JEAN WIERUS
Après Paracelse et Werd, Wierus, le premier, a signalé la diphtérie buccopharyngée. Il raporte qu’en 1564, pendant l’hiver qui fut froid et humide, on vit survenir beaucoup à'adénites cervicales [colli tumores externi, glandulosi, pituitosi, discriminis e.xpei'tes), auxquelles succédèrent, pendant le printemps, l’été, l’automne, des angines très fréquentes et très dangereuses à évolution rapide. Leur contagion, leur gravité étaient pareilles à celles des affections pesteuses ; elles tuaient en trois ou quatre jours ; quelques-uns succombaient vers le septième. La guérison était exceptionnelle.
Le mal débutait par de la fièvre et des vomissements ; puis la langue se gonflait et l’aphonie survenait à cause de l’obstruction du larynx. Semblables phénomènes du côté de l’œsophage ; d’où dysphagie, même pour les liquides, qui ne pénétraient qu’avec la plus grande peine dans l’estomac. Là mort survenait dans les conditions les plus horribles. Cependant, sauf quelques cas d’érysipèle, la peau du cou restait intacte ; mais les humeurs peccantes corrodaient l’intérieur et, par leur acrimonie, déterminaient de nombreux cas de frénésie (phénomènes ataxo-adynamiques), les vapeurs toxiques s’élevant de la gorge jusqu’au cerveau. Parfois même, se portant sur les côtés du thorax, elles provoquaient l’apparition de pleurésies mortelles. Les pneumonies étaient plus rares, mais tout aussi fatales. Enfin, chez quelques malades, l’affection semblait gagner le rachis et provoquait des douleurs intolérables. Les flux menstruels étaient supprimés au moment de l’invasion du mal.