‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 111 sur 170 · ROGER ET PETER · texte numérisé non relu

ROGER ET PETER

auteurs allemands. Elle est considérée alors comme résultant d’une infiltration des tissus par de la fibrine et par du pus qui, par la compression qu’ils exercent sur les vaisseaux, empêchent l’afflux du sang dans les parties affectées. Comme ces lésions se localisent aux surfaces malades, la couche superficielle des parties sera seule privée de vie, et une élimination moléculaire en sera les conséquences. Au-dessous de la portion éliminée se montreront des bourgeons charnus qui pourront euxmêmes être détruits par un processus analogue.

« En général cette gangrène moléculaire successive est le résultat d’une infection locale qui paraît liée à la présence des nécrophytes ou des microzoaires dont les espèces ne sont pas encore bien déterminées, la question étant -encore à l’étude, mais qui doivent varier suivant la nature de la maladie. »

Tout autre était la conception que se faisaient Roger et Peter de la structure et du mode de formation des fausses membranes.

Ils assignent à la fausse membrane trois états successifs : « d’abord molles et diffluentes, elles deviennent concrètes et enfin pulpeuses. »

Dans le premier cas, elles seraient constituées par un stroma granuleux amorphe, dans lequel on trouverait un certain nombre de lignes parallèles qui caractérisent la fibrine à l’état fibrillaire.

Dans le second, on observerait, en outre de nombreux noyaux libres, de rares cellules sphériques, des cellules d.’épithélium et enfin des fibres rectilignes, qui prendraient quelquefois un certain aspect feutré mais qui ne se réuniraient jamais en faisceau de tissu conjonctif. On n’y rencontrerait aucune trace de vaisseaux.

ANGINE DIPHTÉRIQUE

Dans le troisième, la fibrine se montrerait à l’état régressif ; elle aurait perdu son aspect fibr ill aire pour revenir à l’état granuleux ; on constaterait en même temps l’existence de noyaux libres et de globules blancs.

Dans son excellent. Traité des affections pseudomembraneuses diphtéritiques ou autres , Laboulbène insiste , sur la rougeur du début ; mais il reconnaît que, dans certains cas, la teinte rosée fait défaut ou est même remplacée par de la pâleur1. Il rappelle que les dépôts fibrineux qui recouvrent les muqueuses atteintes ont été appelés membrana falsa par Morgagni, pseudomembrana par Stoll. Nysten les définissait : « Une matière blanchâtre, élastique, plus ou moins résistante, formée accidentellement à la surface libre d’un tissu membraneux, et y adhérant avec une force, variable. » Thompson^îês attribuait à la lymphe organisable (lymphe coagulable de Hunter). Il faisait remarquer que, dans certaines lésions, dans des inflammations d’un certain degré et d’une certaine espèce, au lieu de sérosité, il se sécrète une substance qui ressemble à la lymphe coagulable du sang. Son aspect, sa densité, varieraient beaucoup suivant les circonstances, et elle aboutirait parfois à une véritable organisation. Ce ne serait en somme qu’une exsudation des vaisseaux sécréteurs-. Cruveilhier définissait aussi les fausses membranes comme un produit de sécrétion, se solidifiant immédiatement et possédant une certaine tendance à l’organisation. A propos de cette dernière phrase, il faut remarquer que les anatomopathologistes de l’époque de Bretonneau et la plupart de ceux de l’époque

1. Voip sur ce sujet la remarque caractéristique de Daviot et la note que nous y avons annexée.

2. Quelques auteurs soutinrent y avoir découvert de véritables vaisseaux lymphatiques et même sanguins.

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