‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 142 sur 174 · I. — Causes occasionnelles · texte numérisé non relu

I. — Causes occasionnelles

Les auteurs grecs avaient fait des causes occasionnelles de l’angine une étude approfondie (Voy, Gælius) et signalent déjà la plupart d’entre elles, notamment le froid humide, les mets âcres, les poussières irritantes, l’air trop chaud, les excès de table, etc. (1). Ils avaient même (Galien notamment) mentionné les esquinancies par suppression du flux menstruel. Ces dernières fixèrent beaucoup l’attention au xvi® et aü xvii® siècle (2). On admit en outre que les troubles pharyngés qui surviennent parfois à la suite d’une disparition d’un flux hémorroïdaire relevaient du même mécanisme. On exagérait du reste l’importance de ces déterminations morbides. Quelques auteurs (Hoffmann) signalèrent, en cas de suppression des lochies, des phénomènes analogues ; et en effet, dans les suites de couches pathologiques, il peut survenir des troubles pharyngés et même de véritables angines. Les observateurs avaient du reste remarqué une incontestable prédisposition chez certains sujets; la moindre cause d’irritation amènerait chez eux, sinon de l’angine totale, du moins de l’amygdalite. C’est ainsi qu’Ethmuller, très partisan, comme ses contemporains, de la méthode dérivative, conseillait de porter un séton au bras pour affranchir l’organisme de ces crises répétées.

(1) Yoy. p. 180, 187 et 202 in T. 1.

(2) Voy. Zacutus Lusitanus, Sennert, Ethmuller, Schenkius, etc., in T. II et T. III (Textes).

TEMPS MODERNES

Tulpius a vu un cas de pleurésie se compliquer à un moment donné d’angine ; mais il est probable (Voy. textes T. III) qu’il s’agissait de troubles réflexes, et non inflammatoires. Il n’a pasdû en être toujours de même dans certaines phlegmasies intestinales (entérites, dysenteries), signalées d’abord par Fabrice de Hilden et souvent notées depuis, qui déterminèrent, disent les écrivains du temps, non seulement de l’angine sans lésions apparentes, mais des amygdalites. De récentes publications, par exemple sur les angines suecédant à la salpingo-ovarite, semblent prouver que le pharynx peut être atteint par des infections secondaires. On a signalé des faits semblables dans la pneumonie, l’entérite aiguë. Sans doute tout cela est exceptionnel ; il est cependant impossible de ne pas en tenir compte et d’admettre d’une façon uniforme que tous les faits rapportés par les praticiens de l’époque étaient des cas de dysphagie purement nerveuse.

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