, vomissement difficile, fatigant; peu de temps après, le malade rejette en toussant deux petits globes d’une matière très tenace ; depuis cette époque, les forces dimi-

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nuent sensiblement ; un son sourd se fait entendre dans la poitrine ; à peine l’enfant peut-il prononcer quelques mots mal articulés. Vers le soir, le son de la poitrine devient aigu ; chaleur plus considérable, pouls plus fréquent, quelquefois intermittent, anxiété extrême, prostration totale des forces, voix lamentable et presque éteinte. Cependant le malade éprouve du soulagement ; il se plaint d’une manière très distincte d’une douleur de la gorge et de la bouche ; quoique réduit à un état désespéré, il demande à boire et avale environ un litre de lait tiède. Peu de temps après, le bruit de la poitrine cesse et la vie s’éteint insensiblement.

« On trouva à l’ouverture du cadavre une membrane très épaisse, située dans la trachée-artère ; ce canal n’offrait pas la plus légère trace d’inflammation ni de corrosion. »

Van Berg'en.

. [In Michaelis, traduction française, 1802.)

(c Un grand nombre d’enfants de deux, de trois, de cinq ans, ou même plus âgés, éprouvaient dans les premiers mois de l’an 1764, un coryza ordinaire ou un gonflement des amygdales et du voile du palais, avec difficultés de la déglutition. Après avoir passé quelques jours dans cet état, qui ne donnait aucune inquiétude et qui n’annonçait aucune maladie cachée, ils étaient saisis tout à coup d’une toux très grave, qui faisait expectorer avec beaucoup d’effort des phlegmès aqueux. Elle se faisait remarquer, dans le moment de l’inspiration, par un son particulier, semblable à celui de la trompette, ou à celui de certaines toux rebelles. Il y avait de plus une fièvre continuelle et une grande difficulté de respirer, qui,

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augmentant de jour en jour, dégénérait enfin en asthme suffocant, et étouffait les enfants, en les privant de la respiration, comme le prouvaient la couleur plombée de la face, le froid des extrémités, ainsi que la diminution de la fièvre et de la chaleur. Cette mort ressemblait assez à celle qui est produite par une hydropisie du péricarde et de la poitrine.

« La fille de Van Bergen fut victime de cette maladie ; elle offrit même un phénomène assez extraordinaire ; douze heures environ avant sa mort, elle rendit, en toussant et en crachant, un tube membraneux. Mis dans l’eau il y flottait librement, et il fut facile d’en faire une gravure exacte. »

Boerk et Salomon.

[In Michaelis, traduction française, 1802.)

(c L’angine membraneuse faisait beaucoup de ravages à Stockholm pendant l’automne de 1772. Cette saison était remarquable par la pluie et le froid qui se succédaient alternativement; aussi cette maladie règne-t-elle de préférence au printemps et à l’automne, et l’on a remarqué qu’elle attaque surtout ceux qui sont exposés aux injures de l’air et aux changements de température, quoiqu’elle n’épargne pas toujours ceux qui les évitent avec le plus grand soin; voici quelques exemples de cette épidémie.

(c Observation I. — Un enfant de quatre ans, sujet aux convulsions, avait gardé pendant toute l’année un coryza, compliqué d’une toux très fatigante pendant le printemps ; elle s’était calmée l’été, mais la saison un peu froide de l’automne l’avait rendue continuelle. 11 s’y était joint une expectoration abondante de mucus blanchâtre,

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qui tourmentait beaucoup le malade. Il éprouva le 1®’’ novembre un léger mouvement de fièvre, et la nuit fut agitée; mais le lendemain il ne ressentait aucune incommodité ; nul vestige de fièvre, ni ce jour, ni les suivants ; il était très gai dans tous les instants de la journée^ sans même en excepter le soir, et il mangeait avec appétit. Cependant le coryza persistait, et il s’écoulait de la bouche et des narines une grande abondance d’humeur acrimonieuse. ,

« Tel fut l’état de l’enfant jusqu’au 10 novembre, époque où il a paru un peu indisposé et abattu. Cependant il n’y avait point de fièvre, la respiration était libre, la voix dans l’état naturel, nulle douleur, nul gonflement dans l’arrière-bouche, ni à la surface intérieure du cou ; toutes ces parties étaient très saines. Il n’y eut, ce jour, non plus que les précédents, ni vomissements, ni même de nausées. Doit-on s’étonner d’après cela que personne n’ait soupçonné que cet enfant fut attaqué d’angine membraneuse, quoique cette maladie régnait alors? La nuit du 10 au 11 fut très tranquille; mais le lendemain matin, il fut saisi tout à coup d’opistliotonos ; respiration très difficile, voix ayant cet accent très striduleux particulier à l’angine, absolument semblable à celle d’une poule, tuméfaction delà face et du cou; couleur livide de ces parties ; constriction des mâchoires, que le malade pouvait à peine assez ouvrir pour avaler une petite quantité d’aliments.

