‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 38 sur 174 · GUILLEMEAU · texte numérisé non relu

GUILLEMEAU

Le traité de chirurgie de Guillemeau semble la plupart du temps un emprunt aux œuvres d’Ambroise Paré. Cependant, il émet parfois des idées originales. Ainsi, après avoir assez longuement décrit l’inflammation tonsillaire, les abcès qu’elle détermine, le traitement chirurgical qui lui convient, passant à l’hypertrophie amygdalienne et aux troubles mécaniques qu’élle entraîne, il propose pour la première fois d’en faire l’ablation au moyen de la ligature. « Si telles glandules (amygdales) sont fort prolongées et dures, sans espérance de se pouvoir remettre en leur naturel, il faudra user et employer la chirurgie, soit par la ligature ou par la section. Si rien ne presse, la ligature sera fort propre, et principalement s’il y a danger de flux de sang ; ce qui sera commodément avec notre instrument, en la forme et manière que nous avons décrite la ligature de la luette, se donnant garde d’en couper moins ou bien trop, car se faut se contenter d’ôter ce qui excède sa naturelle grandeur et grosseur. » Il s’agissait en effet, comme on sait, de s’opposer à la rentrée trop brusque de l’air dans les poumons et au dessèchement du bol alimentaire, qu’humectait la sécrétion amygdalienne. L’instrument de Guillemeau n’était que le serre-nœud d’Ambroise Paré un peu modifié. Le nouveau procédé de cet auteur passa à peu près inaperçu. Ce n’est qu’à partir des tentatives des chirurgiens anglais, notamment de Cheselden, que l’ablation par ligature entra réellement dans la pratique courante.

TEMPS MODERNES

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