‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 71 sur 174 · FLATTER · texte numérisé non relu

FLATTER

contenta d’administrer des gargarismes adoucissants ; au bout de quelques jours, l’esquille se détacha lors de l’ouverture de la collection purulente formée autour d’elle, et tout rentra dans l’ordre. La seule chose intéressante ici est la sage réserve de l’auteur. En effet, de son temps, les corps étrangers étant très redoutés par suite de la pusillanimité des malades et surtout en raison des cas mortels nombreux publiés, on tâchait de s’en débarrasser à tout prix, et on se livrait en cas d’échec à des manœuvres fort intempestives ; le fait de Flatter, suivi bientôt de quelques autres, démontra qu’on pouvait au besoin se contenter de l’expectation, comme Aétius l’avait déjà conseillé, l’esquille ou l’arête s’éliminant au bout d’un certain temps avec le pus.

Chez un autre patient, ün ulcère (obs. LXII) du voile avait détruit une grande partie de cet organe, ainsi que de la luette. Il en résultait un trouble considérable dans la phonation et la déglutition, les aliments revenant souvent par le nez. Le mal faisait de plus en plus des progrès, lorsque Flatter guérit celui-ci avec des gargarismes astringents et cautérisants h l’alun, au plomb, an sulfate de fer. Fuis, il recourut au mastic, à la myrrhe en fumigations. Fabrice de Hilden avait déjà publié un cas analogue, montrant l’étendue des désordres que peuvent déterminer ces processus ulcéreux. Ici, la syphilis n’est pas mentionnée, mais probable. S’agissaitil d’un lupus? d’un cancer? ces deux hypothèses sont invraisemblables puisque le mal guérit. Flatter note que, parla suite, les troubles fonctionnels s’améliorèrent, probablement à cause de la disparition des phénomènes inflammatoires.

L’obs. LXIII est celle d’un cas semblable où une

TEMPS MODERNES

bonne partie du côté gauche du voile, de la luette et même du palais osseux avaient été détruits, établissant ainsi une large communication avec les fosses nasales.

L’écrivain allemand (obs. LXX) nous parle ensuite d’un malade atteint vraisemblablement d’un rétrécissement de l’œsophage.

Les trois faits suivants ont trait à de la dysphagie nerveuse probablement d’origine spasmodique. L’auteur nous apprend que, vers la soixantaine, il présenta lui-même les mêmes troubles. Il a vu ces phénomènes devenir si intenses et si continus chez une femme enceinte, qu’ils déterminèrent la mort par inanition. Chez une autre femme, la dysphagie se produisit subitement avec perte absolue de la parole; mais finalement tout disparut, grâce à des gargarismes, selon lui, appropriés. Il s’agit certainement ici d’hystérie, comme le démontre la brusque apparition de l’aphonie.

Flatter (obs. LXXII) nous rapporte l’histoire assez intéressante d’un malade, auquel il avait enlevé trois ans auparavant une tumeur sublinguale, dont la consistance lœssemblait à celle du miel, et qui, à la suite d’un fort mal de dents, fut pris d’une tuméfaction identique à la première, mais envahissant en outre du dessous de la langue une partie de la gorge et de la région sus-hyoïdienne. Un traitement antipituiteux dissipâtes accidents. S’agissait-il d’un œdème inflammatoire ou d’un épanchement de salive dans le tissu cellulaire ?

Enfin (obs. LXXIV), Flatter a relaté le cas d’un vieillard qui eut, au cours d’une pleurésie, une angine si violente que la déglutition et la respiration ne s’accomplissaient plus qu’avec grande difficulté, malgré l’absence de signes physiques au pharynx. La mort ne

rivière

tard/ pas à survenir. Il est probable qu il s agit ici d une dysjphagie réflexe^ comme on en voit au cours de certaines pleurésies et surtout d’épanchements péricardiques.

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