BOUÇHUT ET LABADIE-LAGRAVE
ricjue a été décrite pour la première fois par Bridger John, de Clfeltenham [Mèd. Times , 1864). Il eu aurait observé cent un cas.- Bouchut et Labadie-Lagrave firent sur ce sujet une communication à l’Académie des sciences en 1872, où ils insistèrent sur la fréquence de cette complication secondaire, qu’ils auraient noté vingt-deux fois sur quarante cas. Labadie-Lagrave, revenant, en 1873, sur cette question, affirma que l’endocardite végétante aiguë serait presque constante à des degrés d’intensité divers, il est vrai. Il y aurait de la rougeur générale ou limitée au bord libre des valvules, des saillies mamelonnées autour des orifices et qui seraient de véritables végétations de l’endocarde. D’un rouge vif à leur base, d’un gris rosé à leur partie moyenne, souvent blanchâtres à leur sommet, elles seraient souvent nacrées, brillantes, fibreuses. La fibrine du sang se déposerait peu à peu autour de ces lésions, qu’elles dissimuleraient. Parfois, il surviendrait de véritables stalactites fibrineuses. Parrot attaqua ces conclusions de Labadie-Lagrave [Arcli. de Phys., 1874) et montra que la rougeur serait produite surtout par une imbibition cadavérique; quant aux saillies mamelonnées, elles seraient le résultat de la transformation fibreuse de petits hématomes développés sur les valvules pendant les premiers temps de l’existence. Quoi qu’il en soit, voici la note de Bouchut et Labadie-Lagrave, à laquelle nous avons fait allusion plus haut.
« Dans le cœur, il y a presque toujours, quatorze fois sur quinze, une endocardite végétante, avec dépôts fibrineux qui sont l’origine de fréquentes embolies.
« Des infarctus sanguins, suite d’embolies, ont quelquefois lieu sous le péricarde, entre les fibres musculaires altérées du cœur et dans le tissu cellulaire sous-cutané,
ANGINE DIPHTÉRIQUE
où peuvent se former de petits abcès métastatiques. Des | thromboses veineuses existent dans la pie-ifière, dans le ^ cerveau, dans le foie et dans les différentes parties do corps.
cc Avec ces lésions, existent toujours une leucocytose J plus ou moins prononcée, très considérable si le cas est très grave.
« Endocardite, embolies disséminées dans les poumons ou dans les tissus, thromboses veineuses de différents viscères, leucocythose aiguë, telles sont les lésions nouvelles à étudier dans l’angine couenneuse et dans le croup. »
Dans son excellente thèse, Collendreau rapporte le -î résultat de ses propres investigations, sur le sujet, dans le passage suivant : « Quant à l’endocardite, nous ne l’avons jamais vue suffisamment nette pour pouvoir affirmer son existence comme liée à la diphtérie. Dans un cas, on pouvait penser à l’endocardite au premier degré ; mais le doute était permis puisque nous n’avons rencontré que des cellules embryonnaires normales aux bords festonnés des valvules. »
Les stéatoses du cœur avaient, depuis quelque temps, été signalées, et on en avait noté la fréquence relative. On savait que cette lésion pouvait se borner à un petit nombre de fibres ou frapper la totalité de l’organe, qui prendrait alors une coloration feuille morte caractéristique. Sa consistance serait perdue ; il deviendrait friable et conserverait l’empreinte du doigt. Voici ce que dit Collendreau sur ce sujet : « En ce qui concerne la myocardite, on rencontre chez un certain nombre d’enfants qui sont morts du croup, quelques fibres cardiaques dégénérées, granulo-graisseuses. On constate aisément que ces
COLLENDREAU, ROBINSON REVERLEY
fibres altérées sont relativement très rares, si l’on veut bien examiner une dizaine de points différents du myocarde, et l’on se demande vraiment si cela peut constituer un état pathologique ayant une réelle importance au point de vue des fonctions du cœur, car certainement la grande majorité des fibres de cet organe est parfaitement saine ou simplement est le siège d’une légère altération pigmentaire. Et ce qui diminue encore la valeur de ces lésions si faiblement accusées, c’est qu’on les observe dans toutes les maladies infectieuses, et dans des cas où la mort se produit par les poumons. »
La thrombose cardiaque paraissait plus importante. Depuis longtemps, on avait signalé, comme cause de mort subite dans la diphtérie, les thromboses cardiaques. Parmi les auteurs qui s’occupèrent plus ou moins de cette question, citons Winckler *, Richardson2, Berry3, Smith4, Thomson5, Rdllo 6, Meigs7. Werner 8, paraît avoir été cependant le premier à en parler. Mais ce sont Millard 9, Peter10, Lorrain et Lépine 11 , qui montrèrent que les caillots denses, fibrineux, ne s’observent guère dans les cas de diphtérie maligne, et que, dans les formes les plus- franchement infectieuses, on ne constate qu’un certain degré de fluidité du sang. Robinson Reverley, dans un mémoire fort intéressant 12,