‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 112 sur 174 · II. — AUTEURS AYANT ÉCRIT SUR LA SCARLATINE · texte numérisé non relu

II. — AUTEURS AYANT ÉCRIT SUR LA SCARLATINE

Confondue longtemps, semble-t-il, avec la rougeole, la scarlatine ne commença à en être séparée nettement que par Ingrassias, vers le milieu du xvi® siècle; mais cet auteur, pas plus que Coyttar, pas plus que Sennert et Ethmuller, n’insiste sur l’angine, bien qu’ils aient vu des formes très malignes avec complications cérébrales, respiratoires et même rénales. Même oubli chez Syden-

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ham. Morton, peu après, parle déjà d’une façon un peu plus explicite des troubles pharyngiens, mais sans leur accorder une grande importance. Il signale au même titre la courbature, la toux, la gêne de la déglutition, etc., sans indiquer la précocité des déterminations gutturales. « Au moment où l’érythème apparaît, dit-il, on constate du larmoiement, des phénomènes d’inflammation pharyngée, laryngée, bronchique; la fièvre s’accentue, la déglutition s’entrave, ainsi que la respiration et on peut voir survenir les symptômes propres à l’angine et à la péripneumonie, » La lecture des diverses observations de scarlatine, qu’il a rapportées dans son célèbre ouvrage, prouve que la pharyngite n’eut une certaine importance que chez l’enfant Philip (Observation, p. 34) et encore leslésions buccopharyngiennes semblent-elles dues plutôt à la cachexie déterminée par une diarrhée persistante (muguet?) qu’à la scarlatine elle-même. Hoffmann se contente de mentionner qu’il a observé dans cette affection des resserrements de la gorge, des spasmes, quelque gêne dans la déglutition. Il en est à peu près de même de Stoll.

Cependant, peu après, les choses changent d’aspect. Des angines d’une malignité incontestable sont signalées un peu partout. Ces épidémies frappent l’attention de tous les médecins qui eurent l’occasion de les observer. Des écrivains de la valeur de Fothergill et de Sauvao-e s’en font les historiens. Or, ces angines s’accompagnent d’un érythème scarlatineux caractéristique. Au début, on hésite à identifier les deux affections. Ce n’est qu’à la longue qu’on s’y décide. Cullen admet finalement : 1 une scarlatine sans angine; 2“ une angine scarlati- -neuse.

A quoi sont dues ces divergences extraordinaires chez les auteurs, ce mutisme prolongé du début sur les détermiuations pharyngiennes, puis tout ce bruit sur l’angine scarlatineuse si longtemps négligée. 11 y a peut être là, dans la façon dont a évolué successivement le mal, un des éléments qui permettront de répondre un jour aux graves questions pathogéniques que soulèvent les lésions gutturales de la scarlatine. On sait que l’intensité de celles-ci sont très variables suivant les épidémies, suivant les sujets; d’autre part, quand le contage se fait par les plaies cutanées ou par les organes génitaux (scarlatine chirurgicale, scarlatine puerpérale), l’angine fait le plus souvent défaut, parceque le pharynx ne serait pas alors la porte d’entrée du mal. D’autre part, la diphtérie semble compliquer souvent les manifestations angineuses de la scarlatine, ainsi que le démontre un certain nombre d’examens bactériologiques indiscutables ; et, quand on n’a pas rencontré le bacille de Lôffler, on a trouvé des staphylocoques et des streptocoques souvent d’apparence très virulente. La malignité de l’angine scarlatineuse serait-elle donc due à une infection secondaire? et, dans ce cas, ne peut-on pas admettre que, si au xvi® et au XVII® siècle la pharyngite de cette fièvre exanthématique a eu une allure si bénigne qu’elle a échappé aux observateurs, c’est parce qu’elle n’avait pas été aggravée de la présence d’un microorganisme autre que l’agent inconnu de la scarlatine ? Dès lors, l’erreur de Fothergill et de Sauvage qui confondaient cette angine avec le Garrotillo n’est plus aussi grossière qu’on aurait pu le supposer tout d’abord. En réalité, ils avaient peut-être observé le plus souvent une diphtérie, mais évoluant sur le terrain de la scarlatine et empruntant en partie sa

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gravité aux conditions exceptionnelles parmi lesquelles elle se développait. Signalons, en terminant, une autre source de confusion. Les écrivains du xviu® siècle font rentrer un certain nombre d’épidémies de scarlatine dans la fièvre pétéchiale. Or, cette prétendue entité morbide était constituée en réalité par des cas de fièvre scarlatineuse et par des cas de suette avec éruptions cutanées. La description des épidémiologistes est souvent si confuse, qu’il devient bien difficile de faire le partage entre les deux affections.

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