‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 147 sur 174 · Y. — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

Y. — PRONOSTIC

Les auteurs de la Renaissance et un certain nombre de ceux du xviii® siècle (Zacutus Lusitanus, Mercado, Heredia, Sennert) se contentent de copier sur ce sujet les anciens et surtout Avicenne (1), qui avait du reste écrit sur le pronostic des angines une étude fort remarquable, où se trouvaient habilement combinées les données tirées d’Hippocrate et de Galien avec celles de son observation personnelle. C’est lui qui avait insisté sur la bénignité de certaines formes (phlegmatiques), sur le caractère malin pour ainsi dire d’emblée de quelques autres esquinancies (sanguines, bilieuses, pituitaires âcres), ainsi que sur la tendance chronique et ulcérative de certaines affections gutturales (atrabilaires). Il avait montré les perturbations viscérales diverses que peut entraîner la phlegmasie du gosier, et en avait même exagéré l’importance,

(1) Voy. T. I, p. 259.

ANGINE

comme nous venons de le dire dans un chapitre précédent (Complications^, entraîné qu’il était par la doctrine de la métastase.

Au XVII® et surtout au xviii® siècle, où les auteurs de l’antiquité et de la période arabe commencent à perdre de leur influence, bien que souvent consultés (principalement les Grecs, car les Arabes ont été frappés d’ostracisme à la suite des grandes luttes de la Renaissance), la tendance à créer dans la pathologie pharyngée des types nouveaux permit de développer cette idée déjà esquissée dans Avicenne, mais reposant sur une base humorale trop hypothétique : que certaines fausses angines, la catarrhale par exemple, sont d’une essence bénigne et rentrent dans la catégorie de ces maladies pharyngées, auxquelles ïhessalus, le fameux méthodiste, refusait dédaigneusement le titre de maladie, tandis que d’autres, telles que la laryngite (cynanche), cantonnées à l’extrémité supérieure de l’arbre aérien, menacent de suffoquer les malades, ou bien déterminent un état général grave, des complications multiples, à cause d’une sorte de venin caché qu’elles empruntent au génie épidémique (angine maligne de Boerhaave, Sauvage, Fothergill, Cullen ; états catarrhaux et bilieux malins de Stoll et des autres épidémiologistes). La fragmentation de l’angine en une série de types morbides distincts, dont nous avons montré les inconvénients au point de vue de la pathologie générale, fuLdonc un progrès en'ce qui concerne le pronostic.

Notons que, comme les Grecs et les Arabes, les médecins des temps modernes tiennent le plus grand compte

(1) Voy. son traité de la dyspnée.

TEMPS MODERNES

de la fièvre, du pouls, de l’état des forces et de celui du système nerveux.

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