« Les saignées, les sangsues, les lavements, les vésicatoires furent employés sans aucun succès ; on ne put exciter le vomissement ni par de fortes doses d’émétique, ni en irritant la gorge ; et ces symptômes furent si rapides et si violents, que le malade mourut le même jour à une heure de l’après-midi.

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« L’autopsie cadavérique offrit les muscles, et le tissu cellulaire de la partie antérieure du cou, rouges et remplis de sang ; la surface de la trachée-artère enflammée extérieurement surtout à la partie inférieure qui avoisine les bronches ; les poumons, et principalement à leur partie inférieure, gonflés d’air ; dans l’intérieur de la trachée, une membrane blanche, parsemée de taches rouges, commençant quelques lignes au-dessous de la glotte et recouvrant toute l’étendue de la membrane propre, à laquelle elle était contiguë, sans y adhérer, de manière qu’elle pouvait facilement en être séparée ; cette membrane naturelle ne présentait aucun signe de lésion, ni de putréfaction. Quant à la fausse membrane elle avait à peine, dans le larynx, l’épaisseur d’une feuille de papier bien mince; elle s’étendait ensuite sans interruption dans la trachée, où elle avait acquis, à la division des bronches, une épaisseur triple de celle qu’elle avait dans le larynx. Elle se prolongeait dans l’intérieur des bronches.

(c A droite et à gauche de cette membrane, et surtout dans le voisinage des bronches, on trouvait une certaine quantité d’eau écumeuse, mais on ne découvrit nulle part aucune trace de pus.

« Les poumons n’étaient réellement point enflammés, quoiqu’il fussent gorgés d’une telle quantité de sang, .quils étaient, dans quelques endroits, de couleur livide, -Les glandes bronchiques étaient très dures, surtout aux premières divisions des bronches. Le cœur ne contenait point de sang, mais il était très sain.

« Observation IL — Une petite fille de quatre ans, après avoir rejeté pendant huit jours une grande quantité de mucosités, fut attaquée de fièvre le 24 octobre 1772,

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La voix devint légèrement enrouée, et elle commença à tousser pendant la nuit.

« Le lendemain, la malade se trouvait très bien, se plaignant seulement de lassitude et d’une grande faiblesse. Mais, vers le soir, retour de la fièvre, et pendant la nuit, toux, râlement extraordinaire, qui fatiguaient la malade.

« Le 16, toux ressemblant pendant la fièvre à celle de la coqueluche ; expectoration d’un mucus épais, blanc et presque transparent, voix naturelle pendant toute la nuit.

« Le lendemain matin, la malade, après avoir pris un laxatif composé de manne, se trouvait si bien que, quoique un peu faible, elle put se lever et jouer avec d’autres enfants. Elle était absolument sans fièvre. Dans l’après-midi, retour de la fièvre avec râlement, toux et expectoration. Il est à remarquer que la fièvre avait constamment avancé d’une heure plus tôt que la veille. A chaque paroxysme, la fièvre, la toux, et surtout le râlement, augmentaient d’une manière très sensible.

« Le 28, prescription d’un émétique qui fait rendre une grande quantité de mucosités blanchâtres et tenaces. Le matin, respiration aisée et naturelle, ainsi qu’elle l’avait toujours été pendant le temps de rémission, mais ^ quatre heures du soir, retour d’un paroxysme extrêmement violent, compliqué de râlement.

