PROSPER ALPINUS
Prosper Alpinus est un exemple typique des nouvelles tendances qui commencent à se faire jour au xvi® siècle. Très érudit (il a composé un livre célèbre sür la médecine des Égyptiens), il avait fait une étude particulière du traité de Cælius Aurelianus et avait même intitulé son ouvrage : De la médecine méthodique. Mais il ne faudrait pas que ce mot nous induise en erreur et nous fasse conclure à une renaissance du méthodisme. Alpinus est encore tout imprégné de galénisme et, s’il fait des emprunts assez nombreux aux doctrines de Thémison, il cite plus souvent encore Hippocrate et Galien. Il en est ainsi dans son passage consacré à l’angine.
Il en indique d’abord les variétés, et insiste tout particulièrement sur celle qui ne se révèle par aucun symptôme apparent, et qu’on considérait comme la plus dangereuse. Il nous apprend que lui-même en fut atteint, en 1560, et qu’il courait le danger d’être étouffé, quand une tuméfaction se produisit à la région sus-hyoïdienne ; un traitement approprié dérivale mal, et, « finalement, dit-il, Dieu aidant, je fus sauvé». Prosper Alpinus, définit l’angine comme Soranus (Voy. Tome I, texte p. 186) ; mais, s’il râppoi’te la théorie de la constriction des pores, il penche visiblement pour Thumorisme. Il parle en effet sans cesse
des fluxions, des humeurs, de gargarismes astringents, de lavements détersifs, dont Cælius avait formellement interdit l’emploi. Pour juguler une affectionqüi, selon lui, peut tuer en moins de vingt-quatre heures, il est partisan des médications les plus énergiques (saignées, ventouses scarifiées) ; mais il hésite pour les scarifications locales. Il rapporte à ce sujet l’opinion de Cælius, suivant lequel les incisions ne font qu’exaspérer le mal.