MANGET
Manget est l’auteur d’une énorme compilation, qui est à la chirurgie ce que l’œuvre de Schenkius est à la méde-
TEMPS MODERNES
cine, et celle de Bonnet à l’anatomie pathologique. Il rapporte l’opinion d’un grand nombre d’auteurs à propos des points encore en litige ; de la sorte, chacun des chapitres de ce volumineux ouvrage en deux énormes in-folio se compose surtout d’extraits. D’ailleurs, la disposition des matières est purement artificielle. Manget suit l’ordre alphabétique; l’inconvénient de cette méthode, pour le pharynx par exemple, est que l’angine se trouve au commencement, les tonsilles vers la fin, etc. Cependant, Manget n’a point fait, dans le sens étroit du mot, œuvre impersonnelle. Ses emprunts sont encadrés dans une sorte de préambule, où la mise au point de la question, telle qu’on la comprenait à cette époque, est très bien faite ; l’on y trouve assez souvent des idées qui lui sont propres. Ce n’est pas du reste tout à fait le cas pour la pathologie pharyngée. La description des affections tonsillaires est empruntée à Fabrice d’Aquapendente et la technique opératoire à Van Home. Quant à l’angine, l’auteur semble s’être souvenu surtout de Sennert; cependant, il se montre au point de vue étiologique beaucoup plus iatrochimiste que ce dernier. Manget ne parle guère de la bile, ni de la pituite, mais d’obstruction dans les vaisseaux du pharynx, de coagulation du sang rendu épais par le surmenage, une alimentation vicieuse, de tromboses dues à l’air froid pénétrant dans la gorge, d’altérations âcres et salines du sang, qui non seulement irrite, mais encore corrode le pharynx.
Manget insiste beaucoup, après Schenkius, . sur les inflammations résultant de la présence de corps étrangers. Il parle aussi des épidémies d’angines et cite Troja qui avait assez bien décrit les symptômes de l’angine gangreneuse (diphtérie). La syphilis, selon