« Le 29, la fièvre et le râlement ne donnèrent aucun relâche, pas même le matin, ce qui n’était pas encore arrivé ; et pendant toute la journée, la respiration fut extrêmement difficile, et accompagnée d’un son rauque, semblable à celui de la trompette. Il y eut encore une exacerbation le soir et pendant la nuit. Le 30, à midi, cette malheureuse était réduite à un état qui ne laissait plus d’espoir ; respiration extrêmement difficile et très

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stertoreuse, quoiqu’on n’y remarquât plus ce son particulier. dont nous avons parlé ; expectoration de niucosités d’un blanc jaunâtre; pouls petit, mou et assez fréquent, ainsi qu’il Tavait été au commencement ; face pâle, le le reste du corps de couleur naturelle ; urine blanchâtre, presque transparente restant longtemps sans éprouver de changement; on y apercevait plusieurs morceaux de pituite concrétée qui y nageaient. La malade respirait avec moins de difficulté lorsqu’elle restait dans son lit, la tête inclinée, que lorsqu’elle y était assise ; inquiétude extrême, douleur violente au ventre quoiqu’elle eût eu une évacuation dans la journée. Elle était ensevelie dans un sommeil continuel. L’inspiration de l’air se faisait avec une extrême difficulté et avec un son rauque, semblable à celui de la trompette. La vapeur du vinaigre qu’on fit respirer, les vésicatoires appliqués à la partie antérieure du cou, les émulsions huileuses, les infusions de fleurs de sureau avec du suc de citron et de miel, ne produisirent aucun soulagement. Le pouls devint à chaque instant de plus en plus faible, bientôt intermittent, et à six heures du soir, l’enfant succomba à la violence de la maladie.

« L’ouverture du cadavre, qui fut faite le lendemain nous instruisit de la cause de la mort. Les veines du cou étaient tuméfiées, la trachée-artère, de couleur naturelle, n’ofîrait aucune trace d’inflammation ; mais on y trouva beaucoup d’eau, et une membrane tabulée, qui prenait son origine aux cartilages du larynx, où elle était d’une telle épaisseur qu’elle bouchait ce canal presque en totalité. G était la seulement qu’elle avait contracté quelques légères adhérences; parvenue dans la trachée, elle y était libre, et, quoique appliquée immédiatement sur la

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membrane propre de , ce canal, elle n’y était nullement collée. Elle s’avançait ensuite sans interruption dans les bronches, où elle ne disparaissait qu’à leurs dernières ramifications. C’est dans le larynx qu’elle avait le plus d’épaisseur; elle diminuait peu à peu à mesure qu’elle s’approchait des poumons. Nulle trace de pus à la surface interne ou externe de cette fausse membrane. Aucune érosion, ni lésion à la surface interne de la membrane propre qui était dans son état naturel, si ce n’est qu’elle paraissait un peu plus sèche qu’elle ne l’est ordinairement.

« La fausse membrane était blanche et d’une contexture tellement tenace, qu’elle opposait une grande résistance avant de se déchirer, et qu’on fut obligé d’employer un effort.assez considérable pour l’arracher d’un des lobes du poumon. Examinée avec attention, elle parut fibreuse, offrant des lignes distinctes posées les unes à côté des autres. Plongée pendant, deux jours dans de l’eau et du vinaigre, elle n’y éprouva aucune altération. Les poumons n’étaient nullement enflammés, et paraissaient entièrement sains, excepté à la partie supérieure du lobe gauche où l’on découvrait une légère suppuration, dont l’origine ne paraît nullement devoir être attribuée à la maladie que nous examinons, mais à quelque cause antérieure. La cavité de la poitrine contenait une certaine quantité d’eau qui me paraît évidemment avoir eu pour cause la difficulté de la respiration. Les viscères abdominaux étaient très sains.

« Observation III. — Une jeune fille de cinq ans, qui avait été tourmentée de toux pendant tout le printemps, se plaignit, au milieu du mois de mai 1771, d’une affection de poitrine avec coryza et anorexie. Elle passa ainsi

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quelques jours, se trouvant tantôt mieux, tantôt plus mal.

« Le 20, s’étant refroidie deux fois, après un violent exercice, et, ce qui paraît surtout lui avoir été nuisible, étant restée jusqu’à neuf heures du soir exposée en plein air à un froid très vif, lorsqu’elle rentra chez elle, elle fut saisie d’un accès de toux et d’un violent vomissement. La nuit suivante, chaleur extraordinaire, respiration difficile et stertoreuse.

c( L’enfant se trouva un peu mieux le 21, quoique la toux et l’enrouement fussent continuels ; elle ne gardait pas le lit, mais il y avait de l’abattement, de la lassitude et une somnolence extrême. La nuit fut encore plus mauvaise que le jour, sans qu’on soupçonnât aucun danger. On prescrivit un lavement et une boisson pectorale.

