‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 160 sur 174 · II.—ANGINE SCARLATINEUSE · texte numérisé non relu

II.—ANGINE SCARLATINEUSE

La scarlatine, signalée pour la première fois par Ingrassias, ne fut décrite du reste par ce célèbre médecin que -d’une façon assez sommaire. Il se contente de dire que la rougeur diffuse s’observe partout, même dans les viscères. Comprenait-il la gorge dans ces viscères ? c’est probable, mais pas certain.

Chose singulière, niCoyttar, ni Sennert, niEthmulIer, ni même Sydenham, qui passe pour avoir distingué définitivement la scarlatine de la rougeole, ne parlent de l’angine. On pourrait presque supposer que la pharyngite de ces premières épidémies devait être peu intense, bien que Sennert ait signalé d’autres phénomènes très graves du côté du système nerveux, ou de la peau, et même des reins (œdème). Stoll et Hoffmann ne sont pas plus explicites à ce sujet.

Mais au xviii® siècle, quantité d’épidémies scarlatineuses malignes furent décrites, notamment par Huxham

PROCESSUS ÉPIDÉMIQUES ET SPÉCIFIQUES

et Fothergill, en Angleterre ; Dupuy de la Porcherie, Sauvage, Marteau, en France; Tissot, en Suisse ; Rosen, en Suède, etc. Il y eut même à ce moment une confusion persistantè avec l’angine gangreneuse d’Arétée et avec le Garrotillo des Espagnols. Cependant, Terreur de ces écrivains est facile à relever, grâce à l’existence de Térythème pourpré, qu’ils signalent.

Cullen, trompé par les descriptions des écrivains qui parlèrent les premiers du mal, admit à tort une scarlatine sans angine et une synanche scarlatineuse.

Les symptômes furent assez bien étudiés par Huxham, Fothergill, Dupuy de la Porcherie, Sauvage, Marteau, Tissot, Read, etc. Ces auteurs ont noté avec soin la rougeur écarlate de la cavité buccopharyngée, l’intensité de la fièvre, les sécrétions sanieuses, l’aspect spécial des amygdales. Ils insistent sur la gravité du pronostic. Ils signalent fréquemment Texistence de la toux, d’aphonie, de bronchite, de pneumonie, de pleurésie, bien que ces complications respiratoires soient plutôt rares à l’heure actuelle. Ils mentionnent aussi les états ataxo^adynamiques et l’œdème. Ils parlent même d’urines sanglantes, d’urines blanchâtres et de troubles de la miction, qui, disent-ils, sont d’un mauvais augure.

L’intensité des phénomènes morbides, l’amygdalite spéeiale (pultacée) d’apparence gangreneuse, la notion d’épidémie permettaient facilement de séparer le mal de Tangine ordinaire.

Contre cette affection, on ne recourait pas à la saignée, ni aux purgatifs, mais aux sudorifiques, aux diurétiques, aux toniques, même à Teau-de-vie.

TEMPS MODERNES

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