Épidémie de diphtérie à l’hôpital Necker
ANGINE DIPHTÉRIQUE
l’exsudation pseudomembraneuse, et l’enfant était emporté par le croup. De tels exemples sont fréquents.» Actuellement la persistance bien connue du bacille de Loefïler en un recoin des tonsilles, des fosses nasales, du pharynx, ou même sur la surface libre, à Tétât de simple saprophyte, expliquent facilement ces récidives ; au moment où écrivait Empis, la chose était moins compréhensible, d’autant plus qu’elle allait à l’encontre de l’assimilation de la diphtérie avec une fièvre exanthématique, ainsi que le voulait l’école de Tours1. L’auteur insiste aussi sur la rapidité extrême avec laquelle on voit parfois les pseudomembranes se généraliser, de telle sorte qu’elles peuvent « en l’espace de deux jours, occuper plusieurs points excoriés delà face, l’intérieur des fosses nasales, les plis de Taine, la vulve et enfin le larynx ». Mais, dans d’autrès' cas, les lésions demeureraient tout a fait cantonnées. « Quelquefois la diphtérite reste longtemps localisée sur un point, sans produire d’autre accident et sans qu’aucune répétition ultérieure ne se manifeste sur d’autres parties. Ainsi chez un de nos enfants, la diphtérite resta vingt-six jours localisée sur la même partie et finit par disparaitre sans qu’elle se fut répétée sur d’autres points. » Cette irrégularité dans l’évolution empêche (il le reconnaît) d’assigner, comme pour la pneumonie par exemple, une durée fixe à la maladie, et on ne saurait jamais au début quand l’affection se terminera. Ce sont ces différences de marche qui feront admettre plus tard par Barthez une forme chronique. « Disons, fait remarquer Empis, que la persistance de plusieurs des caractères de l’état général, et même d’un
1. Gomme on le sait, les fièvres exanthématiques ont une marche fixe et leurs récidives sont très rares.