‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 116 sur 174 · DUPUY DE LA PORCHERIE · texte numérisé non relu

DUPUY DE LA PORCHERIE

Dupuy de la Porcherie a décrit les ravages qu’exerça la scarlatine, dans le pays de Charon, en 1762. Les cas de mort furent nombreux. Le plus souvent les phénomènes

TEMPS MODERNES

réactionnels étaient assez violents. La céphalalgie s’accusait fortement au-devant de la tête avec malaise, brisure générale, soif vive, inappétence, etc. La température fébrile, généralement élevée, s’accompagnait de batte- ' mentstrès marqués du côté des carotides. Mais les principaux phénomènes morbides prédominaient du côté de la gorge ; la dysphagie existait même pour les liquides ; la peau de la région cervicale, souvent rouge, se montrait généralement empâtée, tendue et fort douloureuse au toucher. Les ganglions du cou et les parotides étaient très tuméfiés. Un sédiment jaune et visqueux recouvrait la langue; les amygdales apparaissaient grisâtres, etc. Les saignées, pratiquées d’abord par le chirurgien de cette petite localité, ne faisaient qu’aggraver le mal, tandis que l’émétique amenait bientôt un soulagement notable. « Le nombre des malades que je soignais, dit l’auteur, augmentait de jour en jour et monta à cent et plus. Ils avaient en général le pouls petit et fréquent avec plus ou moins de chaleur et de sécheresse de la peau, un grand mal de tête, des déjections abondantes, avec plus ou moins de mal à la gorge, avec difficulté à avaler. Malgré la diversité apparente des symptômes, sous lesquels cette épidémie paraissait se marquer, il me fut aisé de reconnaître que la cause qui les enfantait était générale ; c’était dans tous une bile pure plus ou moins exaltée (cuite) qui passait avec plus ou moins de rapidité des premières voies dans les secondes, afiFectant la tête et la gorge des personnes de tous les âges, de tous les sexes et de tous les tempéraments ; dans ceux où elle se développait avec plus ou moins de fureur, elle formait dans le fon 1 de la gorge, près de 1 os hyoïde, dans la partie gauche, une inflammation qui suppurait promptement^ et dont le pus

MARTEAU DE GRANDVILUERS

très divisé se répandait bientôt dans la trachée-artère et dans les bronches, d’où la mort s’ensuivait nécessairement. » Les éruptions décrites permettent de reconnaiti’e la nature véritable du mal. Ajoutons que la relation de Dupuy de la Porcherie servit beaucoup à Sauvages pour dresser son tableau de Vangine maligne. Les quelques autopsies faites par l’auteur démontrèrent la présence dans la trachée-artère d’une nappe de pus presque continue (/. de méd., 1745).

Page 1