LILIUM MEDICINÆ
l’Espagne musulmane et siège d’une célèbre université ainsi que d’une bibliothèque fameuse, pour se perfectionner dans l’arabe et trouver plus facilement les manuscrits dont il avait besoin. Les professeurs de Montpellier s’illustrèrent aussi en traduisant Albucasis et Avenzoar. Dès lors, il se fait une transformation complète dans l’aspect des choses ; à la pauvreté primitive succède une richesse de documents qui surprend, mais qui, du reste, est toute d’emprunt. Si en Occident cette fièvre de traduction rappelle ce qui se passa un paoment en Orient, il faut bien avouer que des esprits originaux de la valeur de Rhazès et d’Avicenne ne s’y révélèrent point. Tous les écrivains de cette période ne sont pas cependant sans mérite. Ils font preuve d’une grand érudition, parfois même d’observation clinique. La pathologie pharyngée ne reçut pas, il est vrai, de perfectionnements bien notables ; mais il est loin d’en être ainsi pour toute l’étendue de la nosologie. (Ce rôle sacrifié du pharynx se retrouve dans son histoire anatomique, comme dans son histoire pathologique.)
Nous nous contenterons pour l’école de Montpellier d’étudier les œuvres de deux de ses plus célèbres, représentants, c’est-à-dire le Lilium medicinæ de Gordon et le Philonium de Valescus de Tarenta.