‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IIChapitre 81 sur 174 · MORGAGNI · texte numérisé non relu

MORGAGNI

renseignements fournis par Morgagni sur les maladies dç la g.orge sont intéressants, mais disséminés sans ordre dans des lettres (4, 14, 22), qui s’occupent en mêpie.temps de lésions d’autres organes. Aussi sont-ils assez difficiles à trouver. Ils sont en réalité répartis sous deux rubriques différentes :

# 1®*' Amygdales et voile.

2° Angine.

Amygdales. — Après avoir signalé rapidement l’existence des inflammations, des abcès, des polypes, qui, dit-il, n’ont rien de spécial pour cet organe, il s’occupe de l’hypertrophie de ces glandes, du volume énorme qu’elles peuvent acquérir, de leur consistance squirrheuse, des troubles mécaniques qu’elles entraînent par leur grosseur exagérée, ll est d’avis qu’on n’y touche qu’avec précaution. Il a vu en effet une amygdale ainsi tuméfiée devenir après l’ablation d’une grosseur monstrueuse; l’induration envahit les autres parties voisines et le malade ne tarda pas à succomber. Il s’agissait évidemment, non d’une hypertrophie vulgaire, mais de tumeur maligne. Quelques mots seulement sur là luette, qui, dit-il, peut être trop courte, trop longue, se tuméfier, etc.

Angines. — On le sent gêné par l’insuffisance d’autopsies. Il se plaint amèrement de cette disette de matériaux, et s’étonne qu’une maladie aussi dangereuse ait suscité si peu de recherches. Il en est réduit d’abord à emprunter aux Ephémérides des curieux de la nature une observation de Stegmann (vol. VI, obs. 169, N S),

TEMPS MODERNES

relatant une épidémie d’angine chez des chiens ; le cou était tuméfié et les muscles du gosier étaient enflammés (Voy. Èpist. IV). Plus loin cependant [Epist. XIV), il rapporte l’autopsie d’un homme mort d’une angine suraiguë en trois jours malgré de nombreuses saignées. La langue épaisse était parcourue par des vaisseaux manifestement dilatés. Les amygdales étaient augmentées de volume; la membrane qui les recouvre (muqueuse) était infiltrée d’une sérosité consistante gélatineuse, La pression faisait sourdre du pus. La gauche comprenait une collection purulente. Le pharynx était rougeâtre, sa muqueuse congestionnée et infiltrée, ainsi que celle du larynx. On constatait aussi quelques traces d’inflammation dans la trachée. Le maximum des lésions inflammatoires se trouvait certainement à l’épiglotte tuméfiée sur ses deux faces, mais principalement sur les côtés, où il y avait deux saillies analogues comme couleur et volume à un condylome.

Il rapporte aussi que des médecins italiens ont rencontré, à l’autopsie, dans des cas d’angines, les amygdales et le voile gangrenés.

Morgagni n'a pas donné d’observations personnelles d’angine diphtérique avec nécropsie ; mais il a rappelé ce qu’on savait sur ce sujet, et cela se réduisait à peu de chose. Marc-Aurèle Severin dont nous parlons autre part (Voy. dipthtérie) et que Morgagni blâme avec raison de ne pas avoir pratiqué plus de nécropsies, quand il le pouvait si facilement, s’était borné à envoyer à Francfort le résultat d’une investigation cadavérique, au moment ou on allait tirer dans cette ville son célèbre ouvrage. L’envoi arriva trop tard pour être placé à la place convenable. On l’ajouta en addendum-, ce qui fit que la note

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