LABOULBÈNE
de Trousseau faisaient une étude d’ensemble des dépôts fibrineux non seulement dans les voies digestives ou respiratoires supérieures, mais encore dans l’estomac, l’intestin, les séreuses, les vaisseaux, le cœur, et n’hésitaient pas à appliquer au pharynx les résultats de leurs investigations dans des organes de situation et de fonctions toutes différentes. Laboulbëne suivit leur exemple ; de telle sorte qu’une partie seulement de son savant ouvrage est utilisable pour le sujet qui nous occupe ; il porte les traces de préoccupations qui n’ont rien à faire ici ou même d’applications inexactes dé déductions tirées de processus morbides d’une nature entièrement dissemblable. Dans un ouvrage plus récent, dit Laboulbène, l’auteur précédent (Cruveilhier) ! a fait une étude approfondie de ces dérivés de la lymphe coagulable, et il est arrivé à peu près aux mêmes conclusions que précédemment. Quant, à lui, il nie énergiquement la nature locale delà diphtérie. Ce serait toujours une maladie générale, identique, dans sa nature quoi qu’à manifestations multiples ; les fausses membranes en apparence les plus localisées constitueraient la réaction de l’organisme contre l’action du virus diphtérique. Dans cette affection, reprendil plus loin, « il ne faut pas voir seulement le point de vue plastique, mais aller au-delà. » Influencé par les- travaux de Becquerel, de Gubler, de Millard etc. , Laboulbène admet une variété du mal méritant le nom d’angine gangreneuse que lui donnaient les écrivains du xvn® siècle. C’est sa diphtérie « gangreneuse ou accompagnée de sphacèle, clans laquelle les accidents de putridité dominent. Elle a une tendance à la mortification des tissus sous les fausses membranes. Elle est heureusement