C. — Purg-atîfs
On purgeait généralement après l’émission sanguine, (Paracelse rejetait cette pratique), comme l’avait recommandé Galien ; même les iatrochimistes et les iatromécaniciens, encore tout imbus des pratiques mises en honneur par l’humorisme, continuaient à y avoir recours.
ANGINE
La casse, la manne, le tartre (tartrate de soude, etc.) étaient les purgatifs préférés. Les pilules étaient généralement délaissées, parce que leur consistance solide les rendait, comme le dit Trincavella, peu propres à être dégluties par un pharynx enflammé. Les bols plus mous étaient davantage usités ; on se servait surtout des décoctions, des potions. Dès le xvi® siècle, les praticiens purgeaient du reste avec modération, rejetant presque tous les purgatifs âcres de leurs prédécesseurs. Ils avaient même reconnu que, dans la diphtérie par exemple, il était inutile et même nuisible de purger les malades. Rappelons à ce sujet que des médecins distingués, tels que Mercuriali, Massaria, bien que très partisans du galénisme, admettaient quel’apostème une fois en formation, il était bien difficile de déloger les humeurs et que, par conséquent, les purgatifs étaient le plus souvent inutiles. Zacutus Lusitanus combat vivement cette opinion.
D. — Vomitifs.
Par contre, les vomitifs jouissaient d’une grande vogue. On avait reconnu leur utilité incontestable dans les états saburraux du tube digestif. On remarquait qu’ils diminuaient la sécheresse et l’ardeur du gosier, mais sans se douter encore que ces résultats favorables étaient dus à l’hypersécrétion des glandes. Les vomitifs doux étaient surtout l’oxymel scillitique, qu’on employait de préférence chez les enfants : chez l’adulte on recourait plutôt aux préparations à base d’antimoine. L’antimoine, en effet, 1 avait emporté, malgré des contradicteurs ardents et convaincus, tels que Guy Patin.
D autre part, quand l’apostème était presque mûr, et qu on le jugeait d’une ouverture difficile par l’instrument
TEMPS MODERNES
tranchant, au lieu de' passer comme autrefois une tige de bois, ou d’enfoncer une éponge retenue par une ficelle, pour faire crever ainsi la collection purulente, on préférait faire vomir énergiquement le malade, afin d’obtenir le même résultat, grâce aux contractions des parois pharyngées. On s’épargnait ainsi des manœuvres pénibles et dangereuses.
2° TOPIQUES PHARYNGÉS
Ce sont les mêmes que ceux de la période grécoromaine.
A. Gargarismes.
Les gargarismes sont délaissés par quelques-uns, dit Ethmuller, parce qu’ils les croient plus nuisibles qu’utiles ; ceux-ci ébranleraient fortement un organe enflammé, qui a besoin de repos. Ils se contentaient donc de faire garder dans la bouche le liquide médicamenteux, d’en faire avaler quelques gouttes avec toutes les précautions possibles et de faire ensuite rejeter le restant. Mais la plupart des médecins, moins timorés, continuaient à suivre les traditions, prenant bien garde, il est vrai, de tomber, comme les anciens humoristes, dans l’abus des astringents. On avait, en effet, reconnu que ces substances irritantes ne font au début qu’augmenter l’intensité de la réaction inflammatoire. Les drogues employées étaient à peu près les mêmes que du temps de Dioscoride et de Pline. Cependant, les simples tirés des jardins potagers (ail, oignonj ciboule) n’étaient plus usités ; d’autre part l’origan, l’hysope, la rue qui avaient maintenu leur réputation jusqu’à la fin du moyen âge, avaient perdu presque
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toute leur vogue. On prescrivait comme gargai'ismes adoucissants, le lait, l’hydromel, la décoction d’orge. On ajoutait généralement à ces liquides des décoctions d’hysope, de bois de réglisse, de dattes, de figues (fruits pectoraux), de camomille, etc.
Pour la confection des gargarismes astringents, on recourait surtout aux fruits âpres : coing, pomme verte, sorbes, brou de noix, noix fraîches [dianucum), mûres [diamoron], cornouilles, citron, grenade, etc. Toutes les pharmacies renfermaient des sortes d’extraits, tirés de ces substances. Le miel rosat aux pétales de roses rouges jouissait également d’une grande faveur. Il en était de même des préparations au suc de plantain, de joubarbe, de prunelles. L’eau de prunelle passait même pour le médicament par excellence des angines (la majorité des empiriques allemands, les disciples de Paracelse, etc.). Si la rue était délaissée, il n’en était pas de même de la çnoutarde. Tous les auteurs reconnaissent qu’elle est excellente pour clarifier la salive trop visqueuse.
Aune période un peu plus avancée du mal, on se servait des drogues minérales (alun, nitre, extrait de saturne), du vinaigre, de la poudre d’écorce de chêne, de noix de galle. Ethmuller recommande beaucoup les gargarismes au sel ammoniaque, qu’on additionnait d’hysope, de sureau, de camomille, de mélilot, etc. D’autres préféraient les râpures de dent de sanglier, de cornes de cerf, de camphre ; les huiles éthérées, vitrioliques, commencent à jouer un rôle important.
Les excréments de chien [album grecum), d’hirondelles, de chèvres, de brebis, d’homme, etc. n’étaient pas encore oubliés. Paracelse et Hartmann son disciple en vantaient l’emploi parce que, disaient-ils, ces excré-
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ments sont imprégnés d’un sel nitreux fort utile. Ethmuller n’a pas honte de recommander aussi les cendres de chauves-souris, qu’on faisait calciner à cet effet.
B. — Masticatoires.
Assez usités, les masticatoires principaux de cette époque sont le poivre, le gingembre, les clous de girofle, la cardamome, le mastic, c’est-à-dire les aromatiques du genre des épices ; on utilisait aussi parfois le camphre, etc.