‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 118 sur 174 · TISSOT · texte numérisé non relu

TISSOT

neuse, qui régna en 1760 à Genève et dans les environs. Il fait tout d’abord une remarque intéressante, qui est la coïncidence de maux de gorge ordinaires très fréquents avec ceux d’angine spécifique. Y avait-il tendance, par suite de certaines conditions climatériques, aux phlegmasies pharyngées? Tissot n’est guère explicite sur ce sujet mais la chose est possible ; car on était au printemps, saison où les vicissitudes atmosphériques sont fréquentes et subites.

En tous cas, cette circonstance rendait parfois le diagnostic assez délicat, les deux affections débutant par du frisson, de la fièvre, du malaise, de la dysphagie. Mais, on remarquait cependant avec un peu d’attention, dans la plupart des cas, des différences assez tranchées. Dans l’angine scarlatineuse, il y avait de la toux, une certaine oppression. Ceci est assez particulier; car actuellement l’envahissement laryngé et bronchique est assez rare, contrairement à ce qui a lieu dans la rougeole. Mais nous tenons à rappeler que, dans les épidémies du XVII® siècle, il n’en a pas été de même. Y avaitjl en même temps bacille de Loffler et la phlegmasie des voies aériennes était-elle, en conséquence, pseudomembraneuse ? L’intensité de la fièvre, la sécheresse de la gorge, le pouls fréquent et bondissant, le gonflement notable des amygdales, se voient encore facilement de nos jours dans les esquinancies scarlatineuses tant soit peu accentuées. Mais, ce qui révèle le caractère malin de ces lésions buccopharyngées, c’est que les parotides et surtout les glandes sous-maxillaires étaient énormément tuméfiées ; il paraît même que la douleur, dont les malades se plaignaient le plus, siégeait au niveau de ces dernières. Quand le mal était grave, tout le cou gonflait; toutefois

TEMPS MODERNES

Tissot ne signale pas l’adénite ganglionnaire, cause de cette tuméfaction.

L’abattement et l’assoupissement étaient très marqués. Quant à l’éruption, elle se généralisait ; tout le corps était d’un rouge intense. On aurait constaté parfois de véritables ulcérations au niveau des amygdales.

Parfois, surtout chez les adultes, le mal de gorge se dissipait sans érythème et sans sueur; néanmoins l’asthénie restait tout aussi marquée et la guérison ne s’effectuait complète qu’au bout d’un temps assez long.

Enfin, chez certains sujets, malgré l’existence de ces phénomènes putrides accentués du côté de la gorge, le processus inflammatoire du pharynx restait peu intense.

Page 1