« Le 22, exacerbation de tous les symptômes. Ce fut alors qu’on eût le premier soupçon que cette maladie était une angine membraneuse. Les mucosités que la malade rendait, engagèrent à donner un émétique et des laxatifs. Vers le soir, état de plus en plus alarmant; toux continuelle avec quintes fréquentes, oppression, somnolence, respiration très difficile, face pâle, extrémités froides, cercle livide autour des yeux. Il ne fut plus permis de douter de la nature de la maladie, puisqu’à chaque inspiration on entendait ce son qui la caractérise. On était d’avis de faire une saignée ; mais elle fut différée jusqu au lendemain, et on donna seulement un lavement. Nuit extrêmement agitée, respiration effrayante {horrenda).

« Le lendemain, état encore plus affreux, tout annonçait ’ une mort prochaine. A quatre heures du matin, l’air entrait avec une telle difficulté dans la poitrine, qu’à

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chaque inspiration, on voyait les omoplates, l’ouverture des narines et tous les muscles de la face se mouvoir d’une manière tout à fait extraordinaire. Pouls très dur, fréquent, petit et serré. Une saignée de cinq onces rendit la respiration moins gênée ; mais à dix heures du matin, les symptômes revinrent avec une nouvelle force. On appliqua huit sangsues au cou, ce qui produisit un soulagement sensible presque au moment où elles commencèrent à tirer le sang, la respiration devint plus libre, la somnolence cessa, la malade paraissait même très gaie, et parlait à tous les assistants. Mais ce mieux ne fut pas de longue durée ; car, la nuit suivante, les symptômes s’exaspérèrent à un point qui ne laissait presque aucun espoir. On prescrivit des lavements, des fomentations et des fumigations avec le vinaigre, quatre onces d’oxymel, une nouvelle application de sangsues et un vésicatoire assez grand pour couvrir tous les endroits où avaient mordu les sangsues.

« Le 24, même état, si ce n’est que les matières abondantes, que la malade rendait en toussant, paraissaient plus purulentes. Afin d’en faciliter l’évacuation, on donna un doux vomitif composé de deux onces d’oxymel scillitiquè.

« Le 25, on aperçut des aphtes à la bouche, et la malade commença à cracher de grands morceaux de membranes. Elle n’en retira que peu de soulagement, excepté vers le soir, époque où la respiration, le sommeil et les autres symptômes parurent avoir éprouvé un changement favorable.

« Cette expectoration de débris de membranes, mêlés d’une assez grande quantité de mucosités purulentes, dura plusieurs semaines ; elle était surtout abondante

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vers les, quatre heures du matin, et accompagnée d’une toux plus violente, de râlement et d’un son particulier, semblable à celui de la trompette; mais aussitôt que la malade, aidée d’un peu d’oxymel scillitique ou d’ipécacuanha, parvenait à se débarrasser de ces matières étrangères, ces symptômes cessaient. Les aphtes ne disparurent qu’au bout de dix jours et la respiration continua d’être stertoreuse pendant tout Vété suivant, de sorte qu’elle fut souvent obligée d’avoir recours aux vomitifs qui, en donnant issue à une grande quantité de mucosités purulentes et blanchâtre, rendaient aussitôt cette fonction libre. Les parents négligèrent ce moyen pendant une grande partie de l’automne, ce qui donna lieu à une hémoptysie assez grave. Après avoir resté quelques jours faible, somnolente, la face livide, la voix stertoreuse semblable au son de la trompette, la malade tomba en lipothymie, pendant qu’elle mangeait et rendit par la bouche une grande quantité de sang. On la porta dans son lit, où elle dormit tranquillement. Elle se réveilla en bonne santé, et depuis cette époque, elle n’a eu aucune atteinte de cette maladie. .

« Observation IV. — Un enfant de quinze mois, encore à la mamelle, perdit sa gaieté le 25 novembre, et toussa beaucoup, surtout aux approches de la nuit. Il est à remarquer qu’on avait transporté son berceau auprès d’une fenêtre exposée à un courant d’air.

: « Le lendemain, même état, cependant l’enfant resta debout. Comme il n’y avait point de fièvre, on se contenta de prescrire un laxatif. Au milieu de la, nuit suivante, toux, respiration difïîcile, laborieuse, menaçant de suffocation ; voix striduleuse imitant le son de la trompette; mouvements violents delà poitrine, forte pulsation

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des artères. A cet état qui dura deux heures succéda un sommeil tranquille.

