‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 24 sur 174 · SUCCESSEURS DE PARACELSE, SYLVIUS DE LE BOE · texte numérisé non relu

SUCCESSEURS DE PARACELSE, SYLVIUS DE LE BOE

rien de l’espèee de vie que leur prêtait Paracelse ; ils sont simplement acides ou alcalins. Si les phénomènes qu’ils déterminent sont anormaux, les humeurs deviennent ou trop âcres (chargées de sels), ou trop alcalines, ou trop acides. Ces âcretés, ces alcalinités, ces acidités suffisent pour engendrer toutes les maladies, en détériorant le sang, la bile, ou la pituite, humeurs qu’il conserve, mais en leur faisant subir quelques modifications. Ainsi, la pituite est pour lui identique à la lymphe, dont les recherches d’Aselli sur les chylifères, de Rudbeck et de Bartholin sur les lymphatiques, avaient montré l’abondance dans l’organisme. Or, il faisait rentrer dans la lymphe les secrétions pancréatiques et salivaires, que les physiologistes du temps commençaient à étudier, quoique d’une façon encore bien imparfaite. Cette lymphe ou pituite déterminerait, lorsqu’elle est secrétée en trop grande abondance, lorsqu’il y a, comme il le dit, diarrhée des glandes muqueuses, l’état spécial qu’il appelle déjà fièvre catarrhale et qu’il déclare constitué par le coryza, l’angine bénigne, la toux, etc. Dans un autre chapitre, où il énumère les obstacles à l’inspiration, il dit que, si le larynx, les amygdales ou les parties voisines sont gonflées par une pituite épaisse, l’air n’arrive que difficilement aux poumons. Cette viscosité, cette condensation des humeurs étaient due, suivant lui, au ralentissement de la circulation et surtout à une acidité exagérée. Nulle part, du reste, on ne trouve dans sa pratique médicale autre chose que de courtes allusions au pharynx; car ses œuvres ne comportent que de la pathologie et de la thérapeutique générales. Il est un peu plus explicite cependant sur la prunelle de Paracelse qu’il appelle « febris synochialis, pumicie nigricans », qui détermine.

TEMPS MODERNES

dit-il, une chaleur et une rougeur intense, mais sombre, de la gorge et de la langue, dont la coloration tourne bientôt au noir. Ce n’est plus la pituite qui l’engendre, mais une bile, tantôt âcre, tantôt trop épaisse, pénétrant dans les glandes de la région, se mêlant à la salive et imprégnant même l’air que 1 on respire, de telle sorte que les narines et les lèvres se gercent et se couvrent de croûtes. Plus loin, il se demande, s’il n’y aurait pas aussi altération huileuse de labile. Contre cette affection qu’il juge assez dangereuse, il conseille tous les remèdes qui luttent contre l’ardeur, l’âcreté et les modifications de couleur des parties malades. Il recommande les gargarismes astringents, au plantain, au lactucarium, à la portulace, à la feuille de troène, de fraisier, au fruit du prunelier, qu’on additionnera de sirop de mûres, de grenade, de vinaigre et de citron. Il est même partisan de la déplétion sanguine par les veines ranines, quand la langue se tuméfie. Comme on le voit, c’est à peu près les remèdes recommandés par les auteurs de cette époque (Sennert).

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