C. — Poudres en insufflation
Les insufflations de poudre étaient surtout usitées dans les maladies de la luette, moins pour les amygdales et peu pour l’angine ; leur emploi était donc limité, contrairement à ce qui se passait dans le moyen âge. On se servait de poudre de tannin, de noix de galle, de fruits astringents, de pétales de roses désséchées, etc. Le nitre, l’alun pulvérisé, le phlegme de plomb et même l’arsenic étaient prescrits, surtout contre les affections ulcéreuses.
D. — Collutoires pharyngés.
Les collutoires étaient en partie abandonnés dans l’angine simple, parce que, comme le dit Trincavella, leur bénéfice est illusoire, à cause du peu de temps qu iis séjournent (déglutition) et parce que les parois de l’organe sont trop enflammées pour se laisser humidifier et ramollir. Cependant, dans l’ulcère, on s’en servait beaucoup. En outre des substances recommandées pai* les Grecs et les Arabes, on utilisait Veau-de-vie, sauf chez les enfants, parce que, disait-on, la bouche, à cet âge, ne pourrait résister à un remède si douloureux. Dans les
ANGINE
cas d’abcès amygdaliens, quelques-uns touchaient la région malade avec’ de l’huile de vitriol, soutenant que l’abcès s’ouvrait aussitôt (Ethmuller). Contre la diphtérie et la gangrène, l’alun, le nitre, le sulfate de fer, l’acétate de cuivre (vert de gris) avaient été prescrits par différents médecins, notamment par les Espagnols.
30 topiques pharyngés externes
Les topiques pharyngés externes tendaient à être délaissés, bien que Pringle eût reconnu que les enveloppements chauds avec des linges trempés dans une solution d’ammoniaque soulagent beaucoup le malade.
Les cataplasmes étaient les préparations les plus usitées. Leur composition continuait k être très complexe. Le plus souvent, on les confectionnait avec de la mie de pain-, on utilisait aussi la farine de lin, la farine d’orge ou de fenugrec.
Comme révulsifs, on prescrivait les sinapismes, les vésicatoires dont Stoll et d’autres faisaient grand usage dans certaines constitutions épidémiques. Les ventouses scarifiées tendaient à être délaissées pour les sangsues. Enfin, si on pratique encore beaucoup les scarifications internes et externes au xvi® siècle, on y a très peu recours au xviii® siècle, sauf pour les amygdalites, la mode de ces incisions ayant été reprise dans ce cas particulier, en Angleterre, puis en France (Voy. Vicq d’Azyr). Contre les récidives si fréquentes du mal, chez certains sujets, Ethmuller s’est bien trouvé de mettre un séton sur le bras. '
Enfin, terminons en rapportant une pratique populaire allemande. Les gens de ce pays, dit Sylvius, se mettent,
TEMPS MODERNES
en cas d’angine, autour du cou leurs vieux bas, et disent que cela leur calme la douleur et fait disparaître l’inflammation. En effet, reprend-t-il, ces bas trempés de sueur sont tout imprégnés des sels volatils de ce liquide, c’està-dire de principes analogues à ceux de l’urine.