« Le !“■ décembre au matin, pouls plein, fréquent, face rouge, inquiétude extrême, respiration plus difficile, enrouement plus considérable ; ce fut alors qu’on commença à soupçonner l’existence de l’angine membraneuse. Une saignée de cinq onces au bras diminua la force du pouls et la difficulté de respirer. Vésicatoire à la partie antérieure du cou, lavement; ces moyens ne répondirent pas à notre attente. Vers le soir, le pouls redevint fort et élevé, la respiration très embarrassée ; il était facile de distinguer ce son striduleux qui est particulier à cette maladie. On employa alors toutes sortes de moyens pour faire respirer à l’enfant la vapeur de vinaigre ; on approchait de sa bouche des éponges trempées dans ce liquide qu’on avait eu soin de faire chauffer ; on en faisait bouillir dans des vases que l’on tenait près de son lit, ayant seulement soin de le couvrir d’un linge fin. L’air qu’il respirait se trouvait ainsi imprégné de vinaigre. Aucun moyen ne parut plus utile ; il diminuait la difficulté de respirer et procurait ensuite un sommeil paisible. On donnait pour boisson une infusion de sureau et de l’oxymel simple à forte dose. Vers le soir, l’urine parut entièrement blanche ; on y apercevait plusieurs petites concrétions muqueuses qui nageaient dans ce liquide sans aller au fond du vase.

« Le lendemain matin, le malade se trouvait un peu mieux, et il vomit spontanément des matières aqueuses. Ce vomissement ayant recommencé vers midi, et la violence de la maladie se trouvant diminuée, il y avait indication de prescrire un vomitif ; des doses réitérées d’oxymel scillitique déterminèrent un vomissement abondant de

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fragments membraneux de couleur blanche, de diverses grandeurs. Ils n’étaient point mêlés de mucosités ; il était d’ailleurs facile de les distinguer du mucus ordinaire par leur grande ténacité. Le succès de ce vomitif engagea à en prescrire un second, qui fit encore rejeter au malade des matières membraneuses et du mucus extrêmement tenace.

« Il se fit alors un changement favorable ; le pouls et la respiration reprirent leur état naturel, et l’enfant dormit tranquillement le soir et la plus grande partie de la nuit exempt de fièvre et de tout autre symptôme fâcheux.

« Il se trouvait bien le 3 décembre au matin, et ne se plaignait que de son vésicatoire. Un laxatif qu’on lui donna, lui fit rendre beaucoup de glaires. Le mucus des narines commença aussi à couler en abondance. La nuit fut bonne, il survint de temps en temps de la toux, mais elle n’était point incommode. Dès le premier vomitif la voix perdit cet accent striduleux qui caractérise la maladie, et l’enrouement diminuait de jour en jour.

« On donna encore, le 4 décembre, un vomitif qui ne fit rejeter que peu de mucosités.

« Le 5, l’enfant avait de l’appétit, et reprit sa gaieté ordinaire. On continua encore quelque temps l’usage des laxatifs, qui évacuaient toujours une grande quantité de glaires. »

Struve.

{In Michaelis, traduction française, 1802-)

« Un enfant de douze ans, d’une bonne constitution, était atteint, chaque hiver, depuis quatre ans, d’une toux très rauque {ferina^, compliquée de fièvre catarrhale, et qui produisait des excrétions très abondantes de matières pituiteuses et très gluantes.

« Ces symptômes duraient depuis cinq semaines, et l’on employa inutilement les béchiques, les pectoraux, les fébrifuges et les autres moyens propres à combattre les catarrhes. Au bout de quelques autres semaines, le malade rejeta tout à coup, en toussant, une masse charnue, rouge, semblable à de la chair fraîche, ne répandant aucune mauvaise odeur, de la largeur et de l’épaisseur d’une phalange du petit doigt ; elle était creuse et ressemblait à une portion d’un vaisseau veineux.

« Du moment où l’enfant en fut débarrassé, la toux et la fièvre cessèrent et les forces revinrent de jour en jour Cette scène se renouvela encore plusieurs hivers avec l’appareil des mêmes symptômes, tandis que le reste de l’année l’enfant jouissait d’une bonne santé.

« (Cette observation, qu’on ne peut pas s’empêcher de regarder comme une véritable angine membraneuse, est très intéressante^et mérite plus d’attention, que celle qu’on en fait; le sujet en a été attaqué à plusieurs reprises, après de très longues rémissions que caractérise une santé parfaite.)»

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