‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. IVChapitre 117 sur 170 · GER VAIS, GERMAIN SÉE · texte numérisé non relu

GER VAIS, GERMAIN SÉE

simultanément avec elles, et six fois il les a précédées ; dans deux cas il était secondaire et existait seul.

« Il est difficile de se prononcer sur la durée du coryza couenneux; en effet, c’est une affection dont les gens du monde ne connaissent pas encore la gravité, et leur attention est surtout attirée par les affections pseudomembraneuses qu’il complique. Aussi souvent, dans les renseignements fournis par les familles des enfants malades, ne pouvions-nous obtenir aucune indication sur l époque du début. Dans quatre cas suivis de guérison, sa durée aurait varié entre trois et six jours ; dans treize cas suivis de mort, et sur la durée desquels nous avons pu nous renseigner avec assez d’exactitude, quelques-uns du reste ayant débuté sous nos yeux, la durée a varié entre deux et onze jours, et a présenté une moyenne de six à peu près. »

Eruptions scarlatiniformes. — Depuis longtemps on savait que la scarlatine peut se çompliquér de diphtérie. Dans une célèbre communication à la société médicale des hôpitaux en 1858, Germain Sée montra qu’il ne fallait pas se prononcer à la légère sur la coïncidence des deux affections %ur le même individu, la diphtérie pouvant produire à elle seule un exanthème scarlatiniforme. Il aurait vu celui-ci survenir chez des enfants atteints dé croup peu après la trachéotomie. L’éruption serait même assez fréquente, puisque, sur vingt-et-un opérés de janvier à juin 1858, il en aurait observé sept cas. Elle pourrait être scarlatiniforme ou scarlatineuse. La première variété qui fut rencontrée cinq fois consistait en une rougeur assez analogue à la scarlatine qui se montrait sur la poitrine et les membres, et respectait la face. Cette rougeur ne s’accompagnait pas

ANGINE DIPHTÉRIQUE

de vésicules miliaires et n’était point suivie de desquamation. La durée fut de deux jours environ, et la plupart de ces petits malades moururent. L’apparition fut assez précoce par rapport au début du mal, puisqu’on la constata dès le lendemain ou le surlendemain de l’entrée à l’hôpital.

La forme scarlatineuse survint chez deux croupeux de un à quinze jours après leur entrée; c’était bien de tout point l’éruption de la scarlatine, suivie plus tard de sa desquamation caractéristique. Un de ces sujets guérit, l’autre succomba huit jours après l’arrivée de l’exanthème avec des phénomènes d’anasarque et d’albuminurie. Germain Sée regarda l'érythème scarlatiniforme comme une fausse scarlatine, c’est-à-dire comme une éruption dépendant de la diphtérie.

Guersant déclara qu’il avait déjà noté des faits assez semblables; mais, comme il prescrivait du calomel à ses opérés, il attribua ces accidents cutanés à de l’hydrargyrisme. À l’occasion de cette communication. Marolle dit avoir vu un érythème scarlatiniforme chez un enfant de trois ans et demi, qui avait eu d’abord un coryza, puis une angine pseudomembraneuse. -L’éruption apparut le neuvième jour de la maladie et disparut deux jaurs après. Elle consistait en plaques d’un rouge vif analogue à celles de la scarlatine. L’enfant succomba au quinzième jour. Lui aussi croyait à l’influence d’une intoxication générale.

Bernard affirma qu’il avait observé également un érythème scarlatiniforme tout récemment chez une femme atteinte d’angine couenneuse. L’exanthème, dit-il, était bien prononcé au cou et à la poitrine, mais insignifiant sur le reste du corps.

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