BELL
déclare l’emploi « inadmissible ». Il en est de même pour l’extirpation au bistouri, qui, dit-il, expose à des hémorragies énormes. En fait, il se voit réduit « à recourir à la ligature ». C’était, comme on le sait, la pratique générale en Angleterre, contrairement à ce qui se passait en France où l’intervention sanglante était préférée. Dans son procédé, l’un des bouts du fil sortait par la narine, l’autre parla bouche ; sa canule double était légèrement courbée, conformément à la disposition des fosses nasales par rapport au pharynx. On commençait par introduire le fil par le nez, puis, quand celui-ci était arrivé dans la cavité pharyngée, « le chirurgien, le doigt dans la bouche du malade, ouvre l’anse de la ligature et, dès qu’il l’a passée autour de la tumeur, il l’avance autant qu’il est possible sur la racine. Il retient la ligature dans cette situation avec les doigts, tandis qu’un aida, après avoir introduit les deux extrémités de la ligature dans la canule, avance cette dernière sans faire d’effort dans la narine, jusqu’à ce qu’il en sente le bout dans la gorge ; alors on serre assez fortement le fil d’argent, pour le fixer dans la substance de la tumeur. » L’auteur reconnaît que, plus le pédicule amygdalien est étroit, plus la manœuvre est facile. Bell choisissait le nez pour la sortie des fils parce qu’ainsi, ils gênent moins, dit-il, que si la ligature et la canule pendent dans la bouche. L’auteur reconnaît du reste que la méthode différente de Cheselden, adoptée par Sharp, peut fournir également de bons résultats. Quand le pédicule est très gros, il recommande Fai’tifice employé par Cheselden en pareil cas.