DESAULT
Les perfectionnements apportés par Desault sont surtout d’ordre instrumental, mais fort importants.
L’auteur expose d’abord les principales modalités inflammatoires que peut présenter l’amygdale : le catarrhe, le phlegmon et la gangrène. Celle-ci serait contagieuse ; il s’agit donc vraisemblablement de l’angine diphtérique. Abandonnant les deux premières variétés aux médecins, ce chirurgien s’occupe seulement des abcès. Sa technique opératoire ne diffère pas de celle de Dionis ; toutefois, il recommande le pharyngotome à lame cachée de J.-L. Petit.
Pour la destruction des amygdales hypertrophiées, il rejette les caustiques, dont il montre les inconvénients, ainsi que la ligature, qu’il regarde comme trop lente et trop douloureuse. Elle peut, du reste, selon lui, amener des accidents, en déterminant une tuméfaction énorme de la glande ainsi étranglée (cas de Gambati) ; enfin, ditil, le pédicule peut être souvent si volumineux que la pose de la ligature est pour ainsi dire impossible. En suivant le procédé de Cheselden, on tourne la difficulté ; mais il est encore plus simple de recourir à l’incision. On reprochait à celle-ci d’occasionner assez souvent la blessure des gros vaisseaux (carotide interne) ou encore du voile. Pour éviter ces inconvénients, Desault imagina une lame tranchante cachée dans une gaine. Cette gaine présentait sur un de ses bords latéraux une incisure profonde en demi-lune dans laquelle on plaçait l’amygdale, qu’on avait attirée au préalable avec une érigne. Ainsi elle ne pouvait plus bouger ; car, dès qu’on faisait progresser la lame, à la façon d’un couteau de guillotine,