II. — BronchuS
Sous le nom de hronchus, immédiatement après l’apostème guttural, Paracelse décrit, d’une façon fort brève et fort vague il est vrai, l’amygdalite, bien qu’il ne nomme pas expressément son siège, les tonsilles. En effet, il emprunte ce terme baroque aux vieux chirurgiens italiens, notamment à Rolando. Or, chez ces auteurs, le mot bronchus a la signification que nous lui donnons ici. D’autre part, si Paracelse ne parle pas des amygdales, il signale la tuméfaction de la luette et du voile, qui est si fréquente dans cette affection.
Il attribue le mal à une descente des humeurs, qui, dévoyées ou altérées, s’élimineraient par les tonsilles, qu’il regardait comme une sorte d'émonctoire. Ceci semblerait démontrer que Paracelse, au besoin, se rangeait, comme ses contemporains, parmi les partisans de doctrines pathogéniques, qu’il combat autre part avec tant d’âpreté ; mais Ce n’est qu’un apparence. En effet, si l’on se rapporte à son traité de philosophie médicale, on voit qu’il entend par humeurs, les liquides de l’organisme chargés de toutes sortes de déchets^et en quelque sorte excrémentitiels. Ainsi, pour lui, la bile est surtout nuisible parce qu’elle contient toutes sortes d’excréments, notamment ceux du foiei Paracelse était ainsi arrivé à cette notion fort juste que les liquides de Vorganisme
TEMPS MODERNES
sont chargés de principes toxiques, dus aux modifications chimiques multiples que subit la matière vivante.
Pour lui, le bronchus est une maladie caractérisée par une inflammation de la luette et du voile, ainsi que des parties voisines, qui, tantôt reste cantonnée, et tantôt se propage au reste de la gorge, déterminant les phénomènes habituels de l’angine.
Comme traitement, Paracelse recommande principalement les « arcanes », c’est-à-dire lès médicaments à propriétés cachées et mystérieuses, dont il fait si grand cas ; aussi préconise-t-il surtout l’eau de prunelle contre le bronchus. Il indique encore deux gargarismes ; l’un composé de suc de pyrèthre, d’hypéricum, de persicaire, associes à l’oxymel, l’autre préparé avec du suc de grenade, de persicaire et de vinaigre. Ces topiques déjà employés par les anciens étaient regardés par eux comme cautérisants et excitants.